Critique: L’Amour Flou

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éalisation Romane Bohringer
Philippe Rebbot
Scénario Romane Bohringer
Philippe Rebbot
Acteurs principaux

Romane Bohringer
Philippe Rebbot
Rose Rebbot-Bohringer

Sociétés de production Escazal Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 97 minutes
Sortie 10 octobre 2018

Romane et Philippe se séparent. Après 10 ans de vie commune,deux enfants et un chien,ils ne s’aiment plus. Enfin… ils ne sont plus amoureux. Mais ils s’aiment,quand même. Beaucoup.Trop pour se séparer vraiment? Bref…C’est flou. Alors,sous le regard circonspect de leur entourage,ils accouchent ensemble d’un «sépartement »:deux appartements séparés,communiquant par…la chambre de leurs enfants! Peut on se séparer ensemble? Peut-on refaire sa vie,sans la défaire?

Drôle de projet que « l’Amour Flou »! Une fiction certes mais très proche de la réalité! Réalisé et interprété par Romane Bohringer et Philippe Rebbot, « l’Amour Flou » est la vraie histoire du couple formé par les deux acteurs. Dix ans après leur rencontre et deux enfants, ils s’aperçoivent qu’ils ne s’aiment plus assez pour continuer à vivre ensemble mais séparer leurs enfants de leurs parents leur paraît impossible. Romane aura alors l’idée d’acheter deux appartements reliés entre eux par la chambre des enfants! Tourné chez eux, avec leurs familles respectives et leurs enfants, cette comédie ne cherche pas le gag à tout prix mais évoque avec tendresse et fantaisie une évolution de la société: les familles « classiques » laissent place à de multiples variations! Une comédie douce et émouvante qui fait beaucoup de bien!

4

 

Critique: Le Client

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Titre original Forushande
Réalisation Asghar Farhadi
Scénario Asghar Farhadi
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Iran Iran
Sortie 9 novembre 2016

Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple.

Septième long métrage de l’Iranien Asghar Farhadi, « le Client » repartit du dernier Festival de Cannes avec, chose exceptionnelle, deux prix: le prix du scénario et d’interprétation masculine! Trois ans après un intermède français avec « le Passé », le réalisateur d' »une Séparation » revient chez lui pour une nouvelle variation sur un air qu’il connaît bien. En effet, Farhadi n’aime rien tant que ces histoires simples, habilement conçues, qui mettent les personnages face à des dilemmes moraux. Ici, un couple est forcé de quitter son appartement menacé d’effondrement et se retrouve dans l’ancien appartement de ce qui semble être une prostituée. Un soir Rana sera victime d’une agression et Emad n’aura de cesse de retrouver le coupable et venger son épouse. La thématique ici est donc la vengeance et son pendant, le pardon, à travers un scénario à la mécanique implacable; les deux heures passant comme un éclair tant tout s’enchaîne limpidement. La mise en scène est également remarquable tout comme l’interprétation de Shahab Hosseini et Taraneh Allidousti. « Le Client » passionne, questionne et prend aux tripes à travers un final bouleversant; Farhadi continue de construire une oeuvre cohérente et magistrale!

4.5

 

Les Autres films de Farhadi:

CRITIQUE: REPULSION (1965)

 Une jeune manucure belge, Carole, travaille et vit à Londres avec sa sœur Hélène. Carole, introvertie, a des problèmes relationnels avec les hommes. Elle repousse Colin, qui la courtise et n’apprécie pas Michael, l’amant de sa sœur. Quand celle-ci part avec Michael, Carole sombre progressivement dans la névrose. Recluse, elle bascule dans la schizophrénie, et devient hantée par des bruits…

Coup de maître pour Polanski avec son deuxième long métrage (juste après « un couteau dans l’eau »), qui restera d’ailleurs comme l’un de ses meilleurs films et l’un des plus grands rôles de Catherine Deneuve. Polanski nous plonge dans la folie de son héroïne qui, d’abord simplement timide en apparence, adopte un comportement de plus en plus bizarre jusqu’à la folie la plus complète. A travers un magnifique travail sur l’image et le son, la mise en scène du jeune cinéaste tchèque immerge le spectateur dans cette schizophrénie et pose en quelque sorte les bases d’une trilogie que j’appellerais « trilogie de l’appartement » dont les deux autres volets seraient « Rosemary’s baby » et « le locataire ».

Passionnant, envoûtant, angoissant avec une Catherine Deneuve hallucinante!

CRITIQUE: SWITCH (2011)

Juillet 2010, Montréal, Canada. Sophie Malaterre, 25 ans, illustratrice de mode, voit arriver les vacances d’été avec angoisse. Pas de projets, pas d’ami, pas de fiancé… On lui parle du site SWITCH.com qui permet d’échanger sa maison le temps d’un mois. Sophie tente le coup et trouve, par miracle, un duplex à Paris, avec vue sur la Tour-Eiffel. Son premier jour est idyllique. Le lendemain matin, elle est réveillée par la police qui fait irruption dans la maison. Un corps décapité est dans la chambre d’à côté. Elle n’a plus aucun moyen de prouver qu’elle n’est pas Bénédicte Serteaux, la propriétaire des lieux. Le piège se referme sur elle… Elle n’a pas seulement changé d’appartement. Elle a changé de peau et de destin…

Frédéric Schoendoerffer (Scènes de crime) s’est associé au célèbre romancier Jean-Christophe Grangé (les rivières pourpres, le concile de pierre) pour l’écriture du scénario de ce « switch ». Fortement inspiré de certains films d’Hitchcock, « la mort aux trousses » en particulier, et très « grangéien » dans les thèmes (que je ne vous rappellerai pas pour ne pas dévoiler l’intrigue), le scénario ne s’embarrasse pas avec la vraisemblance, c’est le moins que l’on puisse dire mais c’est un défaut récurrent chez Grangé et s’inspirer d’Hitchcock est tout de même sacrément risqué, voire suicidaire. Pour en terminer avec les défauts, la bande originale de Bruno Coulais reconnaissable entre mille, se fait quelque peu envahissante en particulier dans les vingt premières minutes du film d’autant qu’elle est loin d’être sa meilleure partition. Malgré tout, la mise en scène efficace (avec une belle scène de poursuite dans un quartier résidentiel) de Schoendoerffer qui s’est lâché ici et la belle énergie de la québecquoise Karine Vanasse font de ce thriller, bien que peu original, une honnête alternative estivale aux Transformers et autre Kung Fu Panda.