Critique: Les Misérables

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Réalisation Ladj Ly
Scénario Giordano Gederlini
Ladj Ly
Alexis Manenti
Acteurs principaux

Damien Bonnard
Alexis Manenti
Djibril Zonga

Sociétés de production SRAB Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame policier
Durée 102 minutes
Sortie 20 novembre 2019

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

Premier film de Ladj Ly, membre du collectif Kourtrajmé, « Les Misérables » est le film évènement du dernier Festival de Cannes, le film qui a remué la Croisette. Près de 25 ans après « la Haine » de Kassovitz, le constat est le même, une partie de la population est ghettoïsée dans les banlieues et l’incompréhension règne entre eux et les représentants de l’Etat. Ces gens-là vivent donc au quotidien sur une poudrière que la moindre étincelle peut enflammer. Cette étincelle arrive lorsque Chris, Gwada et le rookie Stéphane, membres de la BAC, sont pris à partie par une bande de gamins et que l’un d’eux perd son sang froid et tire un coup de flash ball à bout portant sur l’un d’eux. Cerise sur le gâteau, la bavure est filmée par le drone d’un enfant de la cité. Si Stéphane souhaite jouer carte sur table concernant l’incident, ses deux collègues préfèrent régler l’incident à leur manière! Extrêmement réaliste, le premier film de Ladj Ly a la bon goût d’exposer tous les points de vue, celui des flics, des jeunes, des anciens de la Cité, des imams, en évitant soigneusement de prendre parti, et tout ceci avec un vrai désir de cinéma. A ce titre, l’une des dernières scènes est un bijou de tension dont on se souviendra longtemps, jusqu’à un final qui nous laisse le souffle coupé!

4

 

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Critique: Bacurau

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Réalisation Kleber Mendonça Filho
Juliano Dornelles
Scénario Kleber Mendonça Filho
Juliano Dornelles
Sociétés de production SBS Productions
Pays d’origine Drapeau du Brésil Brésil
Genre drame
Durée 132 minutes
Sortie 25 septembre 2019

Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte. 

Trois ans après le Magnifique « Aquarius« , le Brésilien Kleber Mendonça Filho revient en compétition à Cannes et y décroche un prix du jury pour « Bacurau », film ô combien surprenant. Une jeune femme revient dans son village, Bacurau, pour y assister aux obsèques de la matriarche Carmelita. Premier signe d’étrangeté, des cercueils parsèment le chemin qui mène au village. Avant l’enterrement, un vieux du village distribue à la jeune femme une petite pilule qui semble être un psychotrope. Plein de petits évènements instaurent ainsi un climat des plus curieux, Mendonça, passant d’un personnage à l’autre sans que l’on comprenne vraiment où il veut en venir. Puis à la moitié du film, le film opère un virage brutal avec l’entrée en jeu d’un groupes d’Américains surarmés et d’un homme politique corrompu. Bacurau évoque alors le western, les films de Carpenter ou encore « les Chasses du Comte zaroff ». Le cinéaste s’amuse à délivrer un message politique qui ne parlera pas forcément au public étranger, à coup de scènes parfois ultra-violentes. Le film de Mendonça est tout à la fois ludique, follement original et toujours surprenant!

4.5

Critique: Parasite

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Titre original 기생충
Réalisation Bong Joon-ho
Scénario Bong Joon-ho1
Han Jin-won2
Acteurs principaux
Sociétés de production Barunson E&A3
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Genre drame horrifique
Durée 131 minutes4
Sortie 5 juin 2019

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Après deux productions américaines (« Snowpiercer » et « Okjo »), le Sud-Coréen Bong Joon Ho revient dans son pays et nous offre son septième long métrage, décrochant pas moins que la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes! Forte était donc l’attente pour ce film qui a véritablement enthousiasmé la Croisette. Depuis ses débuts, si Bong Joon Ho a toujours offert de vrais moments de cinéma, plaçant toujours le plaisir du spectateur en première ligne, il n’a jamais cessé de s’interroger sur l’avenir de la planète (The Host, Snowpiercer, Okja) ou dénoncer les manquements de la justice coréenne (Mother, Memories of Murder), bref de susciter la réflexion.

Avec « Parasite », curieux mélange de comédie, thriller ou film d’horreur, Bong Joon Ho nous relate l’histoire d’une famille de paumés qui ne voient que les petites combines pour tenter de s’en sortir. Le fils de famille a l’opportunité de se faire engager comme professeur d’Anglais pour la fille d’une riche famille. Une fois dans la place, il décide de tout faire pour faire engager tous les membres de sa famille à différents postes chez ces gens. Remarquablement écrit, « Parasite » parvient à dérouler 2h10 de film sans aucun temps mort et en surprenant sans cesse son public, jouant notamment sur ses ruptures de ton et naviguant entre les genres. Quant à la mise en scène, elle est elle aussi d’une inventivité dingue, notamment dans l’exploitation du décor de la maison bourgeoise dans laquelle la caméra virevolte. Sur la forme, le film de Bong Joon Ho est une vraie déclaration d’amour au 7ème art mais aussi à son public. Sur le fond, même s’il s’en défend, le cinéaste fait clairement un film politique, dénonçant une société coréenne plus que jamais scindée en deux, la classe de la haute bourgeoisie et une classe quasi miséreuse dénuée de tout espoir de s’en sortir, si ce n’est par la ruse. Cela faisait bien longtemps qu’une Palme d’Or n’avait autant réconcilié critique et public; il serait dommage de s’en priver!

5

Critique Bluray: La Mule

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Titre original The Mule
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Nick Schenk
Acteurs principaux
Sociétés de production Malpaso Productions
Warner Bros.
Imperative Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 116 minutes
Sortie 23 janvier 2018

LE FILM:

5

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain…

Il y a seulement quelques mois, Clint Eastwood réalisateur nous gratifiait de l’un de ses plus mauvais films que l’on priait qu’il ne soit pas le dernier, à 88 ans, « le 15h17 pour Paris« ! Heureusement non, le revoilà également devant la caméra, dix ans après « Gran Torino »! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Eastwood ne se lance pas dans le film animalier mais dans l’histoire d’une mule, un passeur de drogue, mais d’un genre un peu différent! Inspiré d’une histoire vraie, le nouveau film d’Eastwood met en scène Earl Stone, un octogénaire qu’internet vient de ruiner. Rejeté par sa famille qu’il a négligée toute sa vie, il accepte de convoyer des sacs, dans un premier temps non identifiés, en échange de grosses sommes d’argent. Quand il s’apercevra de la nature des marchandises qu’il transporte, il continuera malgré tout. Dans le même temps un agent de la DEA entreprend de faire le coup de filet de sa vie. A côté de ses activités illicites, il tente de renouer les liens avec sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Si Eastwood a souvent joué avec son âge, il apparaît pour la première fois tel qu’il est, un homme de bientôt 90 ans, avec une démarche et des mains qui ne trompent pas. Si son physique ne fait pas le poids à côté des chicanos qu’il fréquente, son esprit lui, tient largement la distance et il en joue, force répliques cinglantes comme lorsqu’il conseille à l’un de ses « employeurs » qui en a plein le cul de lui d’ »aller chez le proctologue »! Son aventure picaresque où chacun de ses « voyages » lui fait battre de nouveaux records est souvent drôle, toujours prenante alors que l’on sent l’étau se resserrer mais l’issue du périple d’Earl Stone est pleine d’émotion, résonnant comme un chant du cygne pour l’un des derniers géants d’Hollywood! Bravo!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

2.5

Outre un clip de la chanson du générique, on trouve un court making of d’une dizaine de minutes sans grand intérêt.

VERDICT:

4.5

Une édition minimaliste pour l’un des grands films d’Eastwood!

Disponible en DVD, bluray et bluray 4K chez Warner Bros

Critique Bluray: Le Retour de Mary Poppins

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Titre original Mary Poppins Returns
Réalisation Rob Marshall
Scénario David Magee
Acteurs principaux
Sociétés de production Marc Platt Productions
Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre fantastique
Durée 130 minutes
Sortie 19 décembre 2018

LE FILM:

4.5

Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages plein de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

Plus de cinquante ans après les premières aventures de la nounou Mary Poppins, Disney remet le couvert! Alors qu’Hollywood ne fait plus que recycler des recettes qui ont marché, parfois avec réussite souvent beaucoup moins, on avait tout à craindre de ce retour. Rob Marshall ne cherche pas à moderniser l’original: l’histoire se déroule toujours dans le Londres du début du 20ème siècle et la forme est la même avec notamment ce mélange entre film et dessin animé, à l’ancienne. Emily blunt compose une Mary Poppins des plus convaincante et le reste du casting est au diapason (Ben Wishaw, Colin Firth…), une petite réserve cependant pour le personnage incarné par Meryl Streep, un peu too much! Histoire touchante sur fond d’expropriation, scènes animées poétiques, chorégraphies emballantes (notamment le ballet des allumeurs de réverbères top!), magie à tous les niveaux, ce retour de Mary Poppins est une jolie réussite qui ravira petits et grands !

TECHNIQUE:

4.5

Un must à tous niveaux!

BONUS:

3.5

Si l’ensemble des bonus est très orienté promo, le contenu est là!

On trouve ici:

Version karaoké du film
Le retour de Dick Van Dyke
Bêtisier
Un nouveau point de vue sur les numéros musicaux
Making of
Chanson coupée : « Le zoo anthropomorphique »
Scènes coupées :
– « Au revoir »
– « Luminomagifantastique »

VERDICT:

4.5

Une suite qui mérite l’investissement!

Disponible En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins et en VOD depuis le 26 avril chez Disney DVD 

-les films comiques favoris des spectateurs

Critique: Douleur et Gloire

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Titre original Dolor y gloria
Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre comédie dramatique
Durée 113 minutes
Sortie 17 mai 2019

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Présenté en compétition lors cette dernière édition du Festival de Cannes, le nouveau film de Pedro Almodovar permettra-t-il au cinéaste espagnol de décrocher une Palme si convoitée? Pas impossible!

Sur l’affiche, on voit Antonio Banderas et son ombre qui ressemble étrangement au cinéaste ibère. En effet, Banderas interprète un réalisateur en panne créative, tiraillé par toutes sortes de maux physiques ou psychologiques. Pour les soulager, il cède aux addictions tout en revenant sur sa vie. Fortement autobiographique, « Douleur et Gloire » convoque deux des muses d’Almodovar, Banderas et Penelope Cruz et se présente comme un film presque testamentaire. Sobre et délicat, parfois vraiment émouvant, ce nouveau film du Maître donne également l’occasion à son interprète principal de livrer l’une de ses plus belles prestations. Cet hommage à la création extrêmement personnel pourrait bien être le film de la consécration mais restera quoi qu’il arrive l’un des grands films du maître.

4.5

Court-Métrage: « Je Suis Caucasien »

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Suite à mon dernier article sur un court-métrage abordant les contradictions d’une génération prise en étau entre ses valeurs et les problématiques de notre société moderne, j’ai sélectionné un film qui aborde cette fois-ci les problèmes de stéréotype.

Egalement présenté au Nikon Film Festival, le court JE SUIS CAUCASIEN d’Olivier Riche aborde ce vaste sujet qui peut toucher chacun d’entre nous, en faisant un focus sur les préjugés de nationalité.

Le film narre l’histoire d’un jeune acteur noir qui se présente à un casting dont une des prérogatives est d’être caucasien. Il est reçu par une femme qui, surprise par sa couleur de peau, lui explique qu’il a dû se tromper de casting et se met maladroitement à lui proposer un autre rôle…

Un enchaînement de champs-contrechamps nous fait découvrir les émotions de chacun des protagonistes, au fur et à mesure de l’échange, autant étonnés l’un que l’autre par ce qu’il est en train de se passer. L’une est prise au piège des stéréotypes véhiculés par notre société, tandis que l’autre se retrouve confronté à des préjugés bien enracinés.

Ce court, qui pose le problème de l’étiquette de la couleur de peau, est tourné de manière amusante. Le jeu des acteurs est bon. J’ai été d’autant plus touchée par la réalisation qu’elle met en exergue les préjugés et les stéréotypes que l’on peut retrouver dans l’univers du Cinéma…

Je vous annonce un twist de fin très sympa, et vous laisse donc découvrir la suite en visionnant le cours sur le site du festival https://www.festivalnikon.fr/video/2018/418

Farah Parfait, réalisatrice engagée pour le court-métrage

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