CRITIQUE: CLOCLO

On connaît Florent-Emilio Siri pour son honnête hommage au Carpenter d’Assaut avec « Nid de Guêpes », un petit nanar hollywoodien avec Bruce Willis (« Otage ») et son Platoon français « l’Ennemi Intime » qui, sans être inoubliable avait le mérite de traîter d’un sujet douloureux, les exactions de l’armée française pendant la Guerre d’Algérie. Les précédents films de Siri avaient comme dénominateur commun une mise en scène d’une rare efficacité dans le paysage français, sans doute héritée du passé de clipeur du réalisateur. Il était donc intéressant de voir de quelle manière il allait s’en sortir avec son intrusion dans le biopic, particulièrement celui d’une icône des années 60/70, Cloclo, Claude François.

Florent-Emilio Siri choisit pour nous conter l’existence de la vedette justement de ne pas faire de choix. Durant les 2h30 de projection (qui auraient gagné à être un peu raccourcie), on suit Claude du ventre de sa mère à Alexandrie jusqu’à sa tombe, 39 ans plus tard. Entre temps, on ne rate aucun des tubes (ah! Si! « je vais à Rio »! Mais pourquoi cet oubli!) du chanteur ni aucune conquête (et il en a eu le bougre!). Et pourquoi cette manie de tout surligner au fluo des fois qu’on comprendrait pas: combien de plans sur ses pieds qui trépignent ? Et pourquoi ce besoin de nous bassiner avec la bande originale sirupeuse à souhait d’Alexandre Desplats? La première demi-heure est en particulier assez pénible! Et pourquoi assister à la dernière douche de Cloclo dans son intégralité, ménageant une espèce de suspense malsain alors qu’un simple fondu au noir aurait suffit, tout le monde connaissant ce drame ? Et enfin, pourquoi chercher à singer au maximum des personnes existantes jusqu’à tomber dans le ridicule ? Cette question vaut pour le rôle de Paul Lederman; Voulant donner un rôle à son acteur fétiche Benoît Magimel, c’est lui qui se trouve affublé d’un faux ventre, d’une perruque, un faux nez et de fausses dents, et nanti d’un accent pied-noir à la Roger Hanin! Grotesque!

Malgré tout, Cloclo comporte quelques bonnes choses qui en font un film malgré tout pas désagréable! L’interprétation du chanteur est assez réussie, même si quelque chose me gêne toujours un peu chez Jérémie Rénier sans savoir trop quoi, et sa ressemblance est parfois saisissante sans trop d’artifices. La mise en scène de Siri reste assez efficace en particulier dans les scènes de concert et réserve quelques belles surprises notamment la très belle scène de « my Way » par Sinatra. Enfin, et surtout, le portrait donné du chanteur est assez équilibré, montrant bien les deux faces du personnage: l’idole d’un côté et la personnalité souvent infecte d’un homme égoïste, capricieux, maniaque, égocentrique qui va jusqu’à cacher un de ses fils pour préserver son image de chanteur à femmes. Un portrait fidèle , après tout, c’est ce qu’on demande à un biopic…

CRITIQUE DVD: POULET AUX PRUNES

LE FILM:

 

Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d’attendre la mort.

En espérant qu’elle vienne, il s’enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuses, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l’ange de la mort, et nous révèlent l’avenir de ses enfants…

Au fur et à mesure que s’assemblent les pièces de ce puzzle, apparaît le secret bouleversant de sa vie : une magnifique histoire d’amour qui a nourri son génie et sa musique…

Quatre ans après avoir adapté sa BD Persépolis sur grand écran, Marjane Satrapi fait à nouveau équipe avec Vincent Paronnaud pour adapter une fois de plus l’une de ses bandes dessinées, Poulet aux Prunes. Mais cette fois, c’est pour réaliser un film Live avec de vrais acteurs. Sur une histoire tragique, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud réussissent à nous proposer un film léger sous la forme d’un patchwork cinématographique. On y trouve pêle-mêle des paysages dessinés, des rêveries toutes felliniennes ou encore une scène tout droit sortie d’un sitcom. Mathieu Amalric est parfait comme toujours, épaulé par une ribambelles de seconds rôles talentueux (Edouard Baer, Maria de Medeiros, Isabella Rossellini, Jamel Debbouze et bien d’autres. Beaucoup plus mélancolique, tant au niveau de l’histoire que du rythme, que Persépolis, le seul reproche que l’on puisse faire au fim est son scénario à tiroir qui nous perd un peu en route.

Mais ce “Poulet aux Prunes” reste toutefois un plat savoureux et dépaysant! Et le DVD est à la hauteur de la beauté visuelle du film!

LES BONUS:

Une édition riche en bonus! Outre les bandes annonces et galerie photos, on trouve un making-of passionnant (31 minutes) et très complet, 3 scènes coupées, une section « animatics » sur le story-board (6 mins mais plus d’une heure sur le Blu-ray!) et surtout un bonus formidable: Marjane Satrapi racontant avec grand talent des contes persans à Mathieu Amalric (20 mins)!

VERDICT:

Une très belle édition Dvd pour un film charmant!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez Wild Side Video