CRITIQUE: THE RAID

Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta, se trouve une citadelle imprenable dans laquelle se cache le plus dangereux trafiquant du pays. Une équipe de policiers d’élite est envoyée donner l’assaut lors d’un raid secret mené aux premières lueurs du jour. Mais grâce à ses indics, le baron de la drogue est déjà au courant et a eu amplement le temps de se préparer. A l’instant où le groupe d’intervention pénètre dans l’immeuble, le piège se referme : les portes sont condamnées, l’électricité est coupée et une armée d’hommes surentrainés débarque. Piégés dans cet immeuble étouffant, les policiers vont devoir se battre étage après étage pour avoir une chance de survivre.

Acclamé dans tous les festivals où il a été présenté et précédé d’un énorme buzz sur internet, « The Raid »,  film indonésien réalisé par un Gallois, Gareth Evans, est donc soi-disant LE film d’action, l’oeuvre définitive! Restons tout de même mesurés!

Si l’on considère que l’on est en présence d’un simple exercice de style, il est réussi haut la main! Evans prouve qu’il n’est pas manchot avec sa caméra, multipliant les scènes d’action dantesques, que ce soit les bastons à mains nues ou les gunfights! Ca défouraille à tout va, ça filme vite mais sans jamais perdre en visibilité, c’est bourré de trouvailles visuelles et ça ne recule devant aucune limite, même jusqu’à flinguer un gamin d’une balle en pleine gorge! La qualité du montage est également à saluer ainsi que la BO, digne hommage aux films de Carpenter!

Néanmoins, on ne peut occulter de nombreux défauts majeurs comme le scénario, d’une connerie assez rare pour être soulignée (ne parlons pas de cette histoire de famille à deux sous!)et des dialogues d’une indigence peu commune, heureusement qu’ils sont peu nombreux! L’interprétation est bien souvent limite elle aussi et le film souffre aussi d’une photo pas jolie jolie!

Même si les défauts ont pris le dessus me concernant, me faisant déconnecter complètement du film, « The Raid » ravira les fanas d’action pure à la recherche d’un simple shoot d’adrénaline!

LA NOTE: 5/10

CRITIQUE BLU-RAY: SCHIZOPHRENIA

LE FILM: 9/10

Un psychopathe est libéré de prison après avoir purgé une longue peine pour un meurtre qu’il a commis sans mobile ni préméditation. Errant en ville, il retrouve le monde avec une seule idée en tête : il tuera à nouveau. Après avoir tenté d’étrangler la conductrice d’un taxi, l’homme s’enfuit et se réfugie dans une maison où habitent une vieille dame, son fils handicapé ainsi que sa jolie jeune fille. Excité par le nouveau terrain de jeu qui s’offre à lui, le tueur s’apprête à frapper…

En 1983, bien avant  « Funny Games » de Michael Haneke, le Cinéma autrichien accouchait d’un film coup de poing sur un psychopathe, « Schizophrenia » (« Angst » en Autriche)! Unique film de Gerald Kargl, « Schizophrenia » est une expérience éprouvante tant elle vise à nous immerger dans la tête d’un assassin. Complètement dépourvu de dialogues, le film est uniquement ponctué de la voix off du personnage principal participant totalement à ce processus d’immersion.
Mais c’est visuellement que le film est le plus surprenant. La caméra, toujours en mouvement, multiplie les cadrages inattendus (plongée, contre-plongée, …) et tous ces plans avec la caméra, fixée au comédien par un harnais, tournant autour de lui! Tout ceci renforçant ce côté malsain et dérangeant est l’oeuvre du directeur photo Zbigniew Rybczynski qui a vraiment fait un travail magistral sur ce film!

La musique de Klaus Schulze aux sonorités métalliques et l’interprétation énorme d’Erwin Leder finissent de faire de « Schizophrenia » l’un des plus films les plus forts et les plus dérangeants sur un serial Killer, faisant passer l’excellent « Henry Portrait of a serial killer » pour une bluette!

Rien à dire côté technique, c’est parfait comme souvent avec cet éditeur!

LES BONUS: 10/10

Outre la bande annonce, on peut visionner le prologue de 7 mins intéressant sans être indispensable au film, une interview du réalisateur (27 mins) qui revient sur la genèse du film, un entretien passionnant avec Zbigniew Rybczynski (29 mins) , le chef opérateur, qui revient entre autres sur l’aspect technique de son travail et les secrets de fabrication de ses plans ahurissants, une rencontre entre le comédien et un psychiatre (26 mins) très intéressante malgré le décor au goût plus que douteux et enfin une interview de Gaspard Noé, qui revient sur ce qui l’a inspiré dans ses propres films!

VERDICT: 9/10

Un film à ne pas mettre entre toutes les mains dans un blu-ray top!

Disponible en DVD (14,99 euros) et Blu-ray(19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 4 juillet

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