CRITIQUE: HER

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  • Réalisé par :
    Spike Jonze
  • Avec :
    Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
  • Durée :
    2h6min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production : 2013
  • Titre original : Her
  • Distributeur :
    Wild Bunch

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Quatrième film de Spike Jonze, Her dépeint l’ennui façon Sofia Coppola tout en empruntant à Michel Gondry et son Eternal Sunshine Of The Spotless Mind pour son futurisme. Her, c’est l’histoire touchante d’un jeune homme qui, à tout vivre virtuellement, à oublié sa vie. Il écrit des lettres pour ceux qui n’ont pas le temps et quand il ne travaille pas, reste connecté sur une espèce de smartphone ou sur des jeux vidéo stupides. Et c’est une voix virtuelle, celle de son système informatique, qui va l’éveiller à un amour qu’il ne pensait plus connaître.

Si Her est sans conteste le meilleur film de son auteur, c’est parce qu’il touchera les générations actuelles, connectés que nous sommes, de plus en plus virtuellement socialisés et de moins en moins dans le réel. Nos parents discutaient des émissions qu’ils regardaient alors que nous tweetons! C’est ce qui nous plonge dans une vraie empathie pour le personnage de Theodore mais c’est aussi grâce à la touchante interprétation de Joaquin Phoenix et la miraculeuse participation vocale de Scarlett Johansson qui nous offrent entre autres l’une des scènes les plus érotiques de l’année uniquement grâce à leurs voix! Un très beau film qui sait émouvoir et poser des questions, un OVNI dans le cinéma US!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE BLU-RAY: THE MASTER

613y8tv1nsL__AA1500_LE FILM: 9/10

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe…

Sixième long métrage de Paul Thomas Anderson ( Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia, Puch Drunk Love, There will be blood), The Master confirme l’immense talent de son metteur en scène.

Comme dans son précédent film, There Will Be Blood, il est ici question de foi. En effet, sans jamais le citer, le personnage incarné par Philip Seymour Hoffman présente quelques similitudes avec le créateur de la Scientologie Ron Hubbard. Le personnage de Dodd prend donc sous sa coupe Freddie pour en faire un fidèle adepte de la Cause.

Passionnant, le film d’Anderson reste tout de même difficile d’accès tant sa structure est complexe et son rythme très lent et déstabilisera de nombreux spectateurs. Sur le fond, The Master n’est toutefois pas le plus intéressant des films du cinéaste, manquant d’un vrai point de vue. Sur la forme, en revanche, c’est le film le plus abouti, proposant un résultat visuellement époustouflant. Tourné en 70 mm, il offre du début à la fin des plans d’une beauté à couper le souffle, que la BO de Johnny Greenwood ne peut que magnifier.

L’autre réussite du film tient évidemment à son duo de comédiens Philip Seymour Hoffman, comédien fétiche d’Anderson, en gourou et Joachin Phoenix, totalement habité par son personnage jusqu’aux déformations physiques. Sans oublier bien sûr Amy Adams dans le rôle de la femme du gourou, absolument glaçante, notamment dans une scène où elle prend le dessus sur son mari.

Un tel résultat amène le constat que le Cinéma Américain a de beaux jours devant lui que ce soit avec des cinéastes comme Anderson ou une génération de comédiens au talent inégalable!

TECHNIQUE: 10/10

Metropolitan nous a habitué à des blu-ray de grande qualité mais celui-ci surpasse tout! On en prend plein les yeux que ce soit avec les plans larges sur le désert ou les gros plans sur les visages d’une précision diabolique! Les oreilles ne sont pas en reste avec un 5.1 HD qui donne une puissance à la musique de Greenwood assez diabolique! Un résultat inouï!

BONUS: 8/10

Outre un making-of (8 mins) complètement abstrait, on trouve 21 mins de scènes coupées, des bandes-annonces et le superbe documentaire réalisé par John Huston sur le stress post-traumatique que l’on trouvait déjà sur dans le coffret « l’Amérique en Guerre » paru aux Editions Montparnasse!

VERDICT: 9/10

Un grand film dans un blu-ray d’anthologie!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Metropolitan Video dès le 15 mai.