CRITIQUE BLU-RAY: THE MASTER

613y8tv1nsL__AA1500_LE FILM: 9/10

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe…

Sixième long métrage de Paul Thomas Anderson ( Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia, Puch Drunk Love, There will be blood), The Master confirme l’immense talent de son metteur en scène.

Comme dans son précédent film, There Will Be Blood, il est ici question de foi. En effet, sans jamais le citer, le personnage incarné par Philip Seymour Hoffman présente quelques similitudes avec le créateur de la Scientologie Ron Hubbard. Le personnage de Dodd prend donc sous sa coupe Freddie pour en faire un fidèle adepte de la Cause.

Passionnant, le film d’Anderson reste tout de même difficile d’accès tant sa structure est complexe et son rythme très lent et déstabilisera de nombreux spectateurs. Sur le fond, The Master n’est toutefois pas le plus intéressant des films du cinéaste, manquant d’un vrai point de vue. Sur la forme, en revanche, c’est le film le plus abouti, proposant un résultat visuellement époustouflant. Tourné en 70 mm, il offre du début à la fin des plans d’une beauté à couper le souffle, que la BO de Johnny Greenwood ne peut que magnifier.

L’autre réussite du film tient évidemment à son duo de comédiens Philip Seymour Hoffman, comédien fétiche d’Anderson, en gourou et Joachin Phoenix, totalement habité par son personnage jusqu’aux déformations physiques. Sans oublier bien sûr Amy Adams dans le rôle de la femme du gourou, absolument glaçante, notamment dans une scène où elle prend le dessus sur son mari.

Un tel résultat amène le constat que le Cinéma Américain a de beaux jours devant lui que ce soit avec des cinéastes comme Anderson ou une génération de comédiens au talent inégalable!

TECHNIQUE: 10/10

Metropolitan nous a habitué à des blu-ray de grande qualité mais celui-ci surpasse tout! On en prend plein les yeux que ce soit avec les plans larges sur le désert ou les gros plans sur les visages d’une précision diabolique! Les oreilles ne sont pas en reste avec un 5.1 HD qui donne une puissance à la musique de Greenwood assez diabolique! Un résultat inouï!

BONUS: 8/10

Outre un making-of (8 mins) complètement abstrait, on trouve 21 mins de scènes coupées, des bandes-annonces et le superbe documentaire réalisé par John Huston sur le stress post-traumatique que l’on trouvait déjà sur dans le coffret « l’Amérique en Guerre » paru aux Editions Montparnasse!

VERDICT: 9/10

Un grand film dans un blu-ray d’anthologie!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Metropolitan Video dès le 15 mai.

 


CRITIQUE BLU-RAY: AU NOM DU PERE

81MN+MeuqLL__AA1500_LE FILM: 8.5/10

En 1975, Gerry Conlon, jeune délinquant originaire de Belfast, est arrêté par la police londonienne qui l’accuse d’être l’instigateur des attentats terroristes à Guildford pour le compte de l’IRA. Sous la pression des policiers, Gerry signe des aveux fabriqués de toutes pièces qui non seulement le mettent en cause mais également Pau Hill son ami d’enfance, un couple d’amis hippies, ainsi que plusieurs membres de sa famille dont son propre père.

Bien avant le risible Dream House, le réalisateur irlandais Jim Sheridan eut à son actif une poignée de film très réussis comme My Left Foot, Au nom du Père, The Boxer, In America ou encore Brothers. Au Nom du Père, son troisième film sorti il y a près de 20 ans était l’occasion de retrouver le comédien de son premier film Daniel Day Lewis pour raconter une page d’histoire de son pays. Le film retrace en effet l’histoire révoltante du jeune Gerry Conlon et de ses amis emprisonnés à tort pour un attentat qu’ils n’avaient pas commis et dont les preuves de leur innocence étaient soigneusement cachées.

Construit comme un long flashback dans lequel Conlon raconte tout à son avocate, Au Nom du Père se classe dans cette catégorie de grands films humanistes qui vous scotchent à votre fauteuil en éveillant en vous une âme de révolutionnaire, sentiment qu’on ressent devant des films comme la Liste de Schindler, La Dernière Marche,…

Si le film prend aux tripes à ce point, c’est évidemment lié à la qualité de son casting avec un Daniel Day Lewis comme toujours habité par son rôle, le regretté Pete Postlethwaite émouvant dans le rôle du père martyr de Conlon et Emma Thompson dans le rôle de l’avocate.

Un grand film qu’on a plaisir à retrouver en HD!

TECHNIQUE: 8/10

Une copie HD convaincante sans défaut véritable même si l’apport HD n’est pas flagrant.

BONUS: 0/10

Rien, pas même une bande annonce!

VERDICT: 8/10

Un grand film indispensable!

Disponible en blu-ray (14,99 euros) chez Universal Pictures dès le 23 mai