Critique: La prochaine fois je viserai le coeur

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  • Date de sortie :
    12 novembre 2014
  • Réalisé par :
    Cédric Anger
  • Avec :
    Guillaume CanetAna GirardotJean-Yves Berteloot
  • Durée :
    1h51min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Mars Distribution

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Pour son troisième long métrage après « le Tueur » et « l’Avocat », Cédric Anger s’inspire d’un fait divers qui secoua la France des années 70, l’histoire d’un gendarme qui assassinait des jeunes filles à ses heures perdues. Plus qu’un véritable thriller, c’est un vrai film d’atmosphère qu’Anger nous propose, nous précipitant dans l’intimité d’un serial killer. Loin d’une caricature outrée du tueur en série, Anger donne l’occasion à Guillaume Canet d’élargir sa palette avec ce personnage malade, fragile, qui va jusqu’à perdre ses moyens et parfois manquer sa cible. Un César pour le comédien ne serait pas si surprenant! La mise en scène, ultra maîtrisée donne au film des allures de roman noir; quant à la description de la France profonde des années 70, elle est absolument parfaite! On se croirait chez Melville!

Pour finir, la musique de Grégoire Hetzel est absolument magistrale et rajoute à l’ambiance glauque du film!

Un film qui marquera cette année 2014!

4.5

Critique: L’Homme qu’on aimait trop

affiche

 

  • Réalisé par :
    André Téchiné
  • Avec :
    Guillaume Canet, Catherine Deneuve, Adèle Haenel…
  • Durée :
    1h56min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Mars Distribution

1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné…

Tout comme avec la Fille du RER, Téchiné s’empare d’un fait divers. Ici, l’homme qu’on aimait trop, c’est Maurice Agnelet, un avocat séducteur, homme à femmes et homme d’argent qui sema la zizanie dans la famille Le Roux, jusqu’à la disparition inexpliquée de la fille Agnès. Téchiné ne choisit pas l’angle du film policier mais construit une tragédie, par petites touches comme il sait si bien le faire. Pour décrire ses personnages au plus juste, sans manichéisme, il étire son récit, nous rendant témoins d’une manipulation mentale progressive. Seul bémol, l’impression de certaines longueurs que le quart d’heure final (le procès), parfaitement inutile puisque redondant, ne fait que renforcer, d’autant que l’on n’échappe pas aux grimages ridicules de Deneuve et Canet qui font d’ailleurs paraître le second plus âgé que la première! Le trio d’acteurs est par contre à son summum, avec notamment une Adèle Haenel qui confirme de film en film son statut de grande actrice en devenir!

NOTE: 7/10