Critique: C’est ça L’Amour (les Arcs Film Festival – Compétition)

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Claire Burger

France

2018 / 98’ / VO : Français / tout public
Sortie: 27 mars 2019

Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Mario, quinquagénaire, père de deux filles, Niki 17 ans, et Frida 14 ans, voit sa femme le quitter, à priori sans raison et va devoir tenter de surmonter la séparation et s’occuper de ses deux filles. Extrêmement dépendant affectivement de sa femme, il doit trouver la force de se battre d’autant que sa cadette semble avoir du mal, non seulement à accepter cette nouvelle situation, mais aussi à trouver sa voie à l’âge où l’on se construit. Pour son second film, 4 ans après la Caméra d’Or « Party Girl », la réalisatrice Claire Burger nous offre donc un récit largement autobiographique qui marque par sa finesse, sa justesse et son refus de céder au pathos. Bouli Lanners campe un touchant colosse aux pieds d’argile et à ses côtés les deux jeunes actrices Justine Lacroix et Sarah Henochsberg sont bluffantes de naturel et de présence. Le portrait de cette famille éclatée est une parfaite réussite et nous offre en outre peut-être la scène de baiser la plus émouvante depuis longtemps et un final tout simplement merveilleux! Le coup de coeur du Festival et certainement du public lors de sa sortie!

5

 

Critique: Une Affaire de Famille

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Titre original 万引き家族
Manbiki kazoku
Réalisation Hirokazu Kore-eda
Scénario Hirokazu Kore-eda
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Sortie 12 Décembre 2018

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets…

Après l’intermède policier « The Third Murder », Kore Eda revient à un thème plus proche de ses habitudes, la famille. Un homme et son jeune fils volent dans un supermarché, ce qui semble être une habitude. Chez eux vivent la grand mère, une jeune fille qui vit de son corps et une femme qui semble être la mère. Sauf que dans cette drôle de famille, bientôt complétée par une petite fille maltraitée par ses parents, il n’y a aucun lien du sang. Pourtant, tout le monde semble vivre dans le bonheur d’être ensemble. Kore Eda, avec ce film étonnamment assez léger, questionne sur ce qu’est une famille mais aussi porte un regard critique et acerbe sur un Japon qui laisse de côté une partie de sa population, condamnée à la misère. Drôle mais aussi terriblement émouvant, « Une affaire de famille » est un petit bijou de délicatesse qui a tout de la Palme d’Or parfaite!

5