Critique: Tel Père Tel Fils

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  • Réalisé par :
    Hirokazu Kore-Eda
  • Avec :
    Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Yoko MAKI…
  • Durée :
    2h
  • Pays de production :
     Japon
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Soshite chichi ni naru
  • Distributeur :
    Le Pacte

Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l’hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste…

Prix du jury au dernier Festival de Cannes, le dernier film de Kore-Eda a tellement séduit le président Steven Spielberg qu’il en a acheté les droits en vue d’en produire un remake! Le cinéaste japonais s’intéresse à nouveau à la famille et à l’enfance à travers cette fois une réflexion sur la filiation. Si le sujet n’est pas sans rappeler le film d’Etienne Chatiliez, « la Vie est un long fleuve tranquille », Kore-Eda ne se livre pas ici à une satire sociale mais nous interroge sur ce qui constitue le fait d’être parent à travers une question: les liens du sang sont-ils les plus forts ?

Sans jamais flirter avec le pathos, Tel Père Tel Fils navigue sans cesse entre légèreté et humour, et une émotion qui vous étreint à plusieurs reprises. Si Ryoata paraît antipathique, uniquement guidé par la réussite professionnelle, presque soulagé d’apprendre que cet enfant trop doux n’est pas le sien, il dévoilera ses failles et comprendra que devenir père n’est pas inné.

Un très beau film mis en scène avec pudeur et néanmoins plein d’émotion!

NOTE: 9.5/10

 

CRITIQUE BLURAY: POST TENEBRAS LUX

710CdnXugPL__SL1500_LE FILM: 6/10

Au Mexique, Juan et sa jeune famille ont quitté la ville pour s’installer à la campagne. Là, ils profitent et souffrent d’un monde qui voit la vie différemment. Juan se demande si ces mondes sont complémentaires, ou bien s’ils s’affrontent inconsciemment pour s’éliminer entre eux.

Prix de la Mise en scène à Cannes l’an dernier,  Post Tenebras Lux du Mexicain Carlos Reygadas fut loin de faire l’unanimité auprès des festivaliers. Succession de scènes sans lien apparent, le film de Reygadas tend plus vers l’œuvre d’art contemporain que vers du cinéma pur. Après une scène d’ouverture de toute beauté, où l’on voit une enfant dans la nature criant tantôt après ses parents, tantôt après les animaux, le film nous montrera un démon cornu rouge entrant dans la maison une caisse à outils à la main, le couple de personnages principaux se perdre dans une boîte à partouze en France, une réunion d’alcooliques anonymes, etc…

Si l’on se demande tout au long du film, où Reygadas veut nous emmener, son film reste tout de même réjouissant dans sa recherche plastique et ses audaces. Tourné au format carré, le film voit certaines de ses scènes tournées par exemple avec une lentille spéciale donnant l’impression de voir à travers un cul de bouteille avec du flou sur les bords du cadre. Post Tenebras Lux est donc un film parfois très beau mais déstabilisant et déconcertant!

TECHNIQUE: 9/10

Parfait!

BONUS: 8/10

En guise de bonus, on trouve un making of ainsi qu’une interview du réalisateur (en Français!) qui s’explique sur ses choix, pas toujours justifiés d’ailleurs.

VERDICT: 6.5/10

Une expérience cinématographique à tenter…

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (29.99 euros) chez Blaq Out