CRITIQUE: LE TEMPS DE L’AVENTURE

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Une journée. Un train. Deux inconnus. Des échanges de regards, le cœur qui bat. Le regarder partir, le perdre à tout jamais ou s’offrir au temps de l’aventure ? Et si la vie d’Alix basculait…

Le temps de l’aventure dans le film de Jérôme Bonnell, c’est le temps d’une journée. Une journée au cours de laquelle Alix, en partance pour un casting (elle est comédienne), va croiser le regard d’un inconnu, le genre d’échange de regards qui bouleverse une vie. De l’autre côté, son fiancé injoignable est le seul élément qui pourrait l’empêcher de céder à une tentation trop forte. Consciente de la bêtise qu’elle s’apprête à faire, elle ne parvient toutefois pas à résister, d’autant que par hasard elle apprend où retrouver cet inconnu (Gabriel Byrne).
Personne depuis David Lean et son « Brève Rencontre » n’avait à ce point fait ressentir cette fièvre de la rencontre interdite et le poids du choix à faire entre la raison et la folie. N’évitant jamais le silence ni le jeu des regards, Bonnell s’appuie sur son exceptionnel duo d’acteurs, notamment Emmanuelle Devos, au jeu d’une richesse toujours épatante. Elle parvient à faire ressentir au spectateur tous les tourments de son personnage, en particulier lors d’une scène dans la chambre d’hôtel où notre cœur ne peut que s’emballer.
L’une des originalités du film est l’apparition d’un certain burlesque lors de quelques scènes donnant une respiration au récit. Quant à la bande originale faisant large place à Vivaldi, c’est une splendeur.
À la fin de ce temps de l’aventure, alors qu’Alix doit rejoindre sa troupe de théâtre pour un spectacle, elle devra faire le choix entre vivre et jouer…
Pour le spectateur, c’est assurément l’une des plus belles histoires d’amour depuis longtemps !

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE DVD: Le Cheval Venu de la Mer

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LE FILM: 8/10

Papa Riley est un « tinker », un nomade irlandais qui a choisi de se sédentariser dans la banlieue de Dublin depuis la mort de sa femme. Alcoolique, il vit misérablement avec ses deux fils Tito et Ossie. Un jour, Ward, son beau-père resté nomade, passe voir sa famille. « Grand-père », comme on l’appelle, a un drôle de compagnon : un cheval nommé Tir na nOg qui est selon lui plus qu’un animal… Une indéfictible amitié se noue entre Tir na nOg et les enfants…

« Le Cheval venu de la mer », réalisé en 1993, sort un an avant « 4 Mariages et un enterrement », et fait partie des derniers film anglais de Mike Newell avant sa carrière américaine (Donnie Brasco, Harr Potter et la coupe de feu ou Prince of Persia). Sur un scénario très finement écrit et extrêmement riche de Jim Sheridan, Newell nous offre un vrai conte pour enfants mais qui ravira les adultes grâce à ses multiples niveaux de lecture: outre la fuite des enfants avec leur cheval, il y est ici question de la condition des nomades et de la reconstruction d’une famille après un deuil.

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Dans la forme, l’idée géniale est d’avoir traité l’histoire comme un western, genre qui passionne les deux jeunes héros. Ils sont en fuite, recherchés et pourchassés par la police (la cavalerie et le shériff), mangent des fayots cuits au feu de bois et sont stigmatisés comme l’étaient les Indiens dans les westerns.

Magnifiquement filmée, cette magnifique histoire est portée par un casting parfait: outre les deux gamins admirables, Gabriel Byrne, Ellen Barkin et Brendan Gleeson livrent une partition sans fausses notes! Un très beau film familial!

TECHNIQUE: 8/10

Pas de souci avec cette édition; à noter la présence dans les deux langues de versions stéréo et 5.1.

BONUS: 8/10

Outre un making of assez court sur le tournage de la séquence finale sans commentaire, on trouve un entretien avec Joelle Baland, conseillère technique du film et dresseuse, un entretien avec Mario Luraschi, cascadeur équestre et un entretien avec l’équipe du film.

VERDICT: 8/10

Un très beau film pour toute la famille!

Disponible en DVD (14,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez MK2 dès le 5 décembre