CRITIQUE BLU-RAY: BANDE A PART

LE FILM: 5/10

Les mésaventures tragi-comiques de deux jeunes malfrats, Frantz et Arthur, qui avec l’aide d’Odile, jeune fille naïve, tentent un coup minable : dérober une somme d’argent volé au fisc par l’oncle d’Odile…

Juste après « le Mépris », Godard fait appel à la Columbia pour produire son nouveau film pour une bouchée de pain. Ce sera « Bande à Part » avec Claude Brasseur, Sami Frey et Anna Karina dans le rôle de deux petits escrocs et d’une jeune fille naïve qu’ils vont instrumentaliser.

Je dois avouer que je ne suis pas fan de Godard et ce film ne m’aura pas fait changer d’avis. Le discours lénifiant du réalisateur en voix off n’arrange rien à l’affaire! Je reste décidément complètement hermétique au style du réalisateur suisse.

Mise à part ces considérations complètement subjectives, la copie proposée sur ce blu-ray est absolument parfaite!

LES BONUS: 9/10

Outre la bande-annonce, on trouve sur ce blu-ray les interviews d’Anna Karina (en béatitude devant Godard!) (39 mins), de Claude Chabrol quelques semaines avant son décès (26 mins), d’Antoine de Baecque (16 mins), de Denitza Bantcheva (22 mins) et d’Alexandre Astruc (19 mins), les deux dernières étant exclusives au blu-ray!

VERDICT: 9/10

Un très beau blu-ray pour les fans de Godard!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Gaumont dès le 10 octobre.

 

CRITIQUE: LES YEUX SANS VISAGE (1959)

Un de mes films d’horreur favoris reste sans aucun doute « Les yeux sans visage » de Georges Franju sorti en 1960 sur les écrans.

Le scénario est signé de la plume de Boileau et Narcejac qui adaptent ici un roman de Jean Redon. L’amusant ici est que Boileau et Narcejac sont plus connus comme écrivains, notamment d’oeuvres à l’origine de scénarios comme « les Diaboliques » de Clouzot ou encore « Sueurs froides » du maître Alfred Hitchcock, deux chefs-d’oeuvre du Thriller.

L’histoire est celle de Christiane Genessier (incarnée par Edith Scob), fille d’un grand chirurgien esthétique, qui au cours d’un accident de la route, se retrouve totalement défigurée. Son père, joué par Pierre Brasseur, la fait alors passer pour morte et la garde enfermée dans clinique privée, en rase campagne. Il va consacrer toute son énergie à lui reconstruire un visage, une identité.

Pour ce faire, son assistante (la grande Alida Valli),est chargée d’enlever de jeunes  et jolies étudiantes à qui le professeur Genessier va découper le visage afin d’en recouvrir sa fille.

Au rythme des échecs, les victimes vont se multiplier, dans l’horreur la plus totale. L’angoisse qu’inspire ce film réside uniquement dans l’ambiance qui s’installe petit à petit: ce visage toujours recouvert d’un masque blanc, la clinique à l’écart de tout, ces cris d’oiseaux et de chiens qu’on entend régulièrement et tout simplement cette peur viscérale de la perte du visage, siège de l’identité de chaque être humain.

A la même époque, deux autres films se rapprochent des Yeux sans visage dans leur traitement: « Psychose » d’Alfred Hitchcock et « les Diaboliques » d’Henri-Georges Clouzot. Rien d’horrible n’est montré, tout est suggéré: l’ombre derrière le rideau de douche dans le premier ou encore le travelling dans le couloir sur un bruit de machine à écrire dans le second.

Petite anecdote: on peut voir dans le rôle d’un des enquêteurs Claude Brasseur dans un de ses premiers rôles.

En 1988, un remake des « Yeux sans visage » est réalisé par Jess Franco avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie (dans une tentative de reconversion) et Stéphane Audran.

A l’inverse de son modèle, celui-ci est un film ultra-gore mâtiné d’un érotisme très années 80 avec porte-jarretelles et guêpière noire idoine, histoire de ne pas trop sous-employer la blonde starlette. C’est pourtant une belle réussite et une curiosité à (re)découvrir.

L’original et son remake sont tous les deux à voir en dvd parus chez René Chateau vidéo autour de 10 euros, ce qui reste tout à fait abordable.