CRITIQUE DVD: HORS SATAN

LE FILM:

En bord de Manche, sur la Côte d’Opale, près d’un hameau, de ses dunes et ses marais, demeure un gars étrange qui vivote, braconne, prie et fait des feux. Régulièrement, lui et la fille d’une fermière se retrouvent; parfois, dans le hameau, on l’appelle pour sortir une adolescente de son mutisme…

Le 6ème film de Bruno Dumont est typiquement le genre d’expérience cinématographique qui laissera grand nombre de spectateurs sur le bord de la route! Elle est pourtant à tenter! Très peu de dialogues, de longs plans (parfois un peu trop), le bruit du vent omniprésent, de vraies « gueules » en guise de comédiens, tels sont les ingrédients de cet objet filmique non identifié! Mais Bruno Dumont, en véritable artiste, a le courage de donner matière à penser à son public sans lui servir quelque chose de prémâché. Rien n’est expliqué et le film s’ouvre à de multiples pistes de réflexion sur la foi en particulier. Et rien que pour ça, il faut vivre cette expérience!

LES BONUS:

Outre quelques bandes annonces, on trouve sur ce DVD un documentaire (37 mins) passionnant sur le mixage du film où l’on se rend compte que malgré cette impression de mise en scène brute, rien n’est laissé au hasard! On trouve enfin une superbe interview de Bruno Dumont qui en dit plus sur sa façon de travailler!

VERDICT:

Un DVD parfait (comme souvent avec  Pyramide Video) pour une expérience radicale!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Pyramide Video

 

CRITIQUE DVD: L’ORDRE ET LA MORALE

LE FILM:

Avril 1988, Île d’Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. 30 gendarmes retenus en otage par un groupe d’indépendantistes Kanak. 300 militaires envoyés depuis la France pour rétablir l’ordre. 2 hommes face à face : Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d’otages. À travers des valeurs communes, ils vont tenter de faire triompher le dialogue. Mais en pleine période d’élection présidentielle, lorsque les enjeux sont politiques, l’ordre n’est pas toujours dicté par la morale…

Projet ambitieux que le dernier film de l’enfant terrible du Cinéma Français, Mathieu Kassovitz et c’est peu dire que l’on en attendait beaucoup! Revenons tout d’abord rapidement sur sa carrière. En 1993, il met en scène son premier long métisse, rafraîchissante et énergique comédie traîtant avec légèreté du racisme. Pour son deuxième film, en 1995, Kasso frappe fort et multiplie les récompenses avec « la Haine » film générationnel en noir et blanc sur les banlieues françaises. Très attendu après la claque infligée par son précédent film, le jeune prodige réalise alors « Assassin(s) » qu’il interprète au côté de Michel Serrault et qui constitue l’adaptation de l’un de ses courts-métrages. Il s’attache à l’apprentissage du métier de tueur d’un jeune cambrioleur auprès d’un assassin retraité sur fond de lobotomie médiatique et divise la critique sans vraiment attirer la public.  En 2000, il adapte le best-seller de Jean-Christophe Grangé, « les Rivières Pourpres », dans une grosse production réunissant Vincent Cassel et Jean Reno et prouve à nouveau ses qualités de metteur en scène même si le film explose en vol par la faute d’un scénario catastrophique. Succès malgré tout, le film lui ouvre les portes d’Hollywood, et en 2003, Kasso réalise « Gothika », thriller fantastique, véritable nanar avec Halle Berry. Un deuxième essai s’offre à lui, pour un film de science-fiction « Babylon A.D. », guère plus reluisant avec un Vin Diesel qui finit de dégoûter Kassovitz du travail outre-Atlantique!

Après 3 ans d’absence, Kassovitz revient donc en France, pour tenter un nouveau film coup de poing sur un sujet puissant, le massacre de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Kasso revient en force grâce à une mise en scène efficace et inspirée dont peu de réalisateurs en France sont capables. On en prend plein les yeux notamment dans une scène d’ouverture, flash forward monté au ralenti et à l’envers et dans la scène de l’assaut, véritable expérience sensorielle! Malheureusement, le gros défaut du film réside soit dans les dialogues, soit dans la direction d’acteurs, difficile à déterminer mais le ridicule n’est jamais loin! Et c’est bien dommage car avec un sujet aussi fort et une mise en scène aussi maîtrisée, le film aurait sûrement été mieux considéré par une profession, que Kassovitz a cru bon de sodomiser verbalement à tout va, sans ce défaut rédhibitoire. On ne peut toutefois que saluer l’initiative du réalisateur de s’être attaqué à un tabou de notre histoire contemporaine et d’avoir retrouvé son inspiration!

La copie présentée sur ce DVD est digne du travail fait sur l’image et le son! Top!

LES BONUS:

Un scandale pour cette édition DVD! Rien du tout! Même pas une bande-annonce! Pourquoi ne pas avoir fait une édition double DVD permettant d’y insérer les bonus présents sur le Blu-ray (2 docs d’une heure chacun!) ?

VERDICT:

Un DVD plus que léger côté bonus pour un film ambitieux bien qu’imparfait!
Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez TF1 Video dès le 18 avril.