CRITIQUE: LINCOLN

20244611_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Roi de l’Entertainment, inventeur du blockbuster, Spielberg a trusté les premières places tout au long de sa carrière avec des divertissements grand public comme les Indiana Jones, E.T., ou encore Jurassic Park. Son oeuvre comporte toutefois une facette qu’on pourrait qualifier d’humaniste avec des films comme La Couleur Pourpre, Empire du Soleil, La Liste De Schindler, Amistad ou encore Munich. Cette nouvelle réalisation de Steven Spielberg s’inscrit bien sûr dans cette catégorie, dans laquelle le cinéaste se positionne en défenseur des opprimés et pourfendeur de l’injustice que ce soit en nous parlant d’Holocauste, de l’absurdité de la guerre tout simplement ou encore d’esclavagisme.

C’est de ce dernier sujet qu’il traîte à nouveau en s’intéressant au combat du Président Lincoln pour l’abolition de l’esclavage. Plutôt que de nous servir un énième biopic scolaire et empesé, il préfère se concentrer uniquement sur son sujet et les quelques mois précédant l’assassinat du Président. Après une première heure qu’on pourrait taxer de didactique même si cela s’avère indispensable à la compréhension du plus grand nombre, en particulier pour nous, Européens (oui, les adeptes de l’esclavagisme sont bien les Démocrates!!!), la deuxième partie du film bascule dans le film de prêtoire et ce, de façon magistrale. D’autre part, il a une résonnance toute particulière par rapport à notre actualité.

Magnifiquement écrit, Lincoln, est un vrai régal au niveau des dialogues qui rendent les affrontements Démocrates/Républicains passionnants. Pour mettre en image ce très beau script, Spielberg réalise un film d’une sobriété bien venue ne recourant jamais au spectaculaire et évitant tout recours à la guimauve, pêché mignon du cinéaste. Quand de surcroît, son acolyte Janusz Kaminski nous offre une photo de toute beauté et que Spielberg s’entoure d’un tel casting avec un époustouflant Daniel Day Lewis à l’Oscar ô combien mérité et une pleïade de seconds rôles au top dont un Tommy Lee Jones parfait, ça nous donne le film peut-être le moins grand public mais le plus abouti de Spielberg. Fabuleux!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE DVD: L’EPINE DANS LE COEUR

61VwnL-6YwL__AA1500_LE FILM: 7/10

Michel Gondry nous propose, avec L’épine dans le coeur, un film attachant qui porte un regard éclairant sur la vie de la matriarche de sa famille : Sa tante Suzette. De 1952 à 1986, Suzette a sillonné les écoles des Cévennes en tant qu’institutrice. Devant la caméra de son neveu, Michel Gondry, elle raconte ses aventures quotidiennes et lui permet ainsi de découvrir une réalité familiale méconnue que ce film explore de manière sobre mais pleine d’émotion.

Entre Soyez Sympa, rembobinez et Green Hornet, Michel Gondry se lance dans son projet le plus personnel, ce documentaire sur sa famille et plus précisément sa tante Suzette. Dégageant une vraie tendresse, ce documentaire laisse également place à l’émotion. On y suit l’institutrice au gré de ses rencontres avec d’anciens élèves, entrecoupées de petits intermèdes dans lesquels un petit train miniature tout gondryesque visite les patelins alentour.  Puis il y a la partie plus intéressante, celle dans laquelle on voit l’épine dans le coeur de Suzette, sa relation avec son fils homosexuel. Tout en délicatesse Gondry nous plonge dans les secrets de sa famille, révélant des personnages attachants, humains tout simplement.

TECHNIQUE: 8/10

Un DVD sans problème.

BONUS: 6/10

En complément, on trouve quelques modules s’apparentant à des scènes coupées: Calendar Doodle (Un an de dessin par des jeunes), Animation Collection (animation en stop-motion par Valérie Pirson), Little Monsters (enfant invisible – Par Charlotte Gainsbourg), Harkis (Une brève histoire des Harkis) et Techno Suzette.

VERDICT: 7/10

Un documentaire personnel et attachant à découvrir!

Disponible en DVD (14,99 euros) dès le 2 avril chez Editions Montparnasse