Critique DVD: Chronic

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Réalisation Michel Franco
Scénario Michel Franco
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Mexique Mexique
Genre Film dramatique
Sortie 21 octobre 2015

LE FILM:

3

Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical. Et pourtant en dépit des apparences, David est seul, hanté par un passé douloureux…

Si l’on ne comprend pas toujours le propos que nous tient le cinéaste mexicain Michel Franco, force est de reconnaître qu’à l’image de son précédent film « Despues de lucia« , il n’a pas son pareil pour déranger et susciter des réactions. Son portrait, en longs plans fixes, d’un aide soignant auprès de malades en fin de vie, lorgne du côté d’Haneke. Tim Roth incarne avec justesse cet homme qui met complètement sa vie de côté pour nourrir, soigner ou nettoyer les personnes pour lesquelles il travaille. Sans rien éluder, Franco bouscule le spectateur, jusqu’à un final des plus surprenants, sans toutefois dégager la même force que son précédent film!

TECHNIQUE:

4

Une copie sans souci particulier. A noter l’absence de VF.

BONUS:

3

Seul bonus, un making of d’une quinzaine de minutes.

VERDICT:

3

Un film choc qui ne convainc pas totalement!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Wild Side Video

 


Critique Bluray: The Green Inferno

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Réalisation Eli Roth
Scénario Guillermo Amoedo
Eli Roth
Acteurs principaux
Sociétés de production Dragonfly Entertainment
Sobras.com Producciones
Worldview Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Chili Chili
Genre Horreur
Durée 100 minutes
Sortie 2013

LE FILM:

4

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile…

Hommage aux « films de cannibales » principalement italiens des années 70, ce « Green Inferno » tourné il y a presque trois ans n’aura finalement pas connu de sortie en salles en France, malgré une présentation au festival de Deauville, pour sortir directement en E-Cinema puis en vidéo. Les amateurs de gore bien gore devraient se régaler avec ce film d’horreur qui se démarque de la production du moment qui se cantonne au found footage low-cost. Eli Roth a mis les moyens pour ce film tourné dans des décors splendides avec une photo des plus chiadées. Si l’on peut regretter la vilaine habitude de Roth (Hostel) de manier l’humour souvent à mauvais escient, force est de constater que le résultat tient la route et fout quand même sacrément les chocottes! Un petit twist final fait également son effet! L’enfer vert n’a jamais aussi bien porté son nom!

TECHNIQUE:

5

Un must tant la définition, les couleurs et les contrastes sont à la fête! Le son est également totalement immersif! On s’y croirait!

BONUS:

4

On trouve ici une très bonne interview du réalisateur et quelques featurettes un peu promo sur le film.

VERDICT:

4

Un film d’horreur aussi effrayant que gore!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Wild Side Vidéo

Critique: les Huit Salopards

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Titre original The Hateful Eight
Réalisation Quentin Tarantino
Scénario Quentin Tarantino
Acteurs principaux
Sociétés de production The Weinstein Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Durée 167 minutes ( 2h47)

187 minutes (3h07) ( version longue

Sortie 6 janvier 2016

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

Huitième film de Quentin Tarantino (Kill Bill vol.1 et vol.2 sont considérés comme un seul et même film), ces « Huit Salopards » ont failli ne jamais voir le jour! Peu de temps avant le tournage, le scénario s’était retrouvé sur Internet, à la grande fureur de QT qui faillit renoncer. Le projet mis en branle, rien ne pouvait l’arrêter, QT réussissant même l’exploit de convaincre Ennio Morricone, avec qui les relations étaient plus que tendues depuis Django, d’en signer la bande originale. Ce nouveau western vient donc de débarquer sur nos écrans et divise la critique. Tourné en 70mm, « the hateful eight » est en très grande partie un huis-clos réunissant, dans une auberge cernée par la tempête de neige, et durant près de trois heures, huit personnes dont un bourreau, un chasseur de primes, une criminelle et un shérif. Si l’on est habitué à des flambées de violence ponctuant de longues tirades, QT surprend son monde avec plus d’1h45 sans la moindre action mais pourtant point d’ennui. QT se contente de placer patiemment les pièces de son puzzle et faire monter la tension, tout doucement, donnant à son film de faux airs de cluedo, comme dans « Reservoir dogs ». Si l’on cherchait qui avait pu parler aux flics dans son premier long, on se demande ici qui est, parmi les pensionnaires de l’auberge, complice de la criminelle Daisy Domergue. La dernière heure verra les masques tomber et la violence éclater, façon film d’horreur claustro, nous faisant penser à « The Thing » ou même « Evil Dead ». Mais au-delà du simple plaisir cinéphilique que QT sait susciter, son dernier film porte en lui un portrait du monde d’aujourd’hui, d’un cynisme rare, où la haine, le racisme et la violence ne sauraient être guéris par la politique et ses illusions (symbolisée par une lettre de Lincoln qui fascine tous les personnages). Brillamment écrit, le film est également un régal de jeu d’acteur (mention spéciale à la fabuleuse Jennifer Jason Leigh), une merveille de mise en scène et la photo somptueuse ainsi que la superbe musique de Morricone finissent d’en faire l’un des films de l’année! Peut-être pas son meilleur film mais un grand film assurément!

4.5

 

 

Critique Bluray: Grace de Monaco

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  • Date de sortie :
    14 mai 2014
  • Réalisé par :
    Olivier Dahan
  • Avec :
    Nicole KidmanTim RothFrank Langella
  • Durée :
    1h43min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Grace of Monaco
  • Distributeur :
    Gaumont

LE FILM:

2

Lorsqu’elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c’est aussi le moment ou la France menace d’annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.

Si l’on peut louer la volonté d’Olivier Dahan d’éviter le simple biopic en se concentrant sur une année, celle durant laquelle Grace dut choisir entre son destin de Princesse et sa carrière d’actrice et si l’on peut trouver sévère le lynchage dont a bénéficié le film lors de sa présentation à Cannes, Grace est tout de même loin d’être une réussite. Avec sa mise en scène très (trop?) léchée, Grace souffre tout de même d’un manque cruel d’émotion, peinant à susciter l’intérêt, et Nicole Kidman, malgré tous ses efforts n’arrive jamais à incarner son héroïne. Quant aux intrigues politiques, elles ne sont guère passionnantes et frôlent même parfois le ridicule. Mais bon y a pire…

TECHNIQUE

4

Malgré un léger grain sans doute volontaire, la définition, les contrastes et les couleurs sont splendides! Le son 5.1 est au niveau!

BONUS:

4.5

On trouve ici un making of d’une vingtaine de minutes et un documentaire d’une heure sur Grace, alternant images d’archives et interviews de ses amis.

VERDICT:

2

Un biopic peu emballant…

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez TF1 Vidéo

 


Critique Bluray: Funny Games US

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  • Réalisé par :
    Michael Haneke
  • Avec :
    Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt…
  • Durée :
    1h51min
  • Pays de production :
     américain
  • Année de production :  2007
  • Titre original : Funny Games
  • Distributeur :
    Les Films du Losange

LE FILM: 8/10

Ann, George et leur fils Georgie sont en route vers leur résidence secondaire pour y passer l’été. Leurs voisins, Fred et Eva, sont déjà arrivés et ils décident de se retrouver tous le lendemain matin pour une partie de golf. Tandis que son mari et son fils s’affairent sur leur voilier récemment remis en état, Ann commence à préparer le dîner. Tout à coup, elle se trouve face à face avec un jeune homme extrêmement poli, Peter, un des invités de ses voisins, venu, à la demande d’Eva, lui emprunter quelques oeufs. Ann s’apprête à les lui donner quand soudain, elle hésite. Comment Peter est-il entré dans leur propriété ? Les choses prennent vite un tour étrange et débouchent sur une explosion de violence…

Dix ans après Funny Games, Michael Haneke réalise le remake américain de son propre film. Reprenant presque plan par plan l’original, ce Funny Games US a pour principal intérêt son casting absolument parfait avec Naomi Watts et Tim Roth en victimes et les inquiétants Brady Corbet et Michael Pitt en tortionnaires. Haneke nous jette à la face l’un des films les plus violents et dérangeants que le cinéma nous ait donné: sans explication, à base de longs plans séquences, on assiste au calvaire d’une famille bourgeoise par deux jeunes de la même classe sociale mais qui semblent avoir muté, dégénéré! Si la petite famille prenait plaisir à jouer à des devinettes musicales, les deux jeunes s’amusent d’une manière bien plus cruelle!

Etouffant, choquant, déstabilisant et désespéré, le film d’Haneke ne risque pas de laisser insensible!

TECHNIQUE: 8/10

Une copie immaculée avec toutefois un léger grain qui n’entache en rien le plaisir de visionnage.

BONUS: 0/10

Rien!

VERDICT: 8/10

Un cauchemar terrifiant!

Disponible en bluray (14.99 euros) chez Warner Bros

CRITIQUE DVD: INVINCIBLE

81qhzcCKPsL__SL1500_LE FILM: 7.5/10

Allemagne, années 30. Zisher Breitbart est un simple forgeron juif polonais. Doté d une force herculéenne, il est engagé par Hanussen, un directeur de cabaret, qui pratique également d’impressionnants numéros d’hypnose. Hanussen entretient des relations avec certains membres du parti nazi et espère exercer des responsabilités dans le futur gouvernement. Il demande à Breitbart d’interpréter sur scène les héros de la mythologie allemande. Les spectateurs devront ignorer qu’il est juif…

Werner Herzog s’appuie ici sur une histoire extrêmement forte pour livrer une sorte de conte sur le mensonge et les faux semblants. Si l’on peut s’étonner de l’absence de folie qu’on a connue chez Herzog dans ce film, le calme et la froideur du film participent finalement à établir un climat des plus envoûtants. Et que dire de la beauté de certaines scènes oniriques particulièrement réussies!

Si l’adjectif Invincible qualifie les caractéristiques surhumaines du géant Zisher, il s’adapte surtout à l’ignominie nazie qui se prépare et que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même les avertissements du colosse.

Avec un excellent Tim Roth et une très belle bande originale d’Hans Zimmer, cet expressionniste Invincible est passionnant!

TECHNIQUE: 8/10

Une copie sans problèmes! Nickel!

BONUS: 8/10

On trouve une analyse du film et de la polémique émaillant la carrière de Herzog sur sa relation au nazisme ainsi qu’un module sur le vrai Breitbart.

VERDICT: 7.5/10

Un film à découvrir!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Rimini Editions


CRITIQUE: RESERVOIR DOGS, PREMIERS PAS D’UN GENIE

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Après un hold-up manqué, des cambrioleurs de haut vol font leurs comptes dans une confrontation violente, pour découvrir lequel d’entre eux les a trahis.

Après 20 ans de carrière et quelques semaines après la sortie de son chef d’oeuvre, Django Unchained, il est amusant de revenir sur le premier long métrage de l’enfant terrible du cinéma hollywoodien, Quentin Tarantino. Quand Reservoir Dogs débarque sur la Croisette en 1992, tous les cinéphiles savent qu’ils découvrent un réalisateur hors du commun.

Plusieurs choses surprennent par-dessus tout: son goût pour une violence extrême qui voit l’écran se teinter de rouge à de nombreuses reprises, l’audace narrative dont il fait preuve n’hésitant pas à éclater son récit et enfin son sens du dialogue et ce, dès la première scène lors de laquelle les gangsters dissertent autour de leur petit déjeuner sur le sens profond de la chanson de Madonna « Like a Virgin ».

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D’autres éléments s’avèreront annonciateurs de ce que sera la suite de la carrière de celui que l’on nommera QT:

– l’Amour du film de genre et l’hommage permanent qu’il lui rend.

En effet, Tarantino choisit pour son premier film de réaliser un pur film de braquage, mais en déstructurant son récit. Alors que les nombreux films dont il s’inspire suivent à peu près le même schéma (recrutement, préparation, casse, conclusion), Tarantino alterne le présent (les conséquences d’un hold-up foireux!) et la passé avec des séquences lors desquelles on voit le recrutement de chaque membre, l’objet de son scénario étant de savoir lequel de ces membres peut-il bien être une taupe! Tout en retravaillant ce matériau de base, il parsème son film de divers hommages parmi le cinéma hong-kongais (notamment Ringo Lam ou John Woo), le western spaghetti (la scène finale avec les trois personnages qui se braquent très fortement inspirée du Bon, la Brute et le Truand), et différents films comme les Pirates du Métro (le nom des gangsters) ou l’Ultime Razzia de Kubrick (pour le récit déstructuré).

– L’Hommage à la culture populaire

Dès la scène d’ouverture et cette discussion de quasiment 5 minutes sur le sens profond de Like A Virgin, QT imprime tout de suite sa marque de fabrique. Dans ses films, les personnages y parleront musique, films, mode ou série TV.

– Des bandes originales composées de morceaux piochés dans sa collection de vinyles

Dans cet opus, Tarantino a concoté une BO intégralement composée de morceaux des années 70 dont ressortent particulièrement Little Green Bag de George Baker ou Stuck in the Middle with You de Stealers Wheel, ce dernier rythmant l’une des scènes de torture les plus marquantes de l’histoire du Cinéma.

– L’Amour des acteurs et une volonté de composer des castings hétéroclites (anciennes gloires et stars montantes)

Ici, QT réunit Lawrence Tierney ( comédien assez prolifique dans les 40’s et 50’s), Harvey Keitel (un peu dans le creux de la vague à l’époque) et une ribambelle de comédiens qui exploseront à ce moment-là comme Tim Roth, Steve Buscemi, Michael Madsen ou Chris Penn.

Enfin, détail amusant, qu’on ne peut que remarquer avec du recul, Reservoir Dogs est truffé de clins d’oeil aux films suivants du réalisateur:

– Les costumes des personnages sont identiques à ceux de Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction,

– le vrai nom du personnage interprété par Michael Madsen est Vega comme celui interprété par Travolta dans Pulp Fiction,

– les braqueurs parlent de Pam Grier en voiture, actrice que QT fera jouer dans Jackie Brown,

– on y parle également d’une dénommée Alabama, nom du personnage interprété par Patricia Arquette dans True Romance (film de Tony Scott écrit par QT)

– L’agent de probation du personnage interprété par Michael Madsen est Scagnetti comme l’un des personnages de Tueurs Nés (autre scénario de QT)

Premier film très réussi, le film de QT a eu le mérite d’inspirer toute une génération de chiens fous avec plus ou moins de réussite. Dans cette nouvelle brèche se sont engouffrés Roger Avary, Robert Rodriguez, Inarritu,…

Disponible en blu-ray (14.99 euros) chez Metropolitan