Critique: Le Jeu

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Réalisation Fred Cavayé
Scénario Fred Cavayé
Sociétés de production Medset Film SAS
Mars Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 90 minutes
Sortie 17 Octobre 2018

Le temps d’un dîner, des couples d’amis décident de jouer à un « jeu » : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que ce « jeu » se transforme en cauchemar.

Après trois thrillers d’action, Fred Cavayé s’essaye à la comédie il y a deux ans avec « Radin » et Dany Boon. Pour son nouveau film, il reste dans le genre avec le remake d’un film italien peu connu chez nous. Situé dans un décor unique, un appartement, « Le Jeu » se déroule lors d’une soirée entre amis. L’hôte de ce repas va avoir une idée géniale: tous les convives doivent laisser leur portable sur la table et partager absolument tout ce qui se passe sur ceux-ci, mails, textos ou appels. Tout va évidemment déraper dans des proportions inimaginables. Plutôt bien écrit et rythmé, « le Jeu » se regarde sans déplaisir, d’autant que le casting est vraiment impeccable, de Grégory Gadebois à Bérénice Bejo, en passant par Suzanne Clément ou Stéphane De Groot. Toutefois, le film entier reposant sur le jeu en question, certaines révélations semblent un peu tirées par les cheveux  et le final un peu bâclé laisse un peu sur notre faim. On pense également inévitablement au film « le Prénom » qui offrait aussi un jeu de massacre lors d’une soirée entre amis! Si l’ensemble fait souvent sourire, le malaise est tout de même de mise tant la morale est pleine de pessimisme sur l’amitié et le moyen de la préserver!

3.5

Critique: Les Chatouilles

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Réalisation Andréa Bescond et Éric Métayer
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 14 novembre 2018

Odette a huit ans, elle aime danser et dessiner. Pourquoi se méfierait-elle d’un ami de ses parents qui lui propose de « jouer aux chatouilles » ? Adulte, Odette danse sa colère, libère sa parole et embrasse la vie…

Danseuse de formation, Andrea Bescond participe à quelques comédies musicales puis sa rencontre avec Eric Metayer lui permet de passer au théâtre. Ce dernier l’encourage à écrire sur son traumatisme d’enfance, les abus sexuels qu’elle subit de la part d’un ami de sa famille. Le projet, entre One Woman Show et danse s’appellera « les Chatouilles ou la danse de la colère » et connut un succès fulgurant, encourageant le couple à s’atteler à une adaptation cinématographique. Présenté à Cannes dans la section « Un Certain Regard », le film suscite d’emblée un enthousiasme qui devrait se confirmer à la sortie du film. Après un début qui secoue où l’on voit d’entrée le personnage de Miguié (saisissant Pierre Deladonchamps) commencer à abuser de la petite Odette, le récit prend des airs fantaisistes, lorsqu’Odette adulte et sa psy voyagent à travers les décors de l’enfance. Cette fantaisie qui peut déstabiliser et même rebuter au début du film, petit à petit, va faire son oeuvre grâce à une inventivité dans la mise en scène mais surtout grâce à l’énergie et au talent déployés par Andrea Bescond. Ponctué de scènes de danse qui entrent en résonance avec les traumas de la jeune femme, « les Chatouilles » ne sombre jamais dans le pathos. Au contraire, non seulement il lève le voile sur une réalité trop présente (1 enfant sur 5 est victime d’abus sexuels) mais il donne une vraie leçon de courage à ses victimes. Le père d’Odette (surprenant Clovis Cornillac) lui dit en effet « ta vie à toi elle est devant! » afin qu’elle se serve de ses blessures pour avancer. Choquant, galvanisant, bluffant, « les Chatouilles » est non seulement un premier film brillant mais surtout un film utile! A voir absolument!

4.5