CRITIQUE: LA PORTE S’OUVRE

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  • Réalisé par :  L. MANKIEWICZ Joseph
  • Avec : Richard Widmark , Sidney Poitier, Linda Darnell …
  • Pays de production :
     américain
  • Année de production :  1950

Blessés au cours d’un hold-up, deux truands, Ray Biddle et son frère John, sont soignés d’urgence par le Dr Brooks, un interne noir. Lorsque John meurt, Ray, homme aux idées racistes, accuse Brooks de l’avoir tué. Seule une autopsie, qui nécessite l’accord de la famille de John, pourrait innocenter Brooks. Celui-ci décide d’en parler à Eddie, l’ex-femme du défunt…

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Entre « Chaînes Conjugales » et « Eve », Joseph L.Mankiewicz réalise deux films plus modestes, « la Maison des Etrangers » et « la Porte s’ouvre ». Ce dernier n’est pourtant pas à négliger, loin de là, « la Porte s’ouvre » étant son film le plus engagé. Mankiewicz dépeint brillamment le climat délétère de l’Amérique des années 50 et notamment du racisme qui gangrène le sud. Si l’on peut reprocher un certain manichéisme dans la démonstration, le film a le mérite d’être courageux et efficace, n’hésitant pas à aller au bout de sa démonstration, quitte à choquer. Le film a d’ailleurs été interdit pendant des années dans certains états. L’interprétation de Sidney Poitier et Richard Widmark est également remarquable!

NOTE: 7.5/10

Disponible en DVD (9.99 euros) chez Fox

CRITIQUE: CHAINES CONJUGALES

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  • Réalisé par :  Joseph L. Mankiewicz
  • Avec : Jeanne CRAIN , Linda Darnell , Ann Sothern …
  • Durée :
    1h43min
  • Pays de production :
     américain
  • Année de production :  1949
  • Titre original : A LETTER TO THREE WIVES
  • Distributeur :
    FOX/1987/ACACIAS

Trois amies, Deborah, Rita et Lora May se retrouvent un samedi sur un bateau pour accompagner en pique-nique les enfants d’un patronnage. Aujourd’hui Addie Ross, qui fait d’habitude partie de la bande, ne viendra pas car elle doit quitter la ville. Au moment du départ, les trois amies reçoivent chacune un télégramme d’Addie: «Je pars avec le mari de l’une de vous trois». Est-ce une plaisanterie?

Si la série Desperate Housewives s’inspire d’un film, c’est certainement celui-là et c’est frappant dès les premières secondes. Une voix off féminine d’un personnage que l’on ne verra jamais parle de ses trois amies alors qu’un travelling nous fait visiter une petite bourgade américaine façon Wisteria Lane. Comme il le fera plus tard avec Eve ou la Comtesse aux pieds nus, Mankiewicz bâtit son film sur des flash-backs conséquences d’un évènement du présent: ici, le pique nique de charité qui réunit trois amies est marqué par la réception d’une lettre qui va chambouler la journée de ces trois personnages. Chacune d’elle va tenter de se remémorer ce qui a pu faire exploser son couple, si tant est que leur mari soit celui qui a fui avec Addie Ross. On voit le début du couple de Deborah,où celle-ci peine à s’affranchir de ses origines paysannes et ne se sent pas à la hauteur de son mari, les difficultés du couple de Rita dont la réussite à la radio empiète sur l’équilibre de celui-ci et celui de Lora May avec un homme plus âgé qui croit que celle-ci ne l’a épousé que pour l’argent.

Brillamment écrit Chaînes conjugales est autant une critique de l’american way of life et d’une certaine bourgeoisie qu’un conte moderne sur le couple. Et le casting (Linda Darnell, Jeanne Crain, Kirk Douglas…) est absolument parfait !

NOTE: 8.5/10

Disponible en DVD (9.99 euros) chez Carlotta Films