CRITIQUE DVD: LA RELIGIEUSE

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LE FILM: 6,5/10

XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa famille à rentrer dans les ordres, alors qu elle aspire à vivre dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La passion et la force qui l animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté.

Pour son dixième film, Guillaume Nicloux adapte le livre de Diderot et livre son film le plus abouti. Choisissant un traitement des plus austères et dépouillés, il parvient à illustrer le calvaire traversé par son héroïne. Revers de la médaille, le film manque un peu de flamme et de rythme pour vraiment emporter l’adhésion. Le casting très hétéroclite est une réussite avec une Pauline Étienne aux allures de sainte, Louise Bourgoin en nonne sadique et Isabelle Huppert tellement « proche » de ses protégées!

TECHNIQUE: 8/10

Un DVD de très belle facture!

BONUS: 6/10

Outre la bande-annonce, on trouve un journal de bord dans lequel réalisateur et actrice principale racontent le tournage avec une austérité proche de celle du film!

VERDICT: 6,5/10

Le film le plus ambitieux de son réalisateur intéressant à défaut d’être palpitant.

Disponible en DVD (19,99 euros) dès le 4 septembre chez FranceTV Distribution

CRITIQUE: LA PORTE DU PARADIS

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Deux anciens élèves de Harvard se retrouvent en 1890 dans le Wyoming. Averill est shérif fédéral tandis que Billy Irvine, rongé par l’alcool, est membre d’une association de gros éleveurs en lutte contre les petits immigrants venus pour la plupart d’Europe centrale. Averill s’oppose à l’intervention de l’association sur le district et tente de convaincre son amie Ella, une prostituée d’origine française, de quitter le pays.

La Porte du Paradis restera comme l’un des plus gros échecs du Cinéma, causant la mort de United Artists qui ne survécut pas à un dépassement de budget historique (40 millions de dollars au lieu des 2 millions prévus!).

Michael Cimino ne s’en remit vraiment jamais, ne repassant derrière la caméra que 5 ans après avec l’Année du Dragon, puis le Sicilien, la Maison des Otages et son dernier film en 1996 (!), Sunchaser. Jamais Cimino ne parvint à retrouver le succès après cette catastrophe.

Pourtant, même éreinté par la critique de l’époque, la Porte du Paradis restera comme un chef d’œuvre immense et l’un des plus grands films sur l’Amérique et sa naissance.

Dans le style caractéristique de Cimino, la Porte du Paradis prend le temps pour nous conter un terrible génocide de développer son récit, multipliant les scènes étirées au maximum, comme il l’avait fait par exemple avec la scène du mariage dans Voyage au Bout de l’Enfer. En effet, il s’écoule pas loin d’1h30 entre l’annonce de la liste des 150 cibles et le massacre. Multipliant également les ruptures de ton dans son récit, Cimino renforce la violence de certaines scènes. D’une durée de plus de 3h30, la Porte du Paradis est un opéra sanglant d’une noirceur loin du western traditionnel.

L’Amérique selon Cimino, c’est un pays contrôlé par l’argent avec une élite qui a la main sur tout et une majorité de pauvres, des immigrés, dont le massacre est couvert par la loi. Ce qui est certain, c’est que s’il y a bien une porte du Paradis, peu la franchiront.

Du très grand cinéma!

NOTE: 9.5/10