CRITIQUE DVD: Killer Joe

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LE FILM: 9/10
Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars.
Mais qui va se charger du sale boulot ?
Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris qui n’a pas un sou en poche. Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin. Il a des principes…jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris.
Alors Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance si on le laisse jouer avec Dottie.

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A 77 ans, William Friedkin est une légende! Hormis quelques erreurs de parcours, on lui doit quand même quelques monuments tels que « French Connection », « l’Exorciste », « le Convoi de la peur », « Cruising », « Police fédérale Los Angeles » ou son dernier film « Bug »! Six ans après ce dernier, il adapte à nouveau une pièce de théâtre de Tracy Letts pour son nouveau projet « Killer Joe ».

Friedkin poursuit son exploration du Mal avec cette famille de rednecks sombrant dans la pire des folies par simple appât du gain. « Killer Joe » repousse les limites de l’absurde et du grotesque, sans bien sûr jamais tomber dans le ridicule, avec des personnages tous plus débiles les uns que les autres, et se dispense de toute retenue: les scènes ultra-violentes sont nombreuses! D’autre part le film regorge de scènes cultes dont une vous dégoûtera à jamais d’aller manger chez KFC!

Bien qu’efficacement mis en scène et remarquablement écrit, c’est du côté de l’interprétation que le film est totalement bluffant: Emile Hirsch en jeune fils perdu par ses combines, Juno Temple dans le rôle de sa soeur un peu neuneu, Thomas Haden Church dans le rôle du père loser, Gina Gershon en belle-mère aux moeurs légères (elle ouvre la porte à son beau-fils le minou à l’air!) et bien sûr Matthew Mc Conaughey en flic assassin à ses heures perdues (LE rôle de sa carrière!) sont tous époustouflants!

Un maelstrom d’ultra-violence dans 90 minutes de pur cinéma! A déconseiller aux âmes sensibles!

TECHNIQUE: 8.5/10

RAS pour ce DVD qui propose les deux versions en stéréo ou 5.1 au choix!

BONUS: 9/10

Outre les bandes annonces d’usage, une interview passionnante du cinéaste (surtout) et de ses acteurs (un peu) (38 mins)! Sur l’édition spéciale FNAC, vous aurez en prime la formidable master class que Friedkin donna lors du dernier Festival de Deauville pendant laquelle, durant 90 minutes, il revient sur sa carrière et sur le cinéma en général: passionnant et regorgeant d’anecdotes!!!

VERDICT: 9/10

Un DVD indispensable!!!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez pyramide Video dès le 6 février 2013

 

CRITIQUE: Thérèse Desqueyroux

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Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu’on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie…

Décédé au mois d’avril dernier, Claude Miller n’aura pas pu présenter son film au Festival de Cannes, son dernier film. Adapté de l’oeuvre éponyme de Mauriac, « Thérèse Desqueyroux », sous des dehors assez classiques, « académiques » comme diraient ses détracteurs, se distingue néanmoins comme une oeuvre à part entière, avec de vrais choix artistiques.

Débutant son film avec une Thérèse adolescente, puis en déroulant son intrigue de manière chronologique, Miller prend le contrepied du roman à la construction éclatée: choix pertinent qui permet au spectateur de bien appréhender l’évolution du personnage. D’autre part, il donne également une grande place au personnage de Bernard Desqueyroux, mari de Thérèse, propriétaire terrien peu soucieux des états d’âme de son épouse, qu’il considère moins bien que ses chiens de chasse. Miller conserve néanmoins tout le mystère autour des actes de son héroïne, conservant ainsi l’esprit de l’oeuvre de Mauriac.

Porté par deux excellents comédiens, Audrey Tautou et un étonnant Gilles Lellouche, « Thérèse Desqueyroux » est une très belle adaptation élégamment mise en scène, avec une photo qui retranscrit à merveille la lumière particulière de la côte landaise. Un bel adieu de l’un de nos grands cinéastes!

NOTE: 8/10