CRITIQUE: LA GRAINE ET LE MULET (2007)

Le dernier film d’Abdellatif Kechiche est une belle réussite. Il s’agit ici de l’histoire de Slimane, immigré algérien de 60 ans, qui travaille sur les chantiers navals à Sète. Le jour où son patron le vire, il se retrouve sans rien, exceptée sa famille . Il décide avec l’aide de sa belle-fille (formidable Hafzia Herzi) de réaliser son projet: il achète un vieux rafiot qu’il compte retaper pour en faire un restaurant dont la spécialité sera le couscous de poissons de son ex-femme (d’où le titre du film).

Comme dans ses précédents films, kechiche traîte ici du thème de l’intégration. Le tour de force de kechiche est de nous faire passer pas loin de 2 heures et demi à suivre les aventures  de Slimane sans qu’on voie le temps passer! Comme toujours il dirige sa troupe de comédiens à la perfection: Kechiche dilate le temps au maximum dans toutes ses scènes mais on est emporté par la justesse de l’interprétation, à la limite du documentaire.

La chronique sociale devient dans la dernière partie du film quasiment un thriller qui nous laisse lessivé!Après le formidable « l’esquive », encore un grand film qui peut en rebuter plus d’un mais qui fait preuve d’un coeur grand comme ça!

Publicités