CRITIQUE BLU-RAY: DE ROUILLE ET D’OS

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LE FILM: 9/10

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre…

Trois ans après la bombe « Un Prophète », Jacques Audiard revient en s’essayant cette fois au mélo! Mais on n’est pas chez Douglas Sirk pour autant! Audiard s’intéresse une fois de plus à des personnages un peu border-line, le reste ne l’intéresse pas! Ali se retrouve avec son fils Sam qu’il n’a pas vu depuis des années; il enchaîne les boulots d’agent de sécurité et laisse sa soeur caissière s’occuper de son fils. Pour arrondir ses fins de mois, il boxe lors de combats clandestins. Sa route va croiser celle de Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland, une première fois où il lui viendra en aide à la sortie de la boîte dans laquelle il travaille, puis quelques mois plus tard, après un terrible accident qui la prive de ses deux jambes. Elle, handicapée physique, et lui, handicapé de la vie qui ne sait pas s’occuper de son fils ni comment se comporter avec les femmes, vont donc faire un bout de chemin ensemble et former un couple des plus improbables. Superbement interprété par Marion Cotillard, n’en déplaise à ses détracteurs qui ne pourront que s’incliner devant une prestation d’une belle sobriété, et Mathias Schoenhaerts, révélation de « Bullhead », tout en sauvagerie, le film d’Audiard est un condensé de Cinéma pur!

Audiard fait appel à tous les sens du spectateur grâce à un travail magistral sur l’image et le son. Aucun plan du film n’est laissé au hasard et tout fait sens, les idées géniales se succédant dans la mise en scène ! Le scénario, d’une richesse folle, nous parle certes de l’amour, que ce soit entre un homme et une femme ou entre un père et son fils, mais sans négliger l’arrière-plan très social avec quelques personnages magnifiques comme celui de la soeur d’Ali incarnée par l’excellente Corinne Masiero (« Louise Wimmer ») ou de l’organisateur de combats joué par Bouli Lanners.

C’est ce que l’on appelle du grand Cinéma, bizarrement reparti bredouille de Cannes!

TECHNIQUE: 9/10

Aucun défaut sur cette copie qui respecte admirablement le travail effectué sur l’image et le son.

BONUS: 8/10

Outre un petit montage sur les effets spéciaux et quelques scènes coupées visionnables avec ou sans commentaire du réalisateur, le gros morceau est un making-of d’une heure assez complet même si les propos du réalisateur sont parfois un peu abscons!

VERDICT: 9/10

Indispensable tout simplement, l’un des meilleurs films de 2012!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez UGC video

 


CRITIQUE: THE DARK KNIGHT RISES

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Comme l’indique l’accroche de l’affiche française, « la légende s’achève », « The Dark Knight Rises », troisième volet des aventures de Batman réalisé par Christopher Nolan est là pour boucler la boucle. Toujours situé dans cette espèce de réalité parallèle plutôt que dans le fantastique plus burtonien, ce troisième volet aborde même quelques thèmes d’actualité comme la crise financière et fait de Bane le leader des Indignés! D’un noir crépusculaire et d’un pessimisme sans limite, ce dernier opus place Batman comme seul recours pour sauver Gotham des hommes politiques, uniquement motivés par l’argent, et de l’injustice. Après une mise en place d’une quarantaine de minutes pendant lesquelles Bruce Wayne vit reclus, ayant mis son costume de chauve-souris dans la naphtaline, et le mal s’installe par l’intermédiaire du démoniaque Bane, l’affrontement peut enfin démarrer!

On retrouve la plupart des personnages des précédents volets ainsi que quelques nouveaux dont Catwoman, avec une magnifique Anne Hathaway, qui apporte la seule dose d’humour du film, et Miranda, incarnée par la Frenchie Marion Cotillard, qui s’en sort plus que bien, n’en déplaise aux aigris de tous bords qui ne ratent aucune occasion de lui tomber dessus ! Et bien sûr le méchant Bane auquel Tom Hardy apporte par la seule force de son regard (le reste est caché par un masque!), absolument terrifiant!

Même si chaque opus nolannien est une oeuvre à part entière, plus (Dark Knight) ou moins (Batman Begins) réussie, ce troisième épisode met en lumière une vraie cohérence tant un véritable puzzle semble s’assembler au fil du film. Brillamment mis en scène ce TDKR est un blockbuster d’une ampleur et d’une beauté rares, bourré de surprises (le twist final est renversant!) et terriblement enthousiasmant! Dommage que ça s’arrête!