Critique: Ma Loute

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Réalisation Bruno Dumont
Scénario Bruno Dumont
Acteurs principaux
Sociétés de production 3B Productions, Arte France,Le Fresnoy, Pictanovo Région Nord-Pas-De-Calais, Twenty Twenty Vision Filmproduktion GmbH
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Durée 122 minutes
Sortie 13 mai 2016

Eté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.

Bruno Dumont, cinéaste de l’austérite, opère il y a deux ans une métamorphose avec une mini-série TV « P’tit Quinquin ». Il confirme au cinéma avec « Ma Loute », en compétition au dernier Festival de Cannes. On y retrouve ses obsessions et les thématiques qui lui sont chères: le Nord, le prolétariat, la violence… mais il adopte un ton complètement délirant. Non content de son casting de débutants aux « gueules » pas possibles, il s’entoure ici de stars qu’il ridiculise: Lucchini en riche propriétaire bossu et au discours pédant (« un doigt de Whiske-hy? »), Juliette Binoche en tante aux airs de Castafiore… Sous des allures d’enquête policière, deux policiers clones de Laurel et Hardy tentant de résoudre de mystérieuses disparitions, Dumont s’amuse à dézinguer tout ce qui bouge: les riches sont dégénérés et consanguins, les pauvres sont de brutaux cannibales et les policiers une belle bande d’abrutis! Hommage aux slapsticks, avec son lot de chutes, et à un surréalisme qui fait penser à Tati, « Ma Loute » est jubilatoire et laisse même poindre une lueur d’espoir à travers la relation Billie/Ma Loute! De courte durée…

4.5

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Critique Dvd: les Opportunistes

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  • Réalisé par :
    Paolo Virzi
  • Avec :
    Valeria Bruni-TedeschiValeria GolinoFabrizio Bentivoglio
  • Durée :
    1h49min
  • Pays de production :
    Italie
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Il capitale umano
  • Distributeur :
    Bac Films

LE FILM:

4

 

Près du Lac de Côme en Italie. Les familles de la richissime Carla Bernaschi et de Dino Robelli, agent immobilier au bord de la faillite, sont liées par une même obsession : l’argent. Un accident la veille de Noël va brutalement changer leurs destins.

Sur une structure à la Rashomon, une même action vue par trois personnages différents, Paolo Virzi bâtit son nouveau film. A travers ce film choral, Virzi dresse un portrait acide de l’Italie et d’une certaine bourgeoisie qui fonde sa richesse sur la chute de son pays. Esthétiquement léché, le nouveau film de Virzi repose sur une interprétation réjouissante de l’ensemble du casting, notamment Valeria Bruni-Tedeschi et Valeria Golino mais aussi de la ravissante Matilde Gioli aux faux airs d’Ornella Mutti!

TECHNIQUE:

4

 

Correct!

BONUS:

1

 

On trouve ici une scène coupée et des bandes annonces! Bof…

VERDICT:

4

 

Un portrait acide de l’Italie d’aujourd’hui porté par un casting sublime!

Disponible en DVD(19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Bac Films

 



LES MAINS EN L’AIR (2009)

Mars 2067, une femme, Milana, d’origine tchétchène, se souvient de son enfance. En 2009, elle est en classe de CM2 à Paris. Avec ses copains Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef, elle se livre à de petits trafics de jeux vidéo piratés ou de bonbons. Un jour, Youssef, sans papiers, est expulsé. L’angoisse monte d’autant que Milana est elle aussi en situation irrégulière. La mère de Blaise accepte dans un premier temps d’héberger Milana afin de lui éviter une reconduite à la frontière. Le danger se faisant de plus en plus proche, la bande de copains décide de se cacher…

Dès le début du film, Goupil nous présente Milana, narratrice et personnage principal du film, en 2067. Cette trouvaille scénaristique donne tout de suite au film cet aspect engagé propre au réalisateur. Milana nous explique en effet comment l’on traiter les enfants à cette époque, la notre donc, même si elle ne se souvient plus qui était Président de la République à cette époque. Avec ce recul, le spectateur se trouve tout de suite dans la prise de conscience, avec ces classes surchargées et ces rafles pour expulser les sans-papiers adultes comme enfants.

Avec ce postulat de départ, Goupil nous présente ensuite cette bande de copains qu’on ne quittera plus jusqu’à la fin. A travers les yeux de ces enfants, c’est toute la cruauté de cette politique qui frappe le spectateur. D’autant que la vision des enfants est pure, dénuée de tout calcul, guidée uniquement par leurs sentiments.

Le plus cocasse dans le film , c’est d’avoir confié le rôle de la mère de Blaise, hyper engagée, à la belle-soeur de notre Président, Valéria Bruni-Tedeschi. Elle y est parfaite ainsi que son mari, incarné par Romain Goupil lui-même.

Un savoureux mélange entre « la guerre des boutons » et « welcome » empreint de tendresse et de drôlerie mais qui constitue un grand cri de révolte contre la politique d’immigration version Sarkozy. Tout simplement utile!