Critique: Le Brio

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Réalisation Yvan Attal
Scénario Yaël Langman
Victor Saint Macary
Bryan Marciano
Yvan Attal
Acteurs principaux
Sociétés de production Chapter 2
Moonshaker
Pathé Production
France 2 Cinéma
CN6 Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Durée 95 minutes
Sortie 22 novembre 2017

Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

Un an après le raté « Ils sont partout », Yvan Attal repasse derrière la caméra pour un film sur l’intégration, le racisme, la tolérance à travers le choc des cultures entre Pierre Mazard, Professeur de fac un peu raciste et surtout très provocateur, et son élève, Neïla Salah, jeune fille des banlieues issue de l’immigration. Oui le film est plaisant, les dialogues plutôt bien écrits et surtout remarquablement interprété par Daniel Auteuil parfait dans ce rôle de prof provoc et surtout Camelia Jordana, époustouflante de fraîcheur et de justesse. Malheureusement, si vous avez vu la bande annonce, vous avez vu le film. Aucune surprise ne vient animer ce récit qui ronronne et qui emprunte tous les lieux communs du « film de sport » que les Américains maîtrisent si bien (association difficile entre le prof et l’élève, l’entraînement et l’épreuve finale). On passe un bon moment, et c’est déjà pas si mal, mais on oubliera vite ce film qui manque un peu de brio…

2.5

Fifib: Bébé Tigre (critique)

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  • Réalisé par :
    Cyprien Vial
  • Avec :
    Harmandeep Palminder, Elisabeth Lando, Vikram Sharma
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Haut et Court

Bébé Tigre c’est Many, jeune indien de 17 ans, pris en charge par l’état français il y a 2 ans. Sur la voie d’une intégration exemplaire, il ne pose de problème à personne, sauf à ses parents à qui il ne peut envoyer d’argent…

Premier long métrage de Cyprien Vial présenté en compétition dans le cadre du FIFIB 2014, Bébé Tigre aborde un thème peu connu, les mineurs étrangers envoyés en France pour récolter de l’argent pour leurs parents endettés. Le bébé tigre, c’est donc Many, jeune garçon du Penjab, qui va devoir grandir et devenir un vrai tigre pour s’assurer un avenir ainsi qu’à sa famille. Teen movie social autant que récit d’apprentissage, Bébé Tigre trace sans temps mort l’itinéraire semé d’embûches d’un adolescent contraint de grandir plus vite que les autres. L’excellent casting amateur compte pour beaucoup dans la réussite de ce premier film emballant de par son énergie romanesque, jusqu’à une entrée dans l’âge adulte marquée par les compromissions.

3.5


Sortie 14 janvier 2015.

CRITIQUE: LA PETITE VENISE

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LE FILM: 7.5/10

Sur une île de la lagune vénitienne, un pêcheur fait la connaissance d’une jeune chinoise récemment immigrée. Une douce amitié naît peu à peu entre ces deux êtres que tout semble séparer. Mais leurs sentiments dérangent deux communautés qui se rejettent : Italiens et Chinois voient d’un mauvais oeil leur complicité naissante…

Pour son premier long métrage de fiction, Andrea Segre ne donne pas dans le dépliant touristique qu’on nous présente souvent quand Venise sert de décor. En effet, l’action se déroule essentiellement dans un petit port de pêche à l’entrée de la lagune et non sur la place St Marc! Ceci étant, il s’agit ici d’une histoire d’amitié toute en délicatesse entre une immigrée chinoise qui vient d’arriver et un immigré de longue date d’origine yougoslave. A travers ce duo, Segre nous parle de la xénophobie ordinaire qui existe malheureusement un peu partout, et ce, sans lourdeur et sans négliger la forme avec une esthétique qui rappelle son passé de documentariste!

Une très jolie réussite qui annonce un cinéaste à suivre!

TECHNIQUE: 8.5/10

Un DVD impeccable, à noter l’absence de VF!

BONUS: 9/10

Outre une courte interview du réalisateur (en Français !), on trouve un excellent documentaire d’Andrea Segre sur l’immigration (65 mins)!

VERDICT: 8/10

Une belle histoire d’amitié à découvrir absolument!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Blaq Out

 

CRITIQUE DVD: TERRAFERMA

LE FILM: 8/10

Une petite île au large de la Sicile, à proximité de l’Afrique. Filippo, sa mère et son grand-père n’arrivent plus à vivre de l’activité traditionnelle de la pêche. L’été arrivant, ils décident de louer leur maison aux touristes, qui arrivent de plus en plus nombreux chaque année. Un jour Filippo et son grand père sauvent des eaux un groupe de clandestins africains malgré l’interdiction des autorités locales. Les familles de pêcheurs, jeunes et anciens, se confrontent alors sur l’attitude à tenir : faut-il les dénoncer aux autorités pour la quiétude des touristes ou respecter les valeurs morales de solidarité héritées du travail de la mer ?…

Neuf ans après « Respiro », Crialese revient sur son ile de Lampedusa pour une sorte de conte moderne sur l’immigration clandestine. Il fait se croiser assez habilement ce thème avec deux autres: les difficultés économiques rencontrées par les pêcheurs  et les ravages du tourisme de masse. Même s’il tombe parfois dans le manichéisme, Crialese brosse une galerie de portraits attachants et l’amour qu’il porte à son île transpire de la très belle photo du film! Un bon moment qui n’évite pas les sujets qui fachent!

La copie proposée ici est une merveille pour le support! Quelle beauté!

LES BONUS: 7.5/10

Outre la bande annonce, on trouve un excellent making-of (24 mins) et quelques cènes coupées. C’est suffisant!

VERDICT: 8/10

Un très beau DVD pour un joli film!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez France Télévisions Distribution dès le 22 août.

 

CRITIQUE: LE HAVRE

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.
Quand au même moment Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon refugié.
Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

Aki Kaurismäki signe avec « le Havre » l’un des films les plus réjouissants de cette fin d’année 2011 qui aurait mérité la Palme d’Or lors de dernier festival de Cannes.

Pour son premier film en France, le cinéaste finlandais décide de traîter d’un sujet d’actualité, les sans-papiers, mais sur un ton bien à lui. Même si l’action se déroule aujourd’hui chez nous, tout le décorum (voitures, mobilier, costumes…) semble tout droit sorti d’un film de Marcel Carné. Même la façon de parler des personnages, dans un Français un peu désuet, donne une tonalité absurde au film qui, au choix, réjouira la plupart ou déstabilisera les autres. Comme souvent chez Kaurismäki, on a droit à une belle collection de « gueules » et à la première apparition de Jean-Pierre Darroussin dans le rôle d’un flic tout melvillien. Kati Outinen est là pour la dixième fois avec son premier rôle en Français et l’impeccable André Wilms complète le casting de cette très jolie fable qui rend heureux! Courez-y!

CRITIQUE: WELCOME (2008)

Guy Ferrandis

Simon, ancien champion de natation, est maître nageur à la piscine de Calais. Sa femme, bénévole au sein d’une association qui nourrit les sans papiers, est en train de le quitter. Elle qui se bat tous les jours pour défendre cette noble cause le trouve lâche. L’occasion de se racheter à ses yeux se présente vite: Bilal, un jeune réfugié kurde demande à Simon de l’entraîner afin de réaliser son rêve. Il veut traverser la Manche pour retrouver sa fiancée installée à Londres.

L’aide que Simon va apporter à Bilal, au départ intéressée, va finalement devenir une évidence, une manière d’évacuer tous les echecs qu’a pu connaître Simon.

Philippe Lioret réalise ici un film bouleversant, plus que jamais d’actualité, alors qu’on débat de l’identité nationale et que l’immigration devient le cheval de bataille n°1 des politiques. Voilà un film qui nous fait nous interroger sur ce que nous sommes, sur notre conduite vis-vis de l’étranger et sur l’idée de terre d’accueil qu’on nous a longtemps vendu concernant notre beau pays.

Le trio d’acteurs est époustouflant, mené par un Vincent Lindon excellent comme souvent, Audrey Dana et le jeune Firat Ayverdi (nommé aux Césars) dont on devrait reparler.

Un des meilleurs films français de 2009!!!