CRITIQUE DVD: TALK RADIO

LE FILM:

Barry Champlain anime une émission à succès sur une radio locale de Dallas. Cynique, cru, méchant, il provoque les noctambules qui l’appellent et lui livrent des récits souvent sinistres. Alors que l’émission doit désormais être diffusée à l’échelle nationale, Barry voit son ex-femme revenir à Dallas et les menaces antisémites à son égard se multiplier. Pris dans une surenchère de violence verbale, il s’isole dans la mégalomanie et l’angoisse…
Tourné entre « Wall Street » et « Né un  4 juillet », « Talk Radio » est l’un des films les moins connus d’Oliver Stone mais peut-être l’un des meilleurs. Avec un budget minuscule et un casting sans grosses pointures, Stone traque comme toujours les vices de son pays en s’intéressant ici aux médias, plus spécialement au phénomène des radios libres. Quasi huis-clos (90 % du film se passe dans la station de radio), le film permet à Oliver Stone de montrer de réelles qualités de cinéaste, lui qui fut souvent raillé pour son syle un peu grossier. Le film vaut également pour la prestation impressionnante de son acteur principal Eric Bogosian qui n’eut pourtant pas une carrière à la hauteur de ce rôle.
Jamais édité en DVD, le film sort dans une copie restaurée de qualité même si elle conserve un léger grain très Vintage!

LES BONUS:

En plus de la traditionnelle bande-annonce, un entretien très intéressant (30 mins) du réalisateur qui revient sur la genèse du projet et son tournage. Il explique en particulier combien le tournage de « Talk Radio » lui a servi d’entraînement à la caméra Dolly pour « Né un 4 juillet »!

VERDICT:

Une belle occasion de (re)découvrir un film méconnu d’Oliver Stone!

Disponible dès le 18 janvier en DVD (14,99 euros) chez Carlotta Films.

 

CRITIQUE: CARNAGE

Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et l’un des deux se retrouve avec deux dents cassées. Les parents de la « victime » demandent à s’expliquer avec les parents du « coupable ». La rencontre des deux couples pourrait se transformer en carnage…

Avec « Carnage », Polanski adapte une pièce de Yasmina Reza, y trouvant l’occasion de revenir à un huis-clos et à un décor qu’il affectionne, l’appartement. Alors qu’il abritait un enfant maléfique dans « Rosemary’s baby » ou qu’il était lui-même chargé de mystère dans « le Locataire », l’appartement ici n’est que le vivarium de la comédie humaine. On y observe deux couples d’un niveau socioculturel assez élevé qui, à la suite d’une dispute violente entre leurs enfants, vont voir à petites touches leur vernis social sauter petit à petit pour découvrir leur véritable visage, le même que celui de leurs enfants.

Véritable jeu de massacres entre les quatre personnages ponctué d’alliances qui se font et se défont au gré des déclarations de chacun, le film repose entièrement, comme une pièce de théâtre, sur le texte et ses acteurs. John C. Reilly, Kate Winslet et le génial Christoph Waltz sont parfaits, Jodie Foster malheureusement un peu moins (son jeu m’a personnellement beaucoup gêné). Polanski livre donc une fantaisie brillamment mise en scène mais qui restera un pur exercice de style et un film mineur de sa filmographie.