César 2019: le Palmarès

Ca y est! Les César ont rendu leur verdict tout au long d’une soirée ô combien interminable avec un maître de cérémonie, Kad Merad, qui enchaîna les tentatives humoristiques, sans grand succès! Cette cérémonie était marquée par des nominations d’un très haut niveau et le suspense était de mise dans toutes les catégories! Voici le palmarès complet:

Meilleur Film : Jusqu’à la garde
La Douleur
En liberté
Les Frères Sisters
Le Grand Bain
Guy
Pupille

Meilleure Actrice : Léa Drucker (Jusqu’à la garde)
Élodie Bouchez (Pupille)
Cécile de France (Mademoiselle de Joncquières)
Virginie Efira (Un amour impossible)
Adèle Haenel (En liberté)
Sandrine Kiberlain (Pupille)
Mélanie Thierry (La douleur)

Meilleur Acteur Alex Lutz (Guy)
Edouard Baer (Mademoiselle de Joncquières)
Romain Duris (Nos batailles)
Vincent Lacoste (Amanda)
Gilles Lellouche (Pupille)
Pio Marmaï (En liberté)
Denis Ménochet (Jusqu’à la garde)

Meilleure Actrice dans un Second Rôle Karine Viard (Les chatouilles)
Isabelle Adjani (Le monde est à toi)
Leila Bekhti (Le grand bain)
Virginie Efira (Le grand bain)
Audrey Tautou (En liberté)

Meilleur Acteur dans un Second Rôle : Philippe Katerine (Le grand bain)
Jean-Hugues Anglade (Le grand bain)
Damien Bonnard (En liberté)
Clovis Cornillac (Les chatouilles)
Denis Podalydès (Plaire, aimer et courir vite)

Meilleur Espoir Féminin : Kenza Fortas (Shéhérazade)
Ophélie Bau (Mektoub, my love : Canto Uno)
Galatéa Bellugi (L’apparition)
Jehnny Beth (Un amour impossible)
Lily-Rose Depp (L’homme fidèle)

Meilleur Espoir Masculin : Dylan Robert (Shéhérazade)
Anthony Bajon (La prière)
Thomas Giora (Jusqu’à la garde)
William Lebghil (Première année)
Karim Leklou (Le monde est à toi)

Meilleure réalisation : Jacques Audiard (Les frères Sisters)
Emmanuel Finkiel (La douleur)
Pierre Salvadori (En liberté)
Gilles Lellouche (Le grand bain)
Alex Lutz (Guy)
Xavier Legrand (Jusqu’à la garde)
Jeanne Herry (Pupille)

Meilleur Scénario Original Jusqu’à la garde
En liberté 
Le grand bain
Guy
Pupille

César du Public : Les Tuches 3
Taxi 5
Astérix et le Secret de la Potion Magique 
Le Grand Bain 
La Ch’tite Famille

Meilleure Adaptation : Les chatouilles
La douleur
Les frères Sisters
Mademoiselle de Joncquières
Un amour impossible

Meilleure Musique Originale Guy
Amanda
En liberté
Les frères Sisters
Pupille
Un amour impossible

Meilleur Son : Les frères Sisters
La douleur
Le grand bain
Guy
Jusqu’à la garde

Meilleure Photo : Les frères Sisters
La douleur
Mademoiselle de Joncquières
Le grand bain
Jusqu’à la garde

Meilleur Montage : Jusqu’à la garde
Les chatouilles
En liberté
Les frères Sisters
Le grand bain

Meilleurs Costumes : Mademoiselle de Joncquières
La douleur
L’empereur de Paris
Les frères Sisters
Un peuple et son roi

Meilleurs Décors Les frères Sisters
La douleur
L’empereur de Paris
Mademoiselle de Joncquières
Un peuple et son roi

Meilleur Film de Court Métrage : Les petites mains
Braguino
Les indes galantes
Capitaliste
Laissez-moi danser

Meilleur Film d’animation pour un court-métrage Vilaine fille
Au cœur des ombres
La mort, père et fils
L’évasion verticale

Meilleur Film d’animation pour un long-métrage : Dilili à Paris
Astérix et le secret de la potion magique
Pachamama

Meilleur Film Documentaire : Ni juge, ni soumise
America
De chaque instant
Le grand bal
Le procès contre Mandela et les autres

Meilleur Premier Film : Shéhérazade
Amour flou
Les chatouilles
Jusqu’à la garde
Sauvage

Meilleur Film Étranger : Une affaire de famille (Japon)
3 Billboards (États-Unis)
Capharnaüm (Liban)
Cold War (Pologne)
Girl (Pays-Bas/Belgique)
Hannah (France/Belgique/Italie)
Nos batailles (France/Belgique)

Les trois gagnants de la soirée furent « Jusqu’à la Garde » et ses prix de meilleur film, meilleure actrice et meilleur scénario (dommage pour « en liberté » qui se démarquait par une grande qualité d’écriture!), « les Frères Sisters » et ses récompenses pour le réalisateur, décor, photo et son puis la surprise « Shéhérazade » raflant meilleur premier film et meilleurs espoirs masculin et féminin! « Le grand Bain » ne repart qu’avec le second rôle masculin pour Philippe Katerine et « la Douleur » repart bredouille alors que la meilleure adaptation lui semblait promise! Pour le César du meilleur film étranger Kore-Eda fait le doublé après sa Palme d’Or au détriment de Girl ou Cold War qui n’auraient pas dépareillé! Un palmarès plutôt logique dans l’ensemble mais une soirée sinistre!

Publicités

Critique: Shéhérazade

5826331.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Zachary, 17 ans, sort de prison.
Rejeté par sa mère, il traîne dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Sélectionné à la Semaine de la Critique et Prix Jean Vigo, ce premier film de Jean-Bernard Marlin se fait remarquer partout où il passe. Sorte d’hybride entre le film de gangsters scorsesien et le naturalisme de Kechiche, « Shéhérazade » est l’histoire d’une rencontre entre un jeune mineur tout juste sorti de prison et une jeune prostituée. Ces deux êtres à la dérive vont chuter ensemble, malgré leur amour, pour mieux grandir et se relever. D’un côté, Zachary s’amuse de la boutade de son geôlier le jour de la sortie qui lui lance « à bientôt », certain de ne pas rechuter. Quelques minutes plus tard, lorsqu’il voit que sa « daronne » n’est pas dehors pour sa sortie et qu’elle « ne peut plus s’en occuper », ses certitudes sont bousculées et sa seule issue est de retrouver ses amis avec qui il a fait les 400 coups. De l’autre, il y a la jeune Shéhérazade, qui se prostitue pour survivre dans un appart miteux en compagnie d’une collègue transexuelle. Ces trois personnages vont alors trouver leur compte à s »‘associer », un revenu pour Zachary et une protection pour Shéhérazade et sa copine. Dans un microcosme où le respect de la femme n’existe pas, Zachary va avoir du mal à assumer sa relation.

Extrêmement noir, le film surfe tout de même sur des thèmes extrêmement plombant que ce soit la prostitution, la drogue, la prison, la violence et pourtant… Dès la première nuit entre Zach et Shéhérazade, enlacés, à la lueur d’une veilleuse en forme de canard, la jeune fille suçant son pouce, la douceur et la tendresse surgit et restera comme un signe d’espoir tout au long du film. Violent, noir, glauque mais baigné d’un romantisme fou, « Shéhérazade » est l’un des premiers films les plus marquant de l’année!

4.5