CRITIQUE: TRAVAIL AU NOIR

Trois maçons polonais et leur contremaitre, Novak, viennent a Londres travailler au noir, en restaurant la maison secondaire de leur patron polonais. Novak, autoritaire, est le seul a parler anglais. Lorsqu’il prend connaissance du coup d’Etat en Pologne, il tait la nouvelle a ses compatriotes…

Récemment revenu sur le devant de la scène grâce à « Essential killing » et la ressortie de « Deep End« , le cinéaste polonais Jerzy Skolimowski parle de son pays, même si le film est tourné en Angleterre. En 1982, il réalise donc « Travail au Noir » nous contant l’histoire de ces 4 ouvriers polonais qui débarquent en Angleterre pour le compte de leur patron, sous prétexte d’acheter une automobile . Il nous parle donc de lutte des classes de façon détournée mais très vite un conflit du même genre s’instaure également au sein du groupe d’ouvriers.

Novak, incarné par Jeremy Irons, est le plus lettré et le seul à parler anglais (détail intéressant, dès que les ouvriers se parlent entre eux en Polonais, les sous-titres sont absents); c’est lui qui se charge de ramener le repas, grâce à diverses combines. Il profite de sa supériorité pour diriger la petite troupe. Au cours de leurs travaux, Novak apprend par la radio les évènements politiques graves qui agitent son pays. Il décide de les cacher à ses amis pour mener à bien leur mission. Les ouvriers se jettent dans le travail dans des conditions terribles (problèmes électriques, canalisations capricieuses…) et lorsque leur labeur est enfin terminé, leur avenir paraît bien bouché!

Brillamment mis en scène par Skolimowski, « Travail au Noir » est un film social et politique d’une intelligence rare!

CRITIQUE: LE PRENOM

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance.
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale… Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos…

Adaptation de la pièce éponyme, « le Prénom » est un premier film de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière qui ne sont autres que les auteurs de celle-ci. C’est donc clairement du théâtre filmé qui nous est proposé quelque part entre « le Dîner de cons » pour l’humour et le style et « Carnage » de Polanski pour le sujet même, à savoir un groupe d’individus qui tombe dans le chaos pour un prétexte futile (ici le choix du prénom d’un enfant!). Le film est apparemment assez fidèle à la pièce, exceptée une intro d’une dizaine de minutes avec la voix off de Bruel qui présente les protagonistes du film et une petite conclusion hors de l’appart (je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler!)

Très bien écrit, le scénario rebondit sans cesse d’un sujet à l’autre (l’histoire du prénom n’est finalement que la mèche qui fait tout exploser!), et surprend toujours! Quelques petites baisses de rythme ne suffisent pas à gâcher la fête! La petite troupe d’acteurs, la même que dans la pièce à l’exception de Charles Berling, avec un Patrick Bruel au top dans un rôle très bling bling , une très bonne Valérie Benguigui et un excellent acteur que j’ai découvert, Guillaume de Tonquédec,  est irrésistible!

Une comédie souvent jubilatoire qui confirme que ce genre ne connaît pas la crise en France en ce moment!