Critique: Aniara (les Arcs Film Festival – Compétition)

ANIARA

Pella Kågerman et Hugo Lilja

Suède

2018 / 106’ / première française / VO : Suédois
Premier film
Pas de date de sortie pour le moment

Après avoir fini d’exploiter la Terre, ce qui reste de la population humaine lance plusieurs vaisseaux dans l’espace pour transporter des colons vers leur nouvelle maison : Mars. Un de ces vaisseaux s’appelle Aniara. L’engin, qui ressemble à un immense centre commercial, offre tous les services nécessaires à satisfaire une société profondément consumériste et destructrice. Tout semble bien se passer jusqu’à ce qu’un accident le fasse dévier de sa trajectoire.

Premier film suédois de Pella Kagerman et Hugo Lilja, Aniara est une proposition assez ambitieuse de science fiction a portée écolo. Victime du réchauffement climatique la Terre a été désertée par les derniers survivants de l’espèce humaine qui se dirigent dans le vaisseau Aniara vers la planète Mars. Un déchet spatial va irrémédiablement endommager le vaisseau qui verra ses habitants errer dans l’espace en espérant pouvoir reprendre sa route. Malgré l’évident manque de moyens, les réalisateurs ont réussi à créer une oeuvre cohérente et formellement acceptable, déroulée sous forme de chapitres. Malgré le pessimisme du film, le final offre tout de même une lueur d’espoir. Intéressant!

3.5

 

 

Critique: Sunset (les Arcs Film Festival – Sommet)

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László Nemes

Hongrie, France

2018 / 142’ / VO : Hongrois / tout public
Sortie 20 mars 2019

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Irisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé par Oszkar Brill le nouveau propriétaire. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé. A la veille de la guerre, cette quête sur ses origines familiales va entraîner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos. 

En 2016, Laszlo Nemes frappait fort avec « le Fils de Saul » qui suivait le quotidien d’un membre des Sonderkommandos au sein du camp d’Auschwitz. Le parti pris radical, filmer le personnage principal en gros plan soit sur son visage soit sur sa nuque, se justifiait par un souci d’immerger totalement le spectateur. Son nouveau film, très attendu, reprend le même dispositif, sauf qu’ici, on n’en saisit jamais l’utilité. Nemes nous emmène ici en 1913 au coeur de l’empire austro-hongrois et suit Irisz Leiter, jeune femme qui, après sa sortie de l’orphelinat, rêve de travailler dans l’ancien magasin de chapeaux de ses parents. Très vite, elle apprend qu’elle a un frère au passé trouble. Durant deux heures trente, elle va donc marcher dans Budapest pour élucider le mystère autour de son frère. Nemes la filme donc en posant sa caméra sur sa nuque ou son visage et celle-ci va poser des questions à tous ceux qu’elle croise, questions qui n’auront jamais de réponse, jusqu’à un final en forme de twist tiré par les cheveux. Quant à l’actrice Juli Jakab, elle n’a malheureusement qu’une seule expression à jouer durant tout le film. Si la photo et les nombreux plans séquence offrent de beaux moments de cinéma, « Sunset » est un pensum des plus irritant et épuisant pour le spectateur qui aura l’impression d’avoir perdu 2h30! Le coup de gueule du Festival!

0.5