Critique: Julieta

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Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar d’après des nouvelles d’Alice Munro
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo S.A., Agustín Almodóvar, Esther García
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame
Durée 96 minutes
Sortie 18 mai 2016

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Trois ans après le crash des « Amants Passagers« , Almodovar revenait en compétition lors du dernier Festival de Cannes avec « Julieta » et un exercice qu’il affectionne, le portrait de femme. Ici point d’évènement incroyable et de péripéties, le récit malgré sa structure en flash-backs est simple et limpide. Almodovar s’intéresse à une simple relation mère/fille chahutée par le temps et les soubresauts du destin. Si Julieta est remarquablement interprété par deux sublimes actrices, Emma Suarez et Adriana Ugarte, la mise en scène d’Almodovar porte le film très très haut. Visuellement splendide, Julieta comprend entre autres réjouissances une scène de train totalement magique qui évoque évidemment Hitchcock et tout un tas d’idées de mise en scène comme cette ellipse qui nous fait changer d’actrice dans le même plan. Un très grand film assurément, on a retrouvé Almodovar!

4.5

 

Critique: Ma Loute

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Réalisation Bruno Dumont
Scénario Bruno Dumont
Acteurs principaux
Sociétés de production 3B Productions, Arte France,Le Fresnoy, Pictanovo Région Nord-Pas-De-Calais, Twenty Twenty Vision Filmproduktion GmbH
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Durée 122 minutes
Sortie 13 mai 2016

Eté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.

Bruno Dumont, cinéaste de l’austérite, opère il y a deux ans une métamorphose avec une mini-série TV « P’tit Quinquin ». Il confirme au cinéma avec « Ma Loute », en compétition au dernier Festival de Cannes. On y retrouve ses obsessions et les thématiques qui lui sont chères: le Nord, le prolétariat, la violence… mais il adopte un ton complètement délirant. Non content de son casting de débutants aux « gueules » pas possibles, il s’entoure ici de stars qu’il ridiculise: Lucchini en riche propriétaire bossu et au discours pédant (« un doigt de Whiske-hy? »), Juliette Binoche en tante aux airs de Castafiore… Sous des allures d’enquête policière, deux policiers clones de Laurel et Hardy tentant de résoudre de mystérieuses disparitions, Dumont s’amuse à dézinguer tout ce qui bouge: les riches sont dégénérés et consanguins, les pauvres sont de brutaux cannibales et les policiers une belle bande d’abrutis! Hommage aux slapsticks, avec son lot de chutes, et à un surréalisme qui fait penser à Tati, « Ma Loute » est jubilatoire et laisse même poindre une lueur d’espoir à travers la relation Billie/Ma Loute! De courte durée…

4.5