Critique: Un Mariage à Boston

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Titre original The Late George Apley
Réalisation Joseph L. Mankiewicz
Scénario Philip Dunne, George S. Kaufman, d’après le roman de John P. Marquand
Acteurs principaux
Sociétés de production Fred Kohlmar
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 96 min.
Sortie 1947

A Boston, en 1912, le vénérable George Apley est une des personnalités les plus respectées de la ville. Bostonien de souche, il veille à ce que ses enfants soient élevés dans le respect des traditions. Seulement voilà : un soir, George Apley surprend sa fille en train de faire une bataille de boules de neige avec un jeune homme qui n’a rien d’un gentleman de la haute-société…

Troisième film de Joseph L. Mankiewicz, tourné en 1947 juste avant « l’Aventure de Madame Muir », « Mariage à Boston » est avec « Escape », le seul film du cinéaste inédit en vidéo chez nous. Heureusement que les chaînes de cinéma sont là pour nous permettre d’enfin voir ce film. Mankiewicz nous brosse ici le portrait d’une famille bourgeoise de Boston mais surtout dépeint l’univers de la noblesse bostonienne, un monde à part et en voie de disparition. Si le père est à cheval sur les principes et les traditions d’un monde recroquevillé sur lui-même, ses enfants souhaitent, à travers leurs histoires d’amour respectives, briser les codes. Mankiewicz ne tombe pas dans la farce et nous offre une comédie légère, subtilement écrite et mise en scène. Un petit délice que les éditeurs français devraient nous offrir au plus vite.

4.5

CRITIQUE BLU-RAY: GUN CRAZY

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LE FILM: 9/10

Bart a toujours été fasciné par les armes à feu. De retour dans sa ville natale après avoir passé des années éloigné de sa famille, il rencontre Laurie, tireuse d’élite vedette d’un spectacle de fête foraine, et en tombe fou amoureux. Mais, bien décidée à vivre dans l’aisance, Laurie va entraîner Bart dans une série de braquages de plus en plus audacieux..

Si le coffret arbore un énigmatique « un film de Joseph Lewis ? », ce n’est ni une faute de frappe ni un hasard! Ce point d’interrogation signifie que la réussite du film est dûe, certes à Joseph H. Lewis mais à beaucoup d’autres personnes: à MacKinlay Kantor, l’auteur de la nouvelle; aux frères King, anciens mafieux reconvertis dans la production de films de gangsters, tombés sous le charme de cette histoire; à Dalton Trumbo, célèbre scénariste blacklisté qui a adapté l’oeuvre; John Dall et Peggy Cummins, les deux interprètes principaux; et bien sûr Russell Harlan pour sa magnifique photo!

L’absence de moyens sur ce film a poussé Joseph H.Lewis a faire preuve d’inventivité et c’est sans doute ça qui contribue à faire de ce film un petit chef d’oeuvre: les nombreux plans séquences dont le casse filmé de l’arrière de la voiture, le brouillard final destiné à cacher le manque de figurants…

Et bien sûr le sex-appeal de la formidable Peggy Cummins!

TECHNIQUE: 10/10

Des restaurations comme celle-ci, ça tient du miracle! Splendide!

BONUS: 10/10

« Peggy Cummins : à bout portant » : entretien avec l’actrice (25′), « Russ Tamblyn : enfant de la balle » : entretien avec l’acteur (27′), Entretien avec Joseph H. Lewis (1′), Analyse d’une séquence par Joseph H. Lewis (2’30 »).

Outre ces bonus, on trouve évidemment le superbe livre d’Eddie Muller, spécialiste du film noir, aussi passionnant que richement illustré!

VERDICT: 9.5/10

Tout comme la Nuit du Chasseur, un « Big Combo » aussi beau qu’indispensable!

Disponible en coffret livre+ dvd+ bluray (59.99 euros) chez Wild Side Vidéo