CRITIQUE: ELYSIUM

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En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre…

Après des débuts encourageants avec District 9, Neil Blomkamp livre son deuxième film de science-fiction sous la houlette cette fois de Sony. Grande était la crainte de voir une fois de plus un talent disparaître sous le poids d’une grosse machine; maheureusement c’est encore le cas ici. Si l’on ne peut reprocher grand chose à la mise en scène du jeune cinéaste, le film est victime d’un scénario beaucoup trop hollywoodien, dans le mauvais sens du terme. Avec ces riches vivant sur Elysium, Beverly Hills de l’espace, bien habillés parlant anglais et ces pauvres, sur Terre, entassés les uns sur les autres, sales, malades et parlant espagnol et ces méchants très très méchants, le manichéisme ne pose aucun problème à Blomkamp. Si l’on rajoute par-dessus un bon chantage émotionnel avec une petite condamnée par un cancer que le héros doit sauver, une Jodie Foster économe de son talent autant que des choix de carrière pertinents depuis 15 ans, et un happy end trop beau pour être honnête, on obtient une preuve de plus que les blockbusters de qualité sont rares!

NOTE: 4/10

 

CRITIQUE: NOUVEAU DEPART

Père célibataire, Benjamin Mee a bien du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, plaque son travail et achète une vieille maison sur une immense propriété, qui a la particularité d’abriter un zoo délabré. Plusieurs dizaines d’animaux, ours, tigres et bien d’autres, vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal. Sans la moindre expérience, avec très peu de temps et d’argent, Benjamin Mee et les siens vont tout mettre en œuvre pour réhabiliter le zoo et vivre ainsi leur plus grande aventure…

Voilà un film qui ressemble à son affiche et c’est vraiment pas de bol! « Nouveau Départ », adaptation d’un best-seller intitulé « We Bought a Zoo », représente à peu près le pire que ce que le Cinéma ricain peut nous proposer. Dès les premières images on sent qu’on se lance dans une drôle de galère avec ce père, incarné par un Matt Damon empâté et affublé d’une coiffure improbable entre Big Jim et Jonathan Hart, qui tente de s’en sortir après la mort de sa femme entre son boulot et ses deux enfants, une jolie petite fille et un adolescent difficile (forcément!). Puis l’aventure démarre assez vite quand le père décide d’acheter un zoo délabré pour démarrer une nouvelle vie! Quand l’une des employées du zoo s’appelle Scarlett Johanson, on se dit que « tiens! Papa pourrait bien trouver une autre jolie maman pour ses enfants! » C’est l’un des enjeux (suspense!) du film! L’autre enjeu du film, c’est de savoir si Papa va réussir à se rapprocher de son rebelle de rejeton, puis si ce dernier va s’acoquiner avec l’autre ado (Elle Fanning). Et enfin, la petite famille et l’équipe du zoo arriveront-elles à accompli leur mission: redonner vie à ce parc pour y accueillir le public ?

 Et bien Cameron Crowe prend tout ça, mélange le tout avec beaucoup de guimauves, saupoudrée de tubes sirupeux dans les scènes où il faut pleurer (avec une icône en bas de l’écran qui vous invite à sortir un mouchoir!) et le parsème de climax du type « arriveront-ils à récupérer les serpent échappés ? » ou encore « parviendront-ils à réparer la serrure de la cage aux lions avant que l’inspecteur arrive ? »

La question est: comment Cameron Crowe, cinéaste pourtant honorable (Singles, Jerry Maguire ou encore l’excellentissime Presque Célèbre) et grand cinéphile qui a même pondu un livre d’entretiens avec Billy Wilder dont la renommée n’est plus à faire, a-t-il pu commettre un tel sommet de nullité ? Un conseil, si vous ne savez pas quoi faire un dimanche en famille, allez plutôt à Thoiry!