Critique: Zoology (Festival de Cinéma Européen des Arcs 2016)

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2016 – Russie De Ivan TVERDOVSKIY Avec : Natalia PAVLENKOVA, Dmitri GROSHEV, Irina CHIPIZHENKO, Maria TOKAREVA

Il pousse une queue dans le bas du dos de Natacha. Résignée jusqu’alors à une vie plutôt terne, cette étrangeté lui offre une liberté nouvelle.

Deuxième long métrage du Russe Ivan Tverdovskiy, « Zoology » laisse penser au début à un film organique et fantastique, à la manière du Cinéma de Cronenberg. En effet, on suit le personnage de Natacha, responsable du service achats d’un zoo, contrainte de consulter un médecin en raison d’une queue qui lui pousse en bas du dos. Ce postulat de départ, intrinsèquement loufoque, aurait pu donner lieu à un film complètement barré, poussant les curseurs à leur maximum. Malheureusement, avec la volonté d’en faire une fable politique, le cinéaste nous fait naviguer entre comédie douce amère et romance, comme s’il n’assumait pas son idée de départ. On en arrive à se demander si l’on n’aurait pas pu voir le même film sans cette histoire de queue! Toutefois, passé le dégoût suscité par la vision de cette queue visqueuse et remuante, on se prend à s’attacher à ce personnage de Natacha, magnifiquement interprété par Natalia Pavlenkova, et à son destin touchant.

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CRITIQUE: L’ODYSSEE DE PI

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Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable…

Après M. Night Shyamalan, Alfonso Cuaron ou Jean-Pierre Jeunet, c’est finalement le Taïwanais Ang Lee qui s’est collé à l’adaptation du roman pour enfants de Yann Martel! Film de survie dans le genre de Seul au monde , le film d’Ang Lee se démarque par la dimension mystique de son sujet. Gros problème du film, cette préparation à base de bouddhisme, de christianisme ou d’islamisme est un peu corsée pour les jeunes esprits qui auront du mal à apprécier la pirouette scénaristique finale (toutefois assez maline)et les adultes pourront trouver la recette un peu indigeste. Le propos n’est, en effet, pas asséné avec une grande finesse d’autant que le film s’étire de façon exagérée. Sur la forme, même si l’on ne peut que louer les qualités techniques du film et son utilisation de l’outil numérique, le film d’Ang Lee manque cruellement de chair humaine! Ici rien n’est vrai, ni les décors, ni les animaux, ni même certains êtres humains et le film en paraît souvent complètement désincarné, comme les toiles aux tonalités new age qu’on trouve sur tous les marchés à prix sacrifiés! Quant à l’acteur principal, Suraj Sharma, il est si peu consistant que l’on ne parvient pas à oublier le mal de mer qui nous gagne tout au long…

NOTE: 4/10