CRITIQUE DVD: LA MENACE

LE FILM: 8/10

Dominique dirige, près de Bordeaux, une entreprise de transports routiers, secondée efficacement par son amant Henri. Celui-ci vient de s’éprendre d’une jeune canadienne, Julie. Un soir, une violente entrevue oppose les deux femmes et Dominique, peu après, se jette du haut de la tour de la citadelle. La mort de Dominique passe aux yeux de la police pour un crime et Julie se retrouve derrière les barreaux. Henri fabrique alors des indices l’accusant afin de faire innocenter Julie…

Réalisé juste après « Police Python 357 » et juste avant « Série Noire », ce troisième film d’Alain Corneau n’est pas son meilleur film mais reste néanmoins une belle réussite. Dans une première partie très chabrolienne, Corneau dépeint la petite bourgeoisie provinciale à travers notamment le personnage de Dominique (Marie Dubois récompensée d’un César pour ce rôle). La patronne de cette entreprise de transports routiers exerce un rapport de domination avec son amant Henri (Montand) à qui elle achète des camions pour lui faire plaisir, provoquant sa colère. Une rupture intervient dans le film lorsque Dominique s’aperçoit de l’infidélité de son amant et qu’elle rencontre Julie sur les hauteurs de Blaye. On retrouve dès lors dans le genre de prédilection de Corneau, le film noir? les évènements échappant aux protagonistes et toute tentative de résoudre le problème semblant inexorablement vouée à l’échec. Toute la deuxième partie du film montre alors comment Henri tente de maquiller la mort de sa maîtresse comme s’il en était l’auteur alors que le policier incarné par l’excellent Jean-François Balmer le traque.

Haletante, cette seconde partie montre le talent de metteur en scène de Corneau qui peut s’appuyer sur la magnifique prestation quasi-muette de Montand, pour s’achever au Canada avec une scène « routière » d’anthologie! Et tout ça sur une superbe bande originale jazzy de Gerry Mulligan!

« La Menace » est donc un excellent polar à (re)découvrir dans une nouvelle édition DVD (la troisième me semble-t-il) sans bonus à l’exception d’une bande-annonce mais dans une copie très propre pour l’époque!

Disponible en DVD (9,99 euros) chez Universal Pictures

 


CRITIQUE DVD: NIGHTFALL

LE FILM: 9/10

James Vanning est un homme simple et tranquille. Mais l’argent d’un casse a disparu et deux malfrats extrêmement dangereux pensent qu’il est en sa possession. Vanning devient un homme en fuite, traqué par ces malfrats, filé par l’enquêteur de la compagnie d’assurance. Marie Gardner, un mannequin qu’il rencontre par hasard, s’embarque bientôt avec lui dans cette aventure qui les emmènera dans les montagnes enneigées du Wyoming…

Surtout connu pour avoir réalisé les films fantastiques « la Féline », « Vaudou » ou « l’Homme Léopard » ou encore le polar « La Griffe du Passé » avec Robert Mitchum, Jacques Tourneur réalise « Nightfall » en 1956, à une époque où le film noir est un genre un peu tombé en désuétude. Après un début typique du genre avec cette scène de nuit en pleine ville et l’apparition du héros, apparemment traqué, le film quitte les lieux communs à travers ces flash-backs dans les plaines enneigées du Wyoming et ces scènes de jour comme ce défilé de mode en plein air. Brillamment mis en scène par Tourneur, avec toujours son goût du non-dit et du hors-champ, le film reste surprenant même si la trame du scénario, un homme injustement traqué, a été utilisée maintes et maintes fois. Autre originalité du film, son format large préféré par Tourneur par rapport à un format carré, donnant une esthétique particulière au film. Côté interprétation, malgré les reproches qui furent faits au film, Aldo Ray, avec sa voix cassée, est un excellent choix ainsi que sa partenaire Ann Bancroft mais la grande réussite tient à son excellent duo de méchants Brian Keith/Rudy Bond! Pour couronner le tout, le film offre une scène finale avec un chasse-neige qui restera dans les mémoires!

Un vrai petit bijou donc dans une copie de toute beauté!

LES BONUS: 9,5/10

Outre une bande-annonce et une galerie photos, le DVD nous propose une très bonne interview (26 mins) de Michael Henry Wilson, l’auteur des fabuleux « entretiens avec Clint Eastwood » et « Entretiens avec Martin Scorsese »,  sur Jacques Tourneur.

Et bien sûr, comme toujours dans cette collection, on trouve un livre, ici « le Noir n’est pas si noir » de Philippe Garnier qui revient sur David Goodis, auteur du livre à l’origine du film et sur le film lui-même! Incontournable!

VERDICT: 9,5/10

Un indispensable de plus dans une collection symbole de ce qui se fait de mieux en matière de réédition de films de patrimoine!

Disponible en DVD (29,99 euros) dans la collection Classics Confidential chez Wild Side Video