CRITIQUE BLU-RAY: FEMMES ENTRE ELLES

femmes_entre_elles

LE FILM: 8.5/10

Clelia, jeune femme indépendante et chaleureuse, quitte Rome pour diriger une maison de couture à Turin. À peine arrivée, elle sauve la jeune Rosetta du suicide et se lie aux amies de celle-ci, issues de la bourgeoisie turinoise. Clelia va alors être le témoin des relations ambiguës entre ces femmes, teintées de malveillance envers la fragile Rosetta qui, pour sa part, est folle amoureuse du mari de son amie Nene. Le cynisme et les mesquineries provinciales vont considérablement bouleverser Clelia qui se retrouvera confrontée à l’irréparable…

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Si ce titre français « Femmes entre elles » évoque une relation proche, une connivence entre les femmes du film, il est mensonger ou au minimum teinté d’ironie. Le cinquième film de Michelangelo Antonioni, tiré d’une nouvelle de Pavese, fait plutôt état d’un groupe d’individus séparé par l’incompréhension et la solitude. Pavese apparaît dans le film à travers le personnage de Rosetta dont le suicide annonce celui de l’auteur quelques mois plus tard. Personne n’aura su empêcher l’issue fatale, chaque individu restant guidé par ses intérêts personnels. Mis en scène avec une grande précision, Femmes entre Elles se distingue surtout par la qualité de son écriture, qui ne néglige aucun de ses personnages. Empreint de gravité, le film ne se montre jamais démonstratif et repose sur un casting magnifique. Si ce n’est pas le plus connu des films d’Antonioni, il est loin d’être le plus inintéressant.

TECHNIQUE: 9/10

Magnifique copie proposée sur ce bluray qui propose un sublime noir et blanc et uniquement une VOST.

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on trouve une analyse très pertinente d’une enseignante en cinéma italien qui décortique quelques scènes du film et le situe dans la carrière d’Antonioni.

VERDICT: 8.5/10

Un très beau film à (re)découvrir dans des conditions optimales!

Disponible en DVD (16.99 euros) et Blu-ray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 18 septembre

CRITIQUE: LE PERE DE MES ENFANTS (2009)

Pyramide Distribution

Grégoire Canvel  a tout pour lui: une femme qui l’aime, trois filles adorables et un métier formidable. Il est producteur de cinéma et travaille pour un certain cinéma indépendant, d’auteurs loin du cinéma commercial. Il y consacre toute son énergie avec sa maison de production Moon Films, ce qui l’oblige parfois à délaisser sa famille. Même lorsqu’il est en week-end, il est fréquemment suspendu à son téléphone. Mais les films qu’il produit ne rapportent souvent que peu d’argent et les difficultés vont surgir. Pris dans une spirale négative, Grégoire est en train de tout perdre et les huissiers menacent. Le désespoir se fait de plus en plus présent…

Mia Hansen-Love, jeune réalisatrice de 28 ans, s’inspire ici des derniers jours du producteur Humbert Balsan, qui avait d’ailleurs envisagé de produire son premier film. Elle dépeint tout d’abord le monde du cinéma loin des paillettes et des stars mais tout un côté qu’on ne voit pas souvent à l’écran: ceux qui financent et qui misent tout sur des projets artistiques qui ne sont pas toujours rentables. Mais la grande réussite réside dans le portrait de cette famille très unie frappée tout à coup par le suicide du père. Jamais Hansen-Love ne tombe dans le pathos: elle nous montre comment la famille encaisse ce choc, comment elle va survivre à celui-ci et se donner les moyens de continuer à vivre coûte que coûte. Les acteurs sont tous parfaits, y compris les enfants criants de vérité. Le scénario évite quant à lui tous les clichés, toutes les facilités et Mia Hansen-Love parvient à nous toucher en plein coeur grâce à sa mise en scène toujours très juste. Malgré son très jeune âge, elle fait preuve d’une maturité hors du commun.

Un vrai coup de coeur, bravo!!!