Critique:Voyage à travers le Cinéma Français

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Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de l’Atalante, à Duvivier, aussi bien qu’à Truffaut ou Demy. A Max Ophuls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus, Grangier, Gréville ou encore Sacha, qui, au détour d’une scène ou d’un film, illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. La mémoire réchauffe : ce film, c’est un peu de charbon pour les nuits d’hiver.

Durant 3h15, le cinéaste Bertrand Tavernier se raconte à travers sa cinéphilie et son rapport au Cinéma français des années 30 jusqu’au début des années 70. A travers des extraits de films, il nous offre une leçon de Cinéma parsemée d’anecdotes croustillantes et d’analyses techniques. Il évoque ses cinéastes favoris, Becker ou Renoir, la musique de films mais aussi les comédiens comme Gabin ou Arletty. La conséquence première à la vue du film, c’est une envie irrépressible de revoir les films déjà vus et de découvrir tous les autres! Une histoire d’Amour contagieuse en sorte!

4.5

 

Critique: Réparer les Vivants

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Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Trois ans après l’excellent « Suzanne », Katell Quillévéré réalise son troisième film, adapté du roman éponyme, « Réparer les vivants ». On suit ici le drame qui frappe une famille avec la perte de leur fils de 17 ans dans un accident de voiture. Les parents auront la possibilité de faire don des organes de leur fils. A priori peu attirant, ce postulat de départ est prétexte à un film choral sur le don d’organes. En effet, si la première partie se concentre sur le drame et la décision que vont devoir prendre les parents du jeune Simon, la seconde partie nous donne à suivre le destin d’une femme condamnée par un coeur malade, à moins qu’elle consente à s’en faire greffer un. La réalisatrice parvient non seulement à éviter le pathos, en collant au réel, sans afféteries, mais réussit à orienter son récit, non vers la mort mais vers la vie. Le film est évidemment émouvant mais totalement positif. Le casting est brillant (d’Emmanuelle Seigner à Tahar Rahim en passant par Kool Shen ou Finnegan Oldfield) et la mise en scène inspirée notamment avec un premier quart d’heure absolument somptueux! Un grand film!

4.5