Critique: La Mule

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Titre original The Mule
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Nick Schenk
Acteurs principaux
Sociétés de production Malpaso Productions
Warner Bros.
Imperative Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 116 minutes
Sortie 23 janvier 2018

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain…

Il y a seulement quelques mois, Clint Eastwood réalisateur nous gratifiait de l’un de ses plus mauvais films que l’on priait qu’il ne soit pas le dernier, à 88 ans, « le 15h17 pour Paris« ! Heureusement non, le revoilà également devant la caméra, dix ans après « Gran Torino »! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Eastwood ne se lance pas dans le film animalier mais dans l’histoire d’une mule, un passeur de drogue, mais d’un genre un peu différent! Inspiré d’une histoire vraie, le nouveau film d’Eastwood met en scène Earl Stone, un octogénaire qu’internet vient de ruiner. Rejeté par sa famille qu’il a négligée toute sa vie, il accepte de convoyer des sacs, dans un premier temps non identifiés, en échange de grosses sommes d’argent. Quand il s’apercevra de la nature des marchandises qu’il transporte, il continuera malgré tout. Dans le même temps un agent de la DEA entreprend de faire le coup de filet de sa vie. A côté de ses activités illicites, il tente de renouer les liens avec sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Si Eastwood a souvent joué avec son âge, il apparaît pour la première fois tel qu’il est, un homme de bientôt 90 ans, avec une démarche et des mains qui ne trompent pas. Si son physique ne fait pas le poids à côté des chicanos qu’il fréquente, son esprit lui, tient largement la distance et il en joue, force répliques cinglantes comme lorsqu’il conseille à l’un de ses « employeurs » qui en a plein le cul de lui d' »aller chez le proctologue »! Son aventure picaresque où chacun de ses « voyages » lui fait battre de nouveaux records est souvent drôle, toujours prenante alors que l’on sent l’étau se resserrer mais l’issue du périple d’Earl Stone est pleine d’émotion, résonnant comme un chant du cygne pour l’un des derniers géants d’Hollywood! Bravo!

5

Critique: Les Funérailles des Roses

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Titre original 薔薇の葬列
Bara no Sōretsu
Réalisation Toshio Matsumoto
Scénario Toshio Matsumoto
Sociétés de production ATG
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre Drame
Documentaire
Film d’art et essai
Film expérimental
Durée 105 min
Sortie Reprise le 20 février 2018

Tokyo, fin des années 1960. Eddie, jeune drag-queen, est la favorite de Gonda, propriétaire du bar Genet où elle travaille. Cette relation provoque la jalousie de la maîtresse de Gonda, Leda, drag-queen plus âgée et matrone du bar. Eddie et Gonda se demandent alors comment se débarrasser de cette dernière…

Le distributeur Carlotta continue son travail de défricheur avec une reprise d’un film japonais peu connu, d’un cinéaste également méconnu Toshio Matsumoto mais qui vaut plus que largement de tenter l’expérience. Le terme n’est pas choisi au hasard tant « les Funérailles des Roses » ose tout. Matsumoto nous offre une plongée dans le Tokyo underground des années 60, celui des drag queens, des cinéastes expérimentaux et des révolutionnaires. La trame de l’histoire repose sur la relation entre Eddie, jeune drag queen, et le mari de sa patronne, Gonda, provoquant la jalousie de cette dernière. Sur la forme, Matsumoto utilise toute la grammaire du cinéma expérimental (images subliminales, scènes surexposées, bulles de BD, accélérés…) et mêle fiction et documentaire en entrecoupant son récit d’interviews des acteurs (de vrais travestis). Si l’on se demande parfois si le récit a vraiment une importance, la révélation finale donne tout son sens à cette expérience incroyable. Quant à l’audace formelle tout autant que thématique, on ne peut que se douter qu’elle a inspiré de grands noms comme Kubrick. Une surprise et une vraie découverte mais surtout un choc!

5