TEST DVD: « AU SEUIL DE LA VIE » D’INGMAR BERGMAN

Le 5 Octobre prochain sort simultanément en salles et en DVD chez Les Editions Montparnasse le film méconnu d’Ingmar Bergman « au seuil de la vie ».

LE FILM:

Cecilia fait une fausse couche et se trouve sur le point de quitter son mari; elle se réveille dans une chambre d’hôpital aux côtés de Christina qui est sur le point d’accoucher. Dans la même chambre, Hjördis a fui sa famille et veut avorter. Les trois femmes  s’interrogent sur la finalité de la vie…

Prix de la mise en scène et prix d’interprétation féminine collectif à Cannes en 1958, « au seuil de la vie » est l’un des films les moins connus du Maître suédois. Réalisé juste après « les fraises sauvages », il nous montre 24 heures de la vie de trois femmes dans la chambre d’une maternité en nous faisant partager leurs pensées et leurs sensations de femmes. Fidèle à son style caractéristique, Bergman films ses magnifiques actrices souvent en gros plan, sans aucun artifice, les décors se limitant à la chambre, le couloir et la salle d’accouchement. Aucune musique ne vient ponctuer le propos, nous plongeant dans un réalisme extrême, notamment lors de la scène de l’accouchement qui nous remue les tripes. Glacial et austère certes,  mais tellement juste et formidablement interprété qu’il s’agit d’un film majeur qui arrive en dvd. Cerise sur le gâteau, le master restauré proposé ici, offre à nos pupilles émerveillées un noir et blanc de toute beauté! On se demande même si ce n’est pas un bluray qui tourne dans le lecteur!

LES BONUS:

Côté bonus, c’est une interview très intéressante de N.T.Binh, journaliste et historien du cinéma, détaillée en 12 tableaux dont voici les thèmes: visages, acteurs, couple, vie, enfance, solitude, huis-clos, objets, dieu, espoir, mise en scène et musique. Il explore donc pendant une petite demi-heure ces douze thématiques et les replace dans l’univers du réalisateur.

EN CONCLUSION:

Un dvd d’une qualité technique rare pour un film somptueux à découvrir d’urgence dès le 5 Octobre chez les Editions Montparnasse (18 euros)!

CRITIQUE: 4 MOIS, 3 SEMAINES , 2 JOURS (2007)

Festival de Cannes oblige, hier soir, je décide de visionner le dvd de la dernière palme d’or: « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » du Roumain Cristian Mungiu.

Le jeune metteur en scène nous conte l’histoire de deux amies sous le régime de Ceaucescu dont une est enceinte et souhaite avorter: un crime sous le régime communiste roumain! Les deux jeunes femmes vont réunir les fonds nécessaires afin d’organiser ,avec l’aide d’un faiseur d’anges, l’avortement en question. Ce qui nous donne à voir la vie à Bucarest il y a vingt ans, faite de petites combines en tous genres dans le seul but d’échapper un peu à la misère ambiante.

Pour servir son propos, Mungiu opte pour un style minimaliste, proche du documentaire. En effet, on peut noter par exemple l’absence totale de musique durant tout le film, même pendant les génériques. D’autre part, l’usage quasi-systématique des plans-séquences nous tient à l’écart des protagonistes. Il est très difficile de s’approprier ces personnages tant Mungiu nous en tient éloignés: pas un seul gros plan lors de scènes de dialogues toutes filmées de profil dans un plan large. On croirait vraiment assister à la scène de loin et il est très difficile d’éprouver quelconque empathie pour les deux héroïnes du film.

Ce côté glacial et  documentaire est la principale qualité du film mais aussi son plus gros défaut. On doit toutefois reconnaître au réalisateur d’avoir su malgré tout créer un climat angoissant sans artifices de mise en scène.

Ce film est donc un véritable plaidoyer pour le droit à l’avortement et plus largement pour la liberté. Mais Mungiu commet pour clore son film une erreur monumentale lorsqu’il filme en gros plan le foetus par terre au milieu de la salle de bain! Quoi de mieux pour donner du grain à moudre aux anti-ivg qu’une image aussi horrible? Le film se termine donc sur cette bourde incompréhensible!

Et pourtant, la critique est unanime! A mon sens, un cinéaste prometteur mais une palme d’or totalement usurpée. J’aurais bien vu à sa place le film des frères Cohen « No country for old men », « le scaphandre et le papillon » ou encore le magnifique « la nuit nous appartient ».

Je serais curieux d’avoir votre avis là-dessus.