CRITIQUE: LES PETITS MOUCHOIRS (2010)

Alors que l’un des leurs se retrouve cloué sur un lit d’hôpital, une bande de copains décide finalement de partir en vacances, comme chaque été,  chez Max, qu possède une jolie maison secondaire au Cap Ferret. Durant ces congés, chacun va finir par lever les petits mouchoirs qu’il a posé au fil du temps sur ses problèmes et ses secrets…

Troisième long métrage de Guillaume Canet réalisateur, après le prometteur « mon idole » et  le très réussi mais un peu surcoté « ne le dis à personne », « les petits mouchoirs » est son film « le plus personnel » et dont il dit que « s’il y a bien un film que je ne devais pas rater, c’était bien celui-là »! Et bien le pari est gagné haut la main!

Pour incarner ses personnages, Canet s’appuie sur un énorme casting composé essentiellement d’amis proches: François Cluzet, Benoit Magimel, Marion Cotillard (amie depuis 15 ans), Gilles Lellouch (ami depuis 15 ans également), Jean Dujardin ( camarade de CE2), Laurent Lafitte et la révélation Joel Dupuch (ami ostréiculteur du Cap Ferret). La complicité qui unit cette bande transpire à chaque seconde du film et c’est sans doute la plus grande réussite de celui-ci, avec une mention spéciale à François Cluzet dans son rôle de cadre « indéstressable ». Le scénario, que Guillaume Canet a écrit pendant qu’il tournait dans « l’affaire Farewell », est très réussi également. On passe tout le film du rire aux larmes, porté par des dialogues très bien écrits, qui sonnent toujours justes. Le rythme, toujours très soutenu, nous fait passer 2 h 25 très agréables même si, il faut bien chipoter un peu, une coupe d’une dizaine de minutes aurait été la bienvenue. Dans la forme, comme pour son précédent film, Canet semble très influencé par le cinéma américain, au sens noble du terme, que ce soit au niveau du rythme, de la direction d’acteurs ou de l’utilisation de la bande originale (très réussie d’autre part). Quoi qu’il en soit, malgré quelques petits défauts, on ne peut que saluer la sincérité avec laquelle il a réalisé son film, le « film de sa vie ».

Ca sent le vrai carton! Courez le voir, mais n’oubliez pas vos petits mouchoirs!

INCEPTION (2010)

Warner Bros. France

 Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.

J’étais allé voir le film en salle lors de la sortie mais j’avais décidé de ne pas vous en parler avant de l’avoir revu. Et j’ai bien fait! Christopher Nolan, à qui l’on doit déjà « Memento » ou les deux derniers « Batman », réalise ici le blockbuster le plus intelligent de ces dernières années. Mais pour l’apprécier à sa pleine mesure, le scénario incroyablement complexe de Nolan nécessite l’entière attention du spectateur, ce que je n’avais pu fournir lors de la première vision (pris d’une grosse fatigue, je piquais du nez régulièrement!). Dans le cas contraire, on se retrouve vite largué et le film perd tout intérêt.

Comme dans Memento, Nolan tisse donc un scénario à tiroirs entre rêves et réalité, impressionnant de précision. Visuellement, c’est souvent époustouflant et le casting, composé d’acteurs ayant déjà tourné avec Nolan (Michael Caine, Cillian Murphy, Ken Watanabe) ou non ( Leonardo Dicaprio, Marion Cotillard) témoigne de l’ampleur qu’est en train de prendre Christopher Nolan dans le cinéma américain aujourd’hui.

Un gros coup mais qui nécessite un vrai effort du spectateur, chose rarissime dans ce genre de film!