CRITIQUE: NIAGARA

Polly (Jean Peters) et Ray Cutler ( Casey Adams) décident de passer leur lune de miel dans un bungalow à côté des Chutes du Niagara. Un autre couple passe ses vacances au même endroit, Rose (Marilyn Monroe) et George Loomis (Joseph Cotten), mais ce couple rencontre quelques difficultés. Rose, femme fatale, fait tourner la tête de tous les hommes et rend fou de jalousie son mari George, qui souffre de troubles psychologiques. Avec son amant, Rose décide alors de se débarasser de son mari et échafaude alors un plan diabolique qui ne va pas se dérouler comme prévu…

Réalisé en 1953 par Henry Hathaway, « Niagara » offre à Marilyn Monroe son premier grand rôle et son premier succès, lui ouvrant la voie vers le statut d’icône que l’on connaît! Même si son personnage ici n’est pas le plus présent à l’écran, elle irradie totalement le film. Véritable film noir, « Niagara » a cependant comme originalité son exploitation des décors naturels, grandioses,  de la couleur dans un technicolor flamboyant, et de son traitement assez documentaire. A part ça tous les ingrédients sont réunis: la femme et l’amant qui veulent supprimer le mari gênant, le flic tenace, l’échec du plan, etc… Et tout ça dans un décor idéal pour représenter le déchaînement des passions! Même si Marilyn bouffe la pellicule à chaque apparition et ce, dès la première scène où elle fume dans son lit, nue sous les draps, avec son rouge à lèvres incandescent, le personnage féminin principal reste celui de Polly incarnée par Jean Peters, personnage à l’opposé de celui de Rose: Polly, la brune, porte des tenues très sobres, est d’un tempérament réservé et soumise à son époux! Mais sous son apparente discrétion, elle va tout comprendre de ce qui se trame chez le couple voisin!

Magnifiquement mis en scène, avec une photo splendide, le film d’Hathaway évoque le Cinéma d’Hitchcock et reste comme l’un des meilleurs films, si ce n’est le meilleur, du cinéaste. Et il se termine sur une scène finale absolument dantesque qui rappelle « les Nerfs à vif » de Jack Lee Thompson!

Un chef d’oeuvre absolu que l’on peut revoir en juin 2012 sur la chaîne TCM et ce, en Haute Définition, dans des conditions absolument parfaites mettant largement en valeur ce magnifique technicolor!

CRITIQUE BLU-RAY: LE JARDIN DU DIABLE

LE FILM:

Pour l’escorter vers la mine d’or où l’attend son mari blessé, Leah Fuller engage trois aventuriers, Hooker, Fiske et Daly. Une mission particulièrement risquée car, avant d’arriver sur les lieux, il leur faut traverser une région infestée d’Indiens parmi les tribus les plus belliqueuses de Californie. En dépit des embûches, d’une nature hostile et d’une discorde qui tourne parfois à la bagarre, les pistoleros et leur protégée arrivent sains et saufs à destination. Le voyage de retour s’annonce plus périlleux encore, les Indiens resserrant autour du petit groupe une étreinte dont on ne s’échappe pas…

« Le Jardin du Diable » est un western complètement atypique que l’on peut découvrir dorénavant en HD et c’est une excellente nouvelle! Réalisé par Henry Hathaway en 1954, le film nous relate l’expédition d’une bande d’aventuriers réunis par une femme qui souhaite sortir son mari d’une mine d’or dans laquelle il s’est cassé la jambe. En échange d’une jolie somme d’argent, les compères partent donc secourir le malheureux  mari mais l’appât du gain pourrait faire tourner les têtes. Le traitement de cette histoire par Hataway est plus proche du thriller que du western pur, une véritable suspense régnant d’un bout à l’autre du film. Dès le début, Hathaway nous fait ressentir, outre les tensions internes dues à la soif de l’or, la présence menaçante des Indiens qu’on soupçonne sans jamais les voir, à part à la fin du film. Cette menace est renforcée par la sublime partition de Bernard Hermann qu’on connaît surtout pour son travail avec Hitchcock (Psychose, la Mort aux Trousses…) qui , même si elle réserve quelques thèmes très « westerniens », reste plus proche du film à suspense.

La mise en scène d’Hathaway, très dépouillée, est d’une incroyable efficacité et s’appuie sur un Cinémascope de toute beauté qui multiplie les plans beaux à pleurer! Pour finir, le cinéaste a réuni un casting irréprochable avec en tête Gary Cooper, Richard Widmark, excellent dans ce rôle de joueur invétéré et Susan Hayward dans un rôle de femme puissant comme rarement dans ce genre de production.

Un chef d’oeuvre absolu à découvrir dans une édition Blu-ray irréprochable, un écrin pour un si beau film!

LES BONUS:

Comme d’habitude dans cette collection, on a droit à deux présentations passionnantes du film par Patrick Brion (8 mins) et Bertrand Tavernier (16 mins).

VERDICT:

Indispensable pour les fans de western ou de grands films tout simplement!

Disponible en DVD (9,99 euros) et Blu-ray (19,99 euros) chez Sidonis