CRITIQUE: FLIGHT

flight

Whip Whitaker, pilote de ligne chevronné, réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… L’enquête qui suit fait naître de nombreuses interrogations… Que s’est-il réellement passé à bord du vol 227 ? Salué comme un héros après le crash, Whip va soudain voir sa vie entière être exposée en pleine lumière.

Après douze ans et « seul au monde » sans quitter l’animation, Zemeckis revient au cinéma live et semble vouloir s’affranchir de son étiquette d’habile faiseur pour enfin gagner ses galons de cinéaste avec un grand C, à l’image d’un Spielberg par exemple.

Dès les premières images du film avec cette femme complètement nue qui sort du lit de Whitaker, dans une atmosphère de débauche (sex, drug and rock’n roll), on est loin de l’ambiance bon enfant des Retour vers le Futur et autres Roger Rabbit. Zemeckis s’adresse maintenant aux adultes et la scène de crash aérien absolument dantesque montre qu’il n’a rien perdu de sa maestria technique. Evoquant (très peu) la folie médiatique et les magouilles du syndicat des pilotes (un peu plus), le film de Zemeckis se concentre plutôt sur l’alcoolisme de Whitaker et sur le cheminement de son héros vers sa rédemption. Inéluctablement, Zemeckis n’évite pas quelques bigoteries très américaines assénées par plusieurs personnages et c’est le principal mauvais point du film. Reste que Flight, remarquablement mis en scène, constitue un divertissement très honnête qui, sous des allures un peu dévergondées, revient tout de même à une morale très bien pensante (avec un final un peu lourdingue). Finalement, le casting est superbe (Impressionnant Denzel Washington et excellents seconds rôles dont John Goodman et Kelly Reilly), le spectacle est au rendez-vous, la morale est sauve et Zemeckis est toujours Zemeckis!

NOTE: 7/10

 

CRITIQUE: ESTHER (2008)

Warner Bros. France

John et Kate forment avec leurs deux enfants, Daniel et Max la cadette, sourde et muette, la famille parfaite. La vie, pourtant, ne les a pas épargnés. Après avoir eu un enfant mort-né, Kate est tombée dans l’alcoolisme et lors d’une de ses crises a failli perdre la petite Max par noyade. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, le couple souhaite adopter pour assouvir cet inextinguible besoin d’amour qu’ils éprouvent pour les enfants. Ils ont le coup de foudre, lors de la visite d’un orphelinat, pour l’adorable Esther, une petite fille modèle. Très vite, le comportement étrange de l’enfant va bouleverser la vie de la famille…

Moi qui pourrait écrire une thèse sur le film d’horreur, m’en étant gavé depuis mon plus jeune âge (Maman s’inquiétait de ma santé mentale!), je dois dire que je ce film m’a littéralement scotché dans mon canapé! Jeune réalisateur espagnol (décidément les spécialistes du genre!) qui n’a pour l’instant guère brillé (Goal 2, la Maison de cire), Collet-Serra prend déjà le temps pour nous raconter son histoire. Le film dure en effet deux heures, chose rare dans ce genre de films, qui durent plutôt autour de 90 minutes habituellement. Il nous laisse donc le temps de découvrir par petites touches cette famille et son passé, puis d’accueillir Esther et d’apprendre à la connaître. Et petit à petit, il fait monter la tension jusqu’à un niveau rarement atteint. Il faut noter la prestation de la jeune actrice qui incarne Esther, hallucinante! On a très vite envie de l’étriper! Le film est joussivement politiquement incorrect, ce qui ne gâte rien. Dans le genre, on en a déjà vu beaucoup mais là, c’est vraiment réussi jusqu’au dénouement vraiment surprenant!

A voir, les portes bien verrouillées!!! 

PS: Moi qui ai un neveu adopté, l’adoption c’est quand même une super aventure! Ce n’est qu’un film!