Critique: Phantom Thread

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Réalisation Paul Thomas Anderson
Scénario Paul Thomas Anderson
Acteurs principaux
Sociétés de production Annapurna Pictures
Ghoulardi Film Company
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 130 minutes
Sortie 14 février 2018

Dans le Londres des années 50, juste après la guerre, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa soeur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Ils habillent aussi bien les familles royales que les stars de cinéma, les riches héritières ou le gratin de la haute société avec le style inimitable de la maison Woodcock. Les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma ne les supplante toutes pour y prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée et organisée au millimètre près.

Cinéaste peu prolifique, Paul Thomas Anderson réalise avec Phantom Thread seulement son huitième film en 21 ans. Il offre à son interprète de There Will Be Blood un départ à la retraite en fanfare! Daniel Day Lewis incarne un couturier anglais maniaque jusqu’à l’obsession qui rencontre une serveuse et décide d’en faire sa maîtresse mais aussi son modèle. Sous des allures de film sur la bourgeoisie anglaise, le classicisme de l’ensemble est en fait un écrin pour une histoire d’amour totalement folle. Woodcock vit et travaille avec sa soeur et ne supporte pas que sa nouvelle compagne s’immisce dans son travail et son quotidien. Celle-ci cherche à tout prix à trouver une place dans son couple et ne serait-ce qu’attirer l’attention de son époux. Leur relation ne trouvera son équilibre que dans une lutte de pouvoir aux accents sado-masochistes. La mise en scène de PTA évoque aussi bien le romanesque viscontien que le cinéma de Kubrick avec un travail sur le cadre fascinant. La bande originale de Johnny Greenwood (Radiohead) est l’une des plus belles BO depuis des années. Quant à l’interprétation, les prestations de Daniel Day Lewis et  de Vicky Krieps sont absolument magiques. Phantom Thread est un vrai bijou d’intelligence, souvent drôle et fascinant de bout en bout. Quelques scènes entreront dans l’Histoire comme une scène de préparation d’omelette hitchcockienne ou une balade en voiture qui rappelle Orange Mécanique. Ce film est un chef d’oeuvre absolu, ne le manquez pas!

5

Critique Bluray: My Left Foot

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  • Drame
  • Date de sortie :
    04 avril 1990
  • Réalisé par :
    Jim Sheridan
  • Avec :
    Daniel Day-LewisBrenda FrickerRay MAC ANALLY
  • Durée :
    1h40min
  • Pays de production :
    irlandais
  • Année de production :  1988
  • Titre original : MY LEFT FOOT
  • Distributeur :
    ARIANE DISTRIBUTION

LE FILM:

4

 

Né dans une famille pauvre irlandaise de Dublin, Christy Brown est atteint de paralysie spasmodique. Alors qu’il se rend à un concert de charité, il fait la connaissance d’une jeune infirmière, qui commence à lire son autobiographie et découvre le combat qu’est sa vie. Avec son unique pied gauche, Christy Brown a appris à peindre, à écrire et essentiellement à communiquer.

Premier film de l’Irlandais Jim Sheridan et première collaboration gagnante avec Daniel Day Lewis pour ce biopic sur Christy Brown, peintre et auteur irlandais en dépit d’un lourd handicap physique. Evitant avec bonheur tout pathos malgré un sujet très lourd, le film de Sheridan délivre un message très positif sur le dépassement de soi quand tout s’acharne, le héros vivant dans une famille de miséreux et étant atteint depuis la naissance par une paralysie spasmodique. On ne peut bien évidemment évoquer ce film sans parler de la prestation hallucinante de Daniel Day Lewis qui rafla d’ailleurs un Oscar tout comme Brenda Fricker, l’interprète de sa mère. Une réussite, début d’une collaboration fructueuse entre Sheridan et Day-Lewis.

TECHNIQUE:

4

 

Copie exempte de tout défaut avec une définition au cordeau!

BONUS:

3

 

On trouve ici un court making of, un très court sujet sur le vrai Christy Brown ainsi qu’une intéressante présentation de Xavier Leherpeur.

VERDICT:

4

 

Un biopic réussi avec un Day Lewis magistral!

Disponible en DVD (16.99 euros) et combo bluray/dvd (19.99 euros) chez Elephant Films

CRITIQUE BLU-RAY: AU NOM DU PERE

81MN+MeuqLL__AA1500_LE FILM: 8.5/10

En 1975, Gerry Conlon, jeune délinquant originaire de Belfast, est arrêté par la police londonienne qui l’accuse d’être l’instigateur des attentats terroristes à Guildford pour le compte de l’IRA. Sous la pression des policiers, Gerry signe des aveux fabriqués de toutes pièces qui non seulement le mettent en cause mais également Pau Hill son ami d’enfance, un couple d’amis hippies, ainsi que plusieurs membres de sa famille dont son propre père.

Bien avant le risible Dream House, le réalisateur irlandais Jim Sheridan eut à son actif une poignée de film très réussis comme My Left Foot, Au nom du Père, The Boxer, In America ou encore Brothers. Au Nom du Père, son troisième film sorti il y a près de 20 ans était l’occasion de retrouver le comédien de son premier film Daniel Day Lewis pour raconter une page d’histoire de son pays. Le film retrace en effet l’histoire révoltante du jeune Gerry Conlon et de ses amis emprisonnés à tort pour un attentat qu’ils n’avaient pas commis et dont les preuves de leur innocence étaient soigneusement cachées.

Construit comme un long flashback dans lequel Conlon raconte tout à son avocate, Au Nom du Père se classe dans cette catégorie de grands films humanistes qui vous scotchent à votre fauteuil en éveillant en vous une âme de révolutionnaire, sentiment qu’on ressent devant des films comme la Liste de Schindler, La Dernière Marche,…

Si le film prend aux tripes à ce point, c’est évidemment lié à la qualité de son casting avec un Daniel Day Lewis comme toujours habité par son rôle, le regretté Pete Postlethwaite émouvant dans le rôle du père martyr de Conlon et Emma Thompson dans le rôle de l’avocate.

Un grand film qu’on a plaisir à retrouver en HD!

TECHNIQUE: 8/10

Une copie HD convaincante sans défaut véritable même si l’apport HD n’est pas flagrant.

BONUS: 0/10

Rien, pas même une bande annonce!

VERDICT: 8/10

Un grand film indispensable!

Disponible en blu-ray (14,99 euros) chez Universal Pictures dès le 23 mai

 

CRITIQUE: LINCOLN

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Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Roi de l’Entertainment, inventeur du blockbuster, Spielberg a trusté les premières places tout au long de sa carrière avec des divertissements grand public comme les Indiana Jones, E.T., ou encore Jurassic Park. Son oeuvre comporte toutefois une facette qu’on pourrait qualifier d’humaniste avec des films comme La Couleur Pourpre, Empire du Soleil, La Liste De Schindler, Amistad ou encore Munich. Cette nouvelle réalisation de Steven Spielberg s’inscrit bien sûr dans cette catégorie, dans laquelle le cinéaste se positionne en défenseur des opprimés et pourfendeur de l’injustice que ce soit en nous parlant d’Holocauste, de l’absurdité de la guerre tout simplement ou encore d’esclavagisme.

C’est de ce dernier sujet qu’il traîte à nouveau en s’intéressant au combat du Président Lincoln pour l’abolition de l’esclavage. Plutôt que de nous servir un énième biopic scolaire et empesé, il préfère se concentrer uniquement sur son sujet et les quelques mois précédant l’assassinat du Président. Après une première heure qu’on pourrait taxer de didactique même si cela s’avère indispensable à la compréhension du plus grand nombre, en particulier pour nous, Européens (oui, les adeptes de l’esclavagisme sont bien les Démocrates!!!), la deuxième partie du film bascule dans le film de prêtoire et ce, de façon magistrale. D’autre part, il a une résonnance toute particulière par rapport à notre actualité.

Magnifiquement écrit, Lincoln, est un vrai régal au niveau des dialogues qui rendent les affrontements Démocrates/Républicains passionnants. Pour mettre en image ce très beau script, Spielberg réalise un film d’une sobriété bien venue ne recourant jamais au spectaculaire et évitant tout recours à la guimauve, pêché mignon du cinéaste. Quand de surcroît, son acolyte Janusz Kaminski nous offre une photo de toute beauté et que Spielberg s’entoure d’un tel casting avec un époustouflant Daniel Day Lewis à l’Oscar ô combien mérité et une pleïade de seconds rôles au top dont un Tommy Lee Jones parfait, ça nous donne le film peut-être le moins grand public mais le plus abouti de Spielberg. Fabuleux!

NOTE: 9/10

 

OSCARS 2013: LE PALMARES

Oscar 2013 Jennifer Lawrence accepts the award for best actress

Les Oscars ont rendu leur verdict cette nuit récompensant un grand nombre de film très divers! Voici le palmarès complet:

Il s’agit ici d’un palmarès assez logique si ce n’est l’Oscar attribué à Ang Lee pour l’Odyssée de Pi, loin d’être son meilleur film et constituant plus une prouesse technique qu’autre chose, damant le pion à Papa Spielberg! Emmanuelle Riva ne reçoit donc pas de cadeau d’anniversaire, laissant sa place à la jeunette Jennifer Lawrence (amplement mérité au vu de sa prestation dans Happiness Therapy) au détriment de Jessica Chastain. Amour se console avec l’Oscar du meilleur film étranger et Daniel Day Lewis empoche sans grande surprise sa troisième statuette! Quant au Django de QT, il s’approprie deux statuettes ultra-méritées, le meilleur scénario et le meilleur second rôle masculin pour Christoph Waltz qui se voit offrir sa deuxième statuette pour un film de Tarantino!

Meilleur film :Argo de Ben Affleck

Meilleur acteur :Daniel Day Lewis pour Lincoln

Meilleure actrice : Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy

Meilleur réalisateur : Ang Lee pour L’Odyssée de Pi

Meilleur scénario original :Quentin Tarantino pour Django Unchained

Meilleure adaptation :Chris Terrio pour Argo

Meilleure chanson :Skyfall par Adèle

Meilleure musique : Mychael Danna pour L’Odyssée de Pi

Meilleur décor :Lincoln

Meilleur montage :Argo

Meilleure actrice dans un second rôle :Anne Hathaway pour Les Misérables

Meilleur montage son :Zero Dark Thirty et Skyfall

Meilleur mixage son :Les Misérables

Meilleur film étranger :Amour de Michael Haneke

Meilleur documentaire :Sugar Man

Meilleur court-métrage documentaire :Inocente

Meilleur court-métrage de fiction :Curfew

Meilleur maquillage et coiffure : Les Misérables

Meilleurs costumes :Anna Karenine

Meilleurs effets spéciaux :L’Odyssée de Pi

Meilleure photographie : Claudio Miranda pour L’Odyssée de Pi

Meilleur long-métrage d’animation :Rebelle

Meilleur court-métrage d’animation :Paperman

Meilleur acteur dans un second rôle :Christoph Waltz dans Django Unchained