Critique Reprise: Propriété Privée

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Duke et Boots sont deux voyous. Un jour, alors qu’ils traînent du côté d’une station service ils voient une jeune femme à bord d’une belle voiture et décident de la suivre. Ils s’installent à côté de chez elle dans une villa inhabitée afin de l’épier…

Le 7 septembre prochain, grâce à Carlotta Films, les spectateurs pourront découvrir un film méconnu mais qui mérite toutefois largement le détour, « Propriété Privée », réalisé par le tout aussi méconnu Leslie Stevens. Sur la forme, il s’agit ici d’un thriller totalement maîtrisé sur un duo de marginaux ayant jeté leur dévolu sur une « desperate housewife » délaissée par un mari obsédé par son travail. Le suspense est rondement mené, la tension montant crescendo jusqu’à un final tendu comme un arc. Sur le fond, Stevens offre ici un portrait acide de l’American Dream, alors que dans l’une des premières scènes du film, un bourgeois explique aux deux marginaux qu »il y a des choses qui ne se mélangent pas » quand ils semblent intéressés par la riche épouse. La description de la vie du couple de bourgeois est également sans équivoque: la femme est au foyer et fait partie des meubles, attendant l’argent de poche que voudra bien lui verser son époux. Elle aura beau user de ses charmes, son mari ne lui prête guère attention. Si l’on connaît très peu ce film, on peut aisément penser qu’il ait pu inspirer d’autres oeuvres tant l’on pense tantôt aux « Nerfs à vif », aux « Chiens de paille », « Orange Mécanique » ou encore au « Funny Games » d’Haneke. Brillamment mis en scène et superbement photographié, « Propriété privée » vaut pour l’interprétation de Corey Allen et du débutant Warren Oates! Un chef d’oeuvre à découvrir absolument!!!

4.5

 

Critique Bluray: La Belle Equipe

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Réalisation Julien Duvivier
Scénario Julien Duvivier

Charles Spaak

Acteurs principaux
Sociétés de production Ciné-Arys
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 101 minutes
Sortie septembre 1936

LE FILM:

5

Cinq amis, ouvriers au chômage et révoltés, gagnent à la Loterie nationale grâce à un billet acheté en commun. Ils décident de construire ensemble une guinguette en bord de Marne.

Sorti seulement cinq mois après la victoire du Front Populaire, « la belle Equipe » de Julien Duvivier se trouve, après une projection test, massacré par une fin optimiste qui modifie complètement les intentions du réalisateur, faisant ainsi du film le symbole de ce Front Populaire. Monté avec la « vraie » fin, présentée ici, le film reflète complètement la vision de Duvivier qui ne croit pas en la fraternité de surface qui unit cette « bande de potes ». Ce groupe d’ouvriers exploités va ici, à la suite d’un évènement extraordinaire, prendre son destin en mains, monter sa propre entreprise, avant que les intérêts de chacun fassent exploser leurs idéaux, jusqu’au drame. Magnifiquement mis en scène, le film repose surtout sur un casting parfait, Gabin et Vanel en tête. L’un des chefs d’oeuvre du Cinéma Français de l’entre deux guerres.

TECHNIQUE:

4.5

La copie présentée ici est somptueuse par sa définition et son son remarquablement clair. Seul un grain assez présent est à noter, compréhensible pour l’âge du film.

BONUS:

3.5

On trouve ici un documentaire très instructif de Jérôme Wybon avec des entretiens avec Eric Bonnefille et Hubert Niogret, et montage d’archives avec Charles Spaak, Viviane Romance et Armand Panigel.

VERDICT:

5

Indispensable!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez Pathé