Critique Bluray: Jusqu’à la Garde

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Réalisation Xavier Legrand
Scénario Xavier Legrand
Acteurs principaux
Sociétés de production KG Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 93
Sortie 7 février 2018

LE FILM:

5

Après qu’une juge ait prononcé une garde alternée en faveur d’un père accusé de violences par son ex-compagne, leur fils se retrouve pris en otage du conflit parental.

Premier film de Xavier Legrand, « Après la Garde » est projeté hors compétition au FIFIB alors qu’il vient de décrocher le prix du Meilleur réalisateur lors de la dernière Mostra de Venise. Le film s’ouvre sur l’audience d’un couple en pleine séparation. Le couple (Denis Ménochet et Léa Drucker) a deux enfants, une grande fille de 17 ans et un petit garçon d’une dizaine d’années . C’est pour sa garde que les parents « s’affrontent » et si l’on en croit la lettre que lit la juge, le petit ne veut plus voir son père. Sous ses airs bourrus, il semble malgré tout aimant; il vient d’ailleurs de demander sa mutation pour se rapprocher de son fils. Une ellipse nous amène quelques semaines après et le père peut récupérer son fils un week-end sur deux. Mais rien n’est simple quand l’enfant semble tétanisé par son père et que la mère refuse d’adresser la parole à son ex-mari. La succession de plans séquences choisi par Xavier Legrand renforce le réalisme de son sujet et nous amène à entrer de plain pied dans l’intimité de cette famille éclatée. On apprend à connaître ces personnages et deviner leur vie passée. Dans un style proche de Joachim Lafosse, notamment « A perdre la Raison », le film dégage une force et une puissance rare, sans artifices de mise en scène (notamment l’absence de musique) et le casting n’y est pas pour rien: Denis Ménochet, tout en force et violence mais aussi parfois émouvant, Léa Drucker, mère courage, et le petit Thomas Gioria, impressionnant de justesse en enfant tiraillé entre ses parents. A le voir broyé entre sa mère qui le force à mentir et son père qui veut l’utiliser pour se rapprocher de son ex femme, on passe le film bouleversé, choqué, jusqu’à un final qui ne laissera personne indemne. Si au cinéma, le terme « claque » est souvent galvaudé, c’est pourtant l’effet que laisse « jusqu’à la garde »! Une énorme claque!

TECHNIQUE:

5

Irréprochable!!!

BONUS:

5

On trouve ici le court métrage  » De peur que de tout perdre » qui est en quelque sorte la première partie du film, à savoir le moment où la femme et les enfants entreprennent de fuir le mari. On trouve également une passionnante interview d’un juge aux affaires familiales ainsi qu’un making of très instructif!

VERDICT:

5

Le film français de l’année dans une édition parfaite!

Disponible en DVD et Bluray (19.99 euros) chez Blaq Out dès le 3 juillet

Critique: 3 Jours à Quiberon

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Titre original 3 Tage in Quiberon
Réalisation Emily Atef
Scénario Emily Atef
Acteurs principaux
Sociétés de production Rohfilm
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Autriche Autriche
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 1h55
Sortie 13 juin 2018

1981. Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l’ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand « Stern » pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d’actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d’espoir et d’apaisement.

Plutôt qu’un biopic traditionnel, la réalisatrice Emily Atef préfère évoquer Romy Schneider à travers trois journées. En 1981, lors d’une cure à Quiberon, quelques semaines avant la mort tragique de son fils Daniel, la star reçoit la visite d’une amie d’enfance, d’un journaliste et d’un photographe du magazine Stern. Filmé en noir et blanc pour faire écho à la série de photos de Robert Lebeck, « Trois jours à Quiberon » est un bouleversant portrait de femme, dépeignant une Romy Schneider brisée. Eloignée de ses enfants et malheureuse en amour, elle ne parvient pas à trouver un sens à sa vie malgré son statut de plus grande star féminine de l’époque. Esthétiquement magnifique, « Trois jours à Quiberon » est l’occasion de découvrir Marie Baümer dont la ressemblance avec son modèle est parfois troublante. Un très beau film qui montre la femme derrière le mythe!

4.5