CRITIQUE DVD: SUPERSTAR

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LE FILM: 7/10

Comme tous les matins, Martin Kazinski se lève pour aller travailler. Mais ce jour là est différent de tous les autres, des centaines de personnes le reconnaissent dans la rue et rapidement la foule s’amasse autour de lui. Pourquoi ? Qu’à t-il fait pour devenir célèbre ? Et surtout comment redevenir la personne « banale » qu’il a toujours été ?…

En 2008, dans A l’Origine, le personnage incarné par François Cluzet faisait la une des journaux par ses multiples impostures. Quatre ans après, Xavier Gianolli nous propose de suivre Martin Kazinski, un inconnu propulsé sous les feux de la rampe sans qu’il ne l’ait souhaité ni qu’il ne sache pourquoi. L’objet de ce scénario totalement kafkaïen n’est pas de comprendre comment cet homme est devenu connu de tous mais plutôt de disséquer le mécanisme de la célébrité au 21ème siècle et de dresser une critique acide du voyeurisme de nos sociétés. Mené avec rythme et porté par une mise en scène au cordeau, ce film, à la fois comédie et thriller médiatique, se laisse regarder avec  plaisir teinté d’un certain malaise! En effet, les médias en prennent pour leur grade mais le citoyen lambda également dans sa propension à ériger en Dieu n’importe qui pour le descendre plus bas que terre à la première occasion!

Côté casting, Cécile de France est parfaite dans son rôle de productrice télé et le choix de Kad Merad est finalement justifié tant il incarne à la perfection le type « banal »!

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur la copie proposée sur ce DVD, bon travail!

BONUS: 6/10

Outre la bande-annonce du film, on trouve une courte interview de Xavier Gianolli (7 mins) et un très bon court-métrage de Gianolli en N et B, l’Interview, avec Mathieu Amalric.

VERDICT: 7/10

Une bonne surprise loin des pochades habituellement prisées par son interprète!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Wild Side Video dès le 23 janvier.

 


AU-DELA (2010)

Au-delà est l’histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu’elle soulève. George est un Américain d’origine modeste, affecté d’un « don » de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, survit miraculeusement au tsunami qui frappe Phuket (une scène aux effets spéciaux d’un autre âge!) et en est durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd son frère jumeau, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l’Au-delà.

Grande était ma crainte de voir le grand Clint se perdre dans une « Shyamalanerie » comme pouvait le laisser présager la bande annonce. Ce n’est pas le cas et c’est déjà une bonne chose. Plutôt qu’un thriller mâtiné de surnaturel, Eastwood livre une espèce de mélodrame métaphysique mettant en parallèle trois histoires plutôt à la façon Lelouch, et l’on ne peut pas dire que cela fonctionne. Toute la partie française compètement dénuée d’intérêt fait, dans la forme, fait furieusement penser à un mauvais téléfilm de TF1 et la pauvre Cécile de France s’est bel et bien noyée dans son rôle. C’est l’histoire du petit londonien qui est de loin la plus intéressante, celle du médium frôlant plus d’une fois le ridicule. Au bout de deux heures interminables, les trois histoires finissent enfin par se rejoindre d’une manière plus que tirée par les cheveux en nous assénant la morale suivante: les vivants sont plus importants que les morts. M. Eastwood, je vous en supplie, je pensais que vous aviez touché le fond avec Invictus mais ça commence à faire beaucoup. Ne nous laissez pas là-dessus!