THE KIDS ARE ALL RIGHT (2010)

La jeune Joni vient d’avoir 18 ans; son frère, Laser, a quant à lui 15 ans. Rien ne les différencie des autres gamins de leur âge si ce n’est qu’ils ont deux mères. En effet, Jules et Nic, deux lesbiennes, ont fait appel à un donneur de sperme et ont chacune porté un enfant. Mais ceux-ci devenus grands, ils décident d’entrer en contact avec leur père biologique afin de faire sa connaissance. L’arrivée du séduisant donneur va bouleverser l’équilibre de la petite famille…

Cette petite comédie indépendante au sujet ô combien casse-gueule est l’une des bonnes surprises de l’année. La réalisatrice Lisa Cholodenko ne tombe jamais dans les clichés et ne caricature jamais ses protagonistes. Le couple Julianne Moore/ Annette Benning est formidable (ça sent les Oscars!), tout en nuances et en pudeur et Mark Ruffalo est le choix parfait, mélange de séduction et de fragilité, loin de l’hétéro de base un peu beauf qu’on verrait dans la plupart des films.

Le coup de maître réussi par la réalisatrice est qu’à aucun moment, on se sent étranger ( si l’on est hétéro) à cette histoire et qu’elle nous montre une famille comme une autre, dans laquelle chacun peut se reconnaître. Certaines scènes de sexe, un peu crues, finissent de nous convaincre qu’on est vrament dans un film à part du système hollywoodien.

On sourit, on est ému et surtout, on réfléchit sur soi-même, ce que l’on attendait pas forcément de cet excellent film qui passe malheureusement un peu inaperçu.

LA RUMEUR (1961)

Lost Films

Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu’elle a été punie, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère puis très vite, tous les parents vont retirer leurs enfants de l’institution…

Il s’agit ici de la deuxième adaptation d’une pièce de Lilian Hellman après « ils étaient trois » de William Wyler déjà, en 1936. Le film est bien sûr à resituer dans son contexte. Il est l’un des premiers films hollywoodien à traiter de l’homosexualité au tout début des années 60, où le sujet restait encore tabou et où la censure au cinéma était encore sévère. S’il sortait aujourd’hui, il ferait scandale, tant l’homosexualité est traitée comme un pêché mortel.

Au niveau de la forme, William Wyler a choisi le mélodrame dans tout ce qu’il a de plus classique avec un noir et blanc de toute beauté. Le casting est de choix puisqu’on retrouve Audrey Hepburn, tout droit sortie de « diamants sur canapé », Shirley MacLaine, qui termine tout juste « la garçonnière » et James Gardner, dans le rôle du médecin. Le vrai sujet du film reste toutefois, comme le titre l’indique, la rumeur et ses pouvoirs dévastateurs, et non l’homosexualité finalement.

Le film représente autant un vrai plaisir cinéphile qu’un réel intérêt sociologique. A voir.