CRITIQUE BLU-RAY: CONVERSATION SECRETE

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LE FILM: 9/10

Harry Caul est un professionnel de l’écoute. Il enregistre des conversations sur contrat, froidement, sans jamais s’impliquer. Cette obsession a des conséquences sur sa vie privée, il se montre distant jusqu’à la paranoïa avec ses collègues, et même son amie. Seul l’intéresse le travail bien fait. Mais les choses changent lorsqu’en espionnant un couple pour le compte d’un homme d’affaires, Harry suspecte qu’un crime pourrait etre commis.

Tourné entre les deux premiers volets du Parrain, Conversation Secrète coïncide avec le scandale du Watergate. Fortement inspiré du Blow-Up d’Antonioni sur le fond (si le personnage ne prend pas de photos de ses cibles, il les écoute), il s’en inspire également sur la forme, se tenant assez loin des standards hollywoodiens.Coppola réalise ici un grand film sur la solitude avant tout avec ce personnage incarné par Gene Hackman, obsédé par sa dernière mission. Brillamment mis en scène, Conversation Secrète distille un climat très spécial qui s’alourdit de plus en plus jusqu’à un sommet de paranoïa. Le Piano jazzy de David Shire est indissociable de cette formidable Palme d’Or.

TECHNIQUE: 9/10

Malgré un grain assez présent, la copie offre une définition exemplaire et des couleurs magnifiques!

BONUS: 10/10

Des bonus à foison et passionnants: un court making of, une interview du compositeur par Coppola lui-même, des essais des comédiens, un court entretien avec le réalisateur, et une rencontre entre Coppola et les étudiants de la Femis!

VERDICT: 9.5/10

Une édition remarquable pour un grand film!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez PFC



CRITIQUE: TWIXT

Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des Etats-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

Après « Tetro« , Coppola père continue sur la voie du film indépendant à petit budget et tourne en numérique son film peut-être le plus personnel mais pas le plus réussi, loin de là! Reprenant l’histoire vue et revue d’un écrivain sur le retour, cherchant le sujet qui pourrait relancer sa carrière en s’imbibant d’alcool, il tente clairement le parallèle avec sa vie d’artiste d’autant que l’écrivain en question a perdu sa fille dans un accident de bateau, drame également vécu par le réalisateur. Au cours de ses rêves, l’écrivain (incarné par un Val Kilmer qui ne rentrera bientôt plus dans le cadre) croise Edgard Allan Poe qui lui prodigue des conseils d’écriture et tente dans le même temps de résoudre la mystérieuse histoire de meurtre. En passant au noir et blanc parsemé d’éléments en couleur (de préférence rouge), Coppola utilise le truc déjà employé dans « Rusty James » avec le poisson rouge et donne aux séquences oniriques une qualité plastique indéniable. Reste que le scénario complètement foutraque, entre déjà vu et réflexion philosophique lourdingue sur la création, fait de ce film l’un des moins intéressants du Maître. Dommage! Un conseil, revoyez Tetro!