CRITIQUE BLU-RAY: SPRING BREAKERS

71SCMKFF9qL__SL1299_

LE FILM: 7/10

Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

Sur un scénario assez mince, Harmony Korine réussit à la fois une expérience sensorielle à l’énergie dévastatrice et parvient également à dresser un portrait peu rassurant d’une jeunesse qui ne connaît plus de limites. Avec un traitement très original de la photo, du son et du montage, Korine nous convie à un bad trip démarrant dans une première partie qui semble glorifier le comportement de ses héroïnes: drogue, alcool et sexe sont les maître mots. Puis, petit à petit, le fun se transforme en cauchemar assez glauque qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Larry Clark, ce qui est loin d’être une coïncidence, Korine étant le scénariste de ce dernier sur plusieurs de ses films.

Côté interprétation, la surprise vient de la performance de James Franco en gangsta rappeur avec dents en or et tresses plaquées; les jeunes demoiselles, très mignonnes au demeurant, n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent, vue la faible épaisseur du rôle qu’elles ont à jouer. Reste un film plus intéressant sur la forme que sur le fond même si Korine a la riche idée de ne pas porter de jugement, exercice souvent périlleux. Spring Breakers se permet même quelques scènes assez jubilatoires comme une interprétation d’un tube de Britney Spears par le personnage interprété par James Franco.

Gros hic toutefois: la façon dont le film est vendu, visant un public ado alors que la simple interdiction aux moins de douze ans est proprement scandaleuse! Oui, disons-le, ce film est loin d’être pour les enfants!

TECHNIQUE: 9/10

L’apport HD est indéniable pour ce film tant au niveau image avec ses couleurs très flashy que du son avec une BO qui déchire tout!

BONUS: 1/10

Grosse déception que ce making of de 3 minutes à peine! On aurait aimé en savoir beaucoup plus sur le travail d’Harmony Korine…

VERDICT: 7/10

Un bad trip à recommander malgré l’absence de bonus!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez TF1 Video dès le 10 juillet

 


CRITIQUE LA GRANDE BELLEZZA

21002178_20130429173420254_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Rome dans la splendeur de l’été. Les touristes se pressent sur le Janicule : un Japonais s’effondre foudroyé par tant de beauté. Jep Gambardella – un bel homme au charme irrésistible malgré les premiers signes de la vieillesse – jouit des mondanités de la ville. Il est de toutes les soirées et de toutes les fêtes, son esprit fait merveille et sa compagnie recherchée. Journaliste à succès, séducteur impénitent, il a écrit dans sa jeunesse un roman qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain frustré : il cache son désarroi derrière une attitude cynique et désabusée qui l’amène à poser sur le monde un regard d’une amère lucidité. Sur la terrasse de son appartement romain qui domine le Colisée, il donne des fêtes où se met à nu « l’appareil humain » – c’est le titre de son roman – et se joue la comédie du néant. Revenu de tout, Jep rêve parfois de se remettre à écrire, traversé par les souvenirs d’un amour de jeunesse auquel il se raccroche, mais y parviendra-t-il ? Surmontera-t-il son profond dégoût de lui-même et des autres dans une ville dont l’aveuglante beauté a quelque chose de paralysant…

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, le sixième film de Paolo Sorrentino, sans être parfait, restera comme l’un des films importants de cette année. Durant deux heures trente, le cinéaste italien nous offre une plongée dans une Rome complètement déboussolée, guidée par uniquement par les valeurs matérielles, à travers le personnage d’un écrivain en plein questionnement. Film extrêmement riche, la Grande Bellezza, bien que passionnant de bout en bout, peine à tenir un propos vraiment clair nous laissant nous demander au final ce que le film veut bien nous raconter. Sorrentino évoque donc Rome, l’art et le processus créatif, l’amour, la religion dans un maesltrom d’images et de musique totalement jubilatoire. En multipliant les changements de rythme et à l’aide d’une bande originale qui va de la techno aux chants sacrés, il nous convie à une expérience sensorielle totale qui maintient l’intérêt du spectateur malgré ce propos un peu abscons. La photo exceptionnelle de Luca Bigazzi, la réalisation époustouflante de Sorrentino et l’interprétation dantesque du meilleur acteur italien (Toni Servillo) achèvent de faire de la Grande Bellezza, à défaut d’un chef d’œuvre, l’un des films majeurs de 2013.

NOTE: 8.5/10