CRITIQUE BLU-RAY: POPULAIRE

71Ws2T2J6WL__AA1500_LE FILM: 6/10

Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…

Premier long métrage de Régis Roinsard, réalisateur venu du clip, « Populaire » nous rappelle vaguement quelque chose! Si l’on pouvait le comparer à un objet de notre quotidien, ce serait une charentaise! On y est très bien mais c’est tout à fait commun et on l’enfile sans effort! Et c’est vraiment l’impression que laisse ce « Populaire »! Reprenant la trame des films de sport dont « Rocky » est le meilleur exemple, « Populaire » en adopte tous les codes à la lettre: deux êtres que tout sépare s’unissent pour relever un challenge, hostilité de la famille, entraînement, échec, entraînement, réussite, clash coach/élève, épreuve mondiale, doute, victoire, j’en passe et des meilleurs. Le problème est que, depuis 1976, on a vu des tonnes de films reprenant ces recettes et qu’elles commencent à être un peu réchauffées! On connaît tout le film avant même de l’avoir vu!

Toutefois, le film de Roinsard fait montre de qualités qui méritent qu’on accorde une certaine bienveillance à ce galop d’essai! Tout d’abord, la direction artistique du film est d’une qualité assez rare pour être soulignée dans une production hexagonale: que ce soit les décors, les costumes ou même les coiffures, tout est vraiment parfait et le film n’a rien à envier à la série « Mad Men »! Même l’actrice principale subit une métamorphose entre le début du film, où elle n’est qu’une pauvre provinciale mal dégrossie, et la fin du film où l’on croirait voir Grace Kelly!

L’actrice principale d’ailleurs, Deborah François, forme avec Romain Duris un couple de cinéma assez épatant qui dégage une vraie alchimie! Quant à la réalisation de Roinsard, au demeurant assez classique, elle parvient à se sublimer parfois dans les scènes de concours, très efficaces, et dans une scène de sexe grandement inspirée du cauchemar de James Stewart dans « Sueurs Froides » avec ses lumières bleues et rouges, de toute beauté!

En conclusion, un film sans surprises mais extrêmement soigné!

TECHNIQUE: 10/10

Quand Haute Définition rime avec perfection! Aucun défaut à l’horizon, bravo!

BONUS: 8/10

Outre un making-of passionnant (26 mins), on a droit ici à une sélection de featurettes un peu redondantes avec le making-of, un court bêtisier, le clip du « cha-cha de la dactylo », le spot de pub de la Populaire, une galerie photos magnifique, un comparatif intéressant entre le storyboard et le film et un commentaire audio du réalisateur.

VERDICT: 7/10

Un film populaire dans un blu-ray d’élite!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Universal Pictures


CRITIQUE DVD: UN JOUR DE CHANCE

81t5rNNO7dL__AA1500_LE FILM: 6.5/10

Ancien publicitaire à succès désormais sans emploi, Roberto ne supporte plus d’être au chômage. Désespéré, il veut faire une surprise à sa femme en l’invitant dans l’hôtel qui fut le théâtre de leur lune de miel. Mais
l’établissement a laissé place à un musée, sur le point d’être inauguré et présenté à de nombreux journalistes. Au cours de sa visite, Roberto fait une grave chute… En quelques minutes il devient l’attraction numéro 1 des médias présents et comprend que cet accident pourrait finalement lui être très profitable…

Deux ans après le génial Balada Triste, Alex de la Iglesia nous propose un film beaucoup plus sage sur la forme mais au propos tout aussi virulent. S’inspirant très largement du Gouffre aux Chimères de Billy Wilder, il dresse une charge féroce contre les médias et l’ère de la télé-réalité. Après une rapide introduction au cours de laquelle il croque le portrait d’un publicitaire en galère dont le seul fait d’arme est le slogan pour un soda, « la Chispa de la Vida » (titre original du film), le film entre dans le vif du sujet pour se transformer en huis-clos. Cherchant à retrouver l’hôtel de sa rencontre avec sa femme, Roberto fait une chute dans le chantier d’un musée et se retrouve immobilisé, une barre en fer plantée dans la nuque.

Tout le reste du film, c’est alors un ballet incessant entre les journalistes et le pauvre malheureux qui flaire l’occasion de se faire un peu d’argent.

Souffrant de quelques longueurs, « un jour de chance » vaut le détour pour son aspect sulfureux et son humour corrosif ainsi que la maestria d’Alex de la Iglesia dont la mise en scène reste brillante y compris en espace restreint. A découvrir…

TECHNIQUE: 10/10

Pour un DVD, c’est un sans-faute qui met merveilleusement en valeur la très belle photo du film! On se croirait devant un blu-ray!

BONUS: 3/10

Outre la bande-annonce, on trouve une intéressante mais succinte interview du réalisateur (6 mins).

VERDICT: 7/10

Un DVD exceptionnel pour une comédie corrosive un poil longuette…

Disponible en DVD (19,99 euros) chez M6 Video