Critique: Carol

008997

Réalisation Todd Haynes
Scénario Phyllis Nagy
Acteurs principaux
Sociétés de production Film4
Number 9 Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film d’amour
Durée 118 minutes
Sortie 13 janvier 2016

Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

Alors que près de 10 ans se sont écoulés depuis « I’m not there » son dernier film sur Bob Dylan, Todd Haynes revient à un sujet qui le touche particulièrement, l’homosexualité. Il adapte ici un roman de Patricia Highsmith sur la rencontre, dans les années 50, entre une jeune vendeuse d’un grand magasin et une femme mariée dont le couple est en difficulté. Dans la scène d’ouverture, on voit les deux femmes attablées au restaurant se séparer quand Therese part rejoindre des amis. Celle-ci monte en voiture et l’on suit son visage à travers la vitre embuée du véhicule, les yeux dans le vague. Tout le film est ensuite un long flash-back qui nous raconte le début de l’histoire des deux femmes qui nous mène jusqu’à ce repas. A la manière d’un Douglas Sirk ou d’un Minnelli, Haynes nous montre deux personnages que la société empêche de vivre et pour souligner ce véritable enfermement multiplie les cadrages où les protagonistes sont coincées dans l’encadrement d’une porte ou d’une fenêtre. Il les libère enfin lorsqu’elle décident de prendre la route ensemble.

La photo d’Edward Lachman, granuleuse à souhait est également une vraie merveille et la bande originale de Carter Burwell une splendeur. Bien entendu, le jeu des comédiennes est à souligner, vraiment dans l’esprit du grand Cinéma hollywoodien des années 50; Cate Blanchett fait penser à Greta Garbo ou Lauren Bacall alors que Rooney Mara évoque les personnages fragiles jadis portés par Audrey Hepburn. Esthétiquement splendide, « Carol » touche par la cruauté du quotidien des homosexuels, sommés de choisir entre la norme ou l’exclusion. Beau et émouvant, un grand film!

4.5

 

CRITIQUE DVD: BLUE JASMINE

81TRUbr4dVL._SL1500_

LE FILM: 8.5/10

Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaire fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa soeur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie.

Après son escapade en Europe avec des films comme Match Point, Vicky Cristina Barcelona, Minuit à Paris ou To Rome With Love, Woody Allen revient aux Etats-Unis et plus précisément à New-York et San Francisco. Changement de décor donc mais aussi changement de ton: Blue Jasmine, s’il bénéficie toujours des dialogues incisifs de Woody Allen, penche beaucoup plus du côté du mélodrame que de la fantaisie allenienne. S’il fait immanquablement penser à un Tramway Nommé Désir et si évidemment Jasmine évoque clairement Blanche Dubois, le film d’Allen a la même charge dramatique qu’Alice ou Maris et Femmes. Le récit de la vie de Jasmine, construit en flash backs, dont le mari semble être un clone de Madoff, est souvent bourré d’humour mais devient de plus en plus sombre jusqu’à un final vraiment émouvant.

Si à 77 ans et après tant de films, Woody Allen parvient encore à nous surprendre, son interprète n’y est pas pour rien. Cate Blanchett offre avec Jasmine une de ces prestations époustouflantes qui sentent l’Oscar à plein nez! Vivement l’année prochaine et le prochain Allen!

TECHNIQUE: 8/10

Des couleurs et une définition plutôt à la fête pour le format avec un léger grain très cinégénique!

BONUS: 0/10

Rien du tout comme toujours pour les Woody!

VERDICT: 8.5/10

Un excellent cru à consommer sans modération!

Disponible en DVD (19.99 euros) et blu-ray (24.99 euros) chez TF1 Vidéo dès le 29 janvier