CRITIQUE BLU-RAY: FRENZY

LE FILM: 8/10

Londres est terrorisé par une succession de meurtres dont l’auteur demeure inconnu. Des femmes meurent étranglées par une cravate que l’assassin laisse au cou de ses victimes…

Pour son avant-dernier film et ce, après deux productions assez moyennes, « le Rideau Déchiré » et « l’Etau », le grand Hitch abandonne Bernard Hermann et les stars hollywoodiennes pour rentrer au bercail. C’est donc en toute logique que « Frenzy » s’ouvre sur un magnifique plan aérien de Londres et de la Tamise puis se rapproche d’un attroupement sur le quai. Le discours s’arrête brusquement et toute l’assistance (y compris le célèbre metteur en scène pour sa traditionnelle apparition!) se précipite: le cadavre d’une femme flotte, une cravate autour du cou.

On sait dores et déjà qu’on est devant un Hitchcock particulier: alors que dans toute sa filmographie, Hitch a souvent dissimulé l’horreur pour mieux stimuler l’imagination du spectateur et le terrifier d’autant plus, dans cette scène d’ouverture, il se montre cru. Le constat se confirme lors du premier meurtre qu’il montre à l’écran où il se permet même un gros plan sur la poitrine dénudée de la victime! A partir de cette scène, au bout d’une trentaine de minutes de film, on connaît le coupable et l’on assiste alors à la traque d’un innocent par des forces de l’ordre aux conclusions un peu hâtives. L’innocent désigné coupable nous confirme que l’on se trouve bien chez Hitchcock tant le thème fut un fil conducteur de sa filmographie.

Hitchcock équilibre la crudité de certaines scènes avec un humour flirtant souvent avec le grotesque et son casting, sans stars, sert à merveille ce propos avec une mention spéciale à Barry Foster!

Magnifiquement écrit par Anthony Shaffer à qui l’on doit l’exceptionnel « le Limier » de Mankiewicz, « Frenzy » est également un bijou de mise en scène ( on retiendra un plan séquence ahurissant du haut de l’escalier jusqu’au trottoir d’en face!) et d’humour noir!

La copie proposée sur ce blu-ray est de toute beauté; rien à dire!

LES BONUS: 8/10

Outre une bande-annonce et une galerie photos très fournie, on trouve un documentaire très complet de Laurent Bouzereau sur le film (que l’on trouvait déjà sur la dernière édition dvd )!

Disponible dans le coffret blu-ray qui sortira le 30 octobre au prix de 149,99 euros et en édition individuelle dans quelques mois, le tout chez Universal !

CRITIQUE BLU-RAY: DESPAIR

LE FILM: 8,5/10

Hermann Hermann, un propriétaire d’usine de chocolat dans l’Allemagne du début des années 1930, est hanté par des visions de son double. Partageant ses
fantasmes et ses perversions avec sa femme Lydia, il mène une vie protégée, grand-bourgeoise mais unidimensionnelle. Pendant un voyage d’affaires, il
rencontre le vagabond Felix et voit en lui son sosie qui lui inspire un plan risqué : Felix et Hermann vont échanger leurs rôles dans la vie…

Réalisé en 1978, « Despair » est l’adaptation d’un roman de Nabokov, « Méprise ». Film assez difficile d’accès, tant la narration, à l’image du psyché d’Hermann, est alambiquée, « Despair » est toutefois passionnant si l’on franchit cet obstacle. Magnifiquement mis en scène, le film est tout à fait fidèle à son réalisateur tant il contient toutes les obsessions du réalisateur allemand, la sexualité, l’homosexualité (le personnage du cousin a une sexualité pleine d’ambiguités), ou encore le passé peu glorieux de son pays (l’histoire se déroule entre les deux guerres). Belle réussite également que l’interprétation magnifiquement outrancière de Dirk Bogarde et Andréa Ferreol.

C’est donc un film méconnu de Fassbinder à découvrir absolument et même à revoir pour mieux l’appréhender. De plus, la restauration et le transfert HD sont parfaits!

LES BONUS: 10/10

Outre la bande-annonce, un documentaire chapitré de 70 minutes absolument fabuleux donne la parole à divers intervenants sur le film comme Tom Stoppard le scénariste ou Andréa Ferreol et cerise sur le gâteau à Fassbinder lui-même!

VERDICT: 9/10

Du travail d’orfèvre comme souvent chez Carlotta!

Disponible en DVD (14,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 19 septembre.