CRITIQUE: LES INCONNUS DANS LA VILLE

813f+tzlhOL__AA1500_

LE FILM: 7/10

Trois gangsters arrivent à Bradenville, une petite ville de l’Arizona, pour y commettre un hold-up. Tout en se mêlant à la population, ils organisent et préparent leur coup et révèlent, malgré eux, les secrets et les pêchés biens gardés de certains habitants au-dessus de tout soupçon…

Même s’il n’entra jamais au panthéon des « grands cinéastes américains », Richard Fleisher eut toutefois une carrière très intéressante émaillée de jolies réussites telles que Le Voyage Fantastique, l’Etrangleur de Boston, Tora Tora Tora, ou encore Soleil Vert. Les Inconnus dans la Ville, réalisé en 1955, est un film assez atypique: plus qu’un simple film de braquage, le film de Fleisher est surtout un film sur la population d’une petite bourgade, presque une étude sociologique. Le réalisateur s’attache en effet à décrire une poignée de personnages qui finiront par se trouver liés par le braquage final grâce à une narration que l’on pourrait comparer à un entonnoir. Ceux qui s’attendent à un polar pur seront ainsi déstabilisé, l’action pure n’intervenant que dans le dernier quart d’heure. Les autres seront surpris par l’originalité de ce film à la réalisation impeccable et au casting cosmopolite: on y retrouve en effet, Lee Marvin, Victor Mature ou encore Ernest Borgnine!

TECHNIQUE: 10/10

Une copie exemplaire d’une restauration parfaite: une définition limpide et des couleurs éclatantes! Du bonheur!

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on y trouve une présentation du film par le grand William Friedkin qui en fait l’égal de l’Ultime Razzia de Kubrick ainsi qu’un commentaire sur le film par Nicolas Saada.

VERDICT: 7.5/10

Un bluray d’exception pour un film noir atypique!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 3 avril

 

CRITIQUE BLU-RAY: DE ROUILLE ET D’OS

81dXkUDyShL__AA1500_

LE FILM: 9/10

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre…

Trois ans après la bombe « Un Prophète », Jacques Audiard revient en s’essayant cette fois au mélo! Mais on n’est pas chez Douglas Sirk pour autant! Audiard s’intéresse une fois de plus à des personnages un peu border-line, le reste ne l’intéresse pas! Ali se retrouve avec son fils Sam qu’il n’a pas vu depuis des années; il enchaîne les boulots d’agent de sécurité et laisse sa soeur caissière s’occuper de son fils. Pour arrondir ses fins de mois, il boxe lors de combats clandestins. Sa route va croiser celle de Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland, une première fois où il lui viendra en aide à la sortie de la boîte dans laquelle il travaille, puis quelques mois plus tard, après un terrible accident qui la prive de ses deux jambes. Elle, handicapée physique, et lui, handicapé de la vie qui ne sait pas s’occuper de son fils ni comment se comporter avec les femmes, vont donc faire un bout de chemin ensemble et former un couple des plus improbables. Superbement interprété par Marion Cotillard, n’en déplaise à ses détracteurs qui ne pourront que s’incliner devant une prestation d’une belle sobriété, et Mathias Schoenhaerts, révélation de « Bullhead », tout en sauvagerie, le film d’Audiard est un condensé de Cinéma pur!

Audiard fait appel à tous les sens du spectateur grâce à un travail magistral sur l’image et le son. Aucun plan du film n’est laissé au hasard et tout fait sens, les idées géniales se succédant dans la mise en scène ! Le scénario, d’une richesse folle, nous parle certes de l’amour, que ce soit entre un homme et une femme ou entre un père et son fils, mais sans négliger l’arrière-plan très social avec quelques personnages magnifiques comme celui de la soeur d’Ali incarnée par l’excellente Corinne Masiero (« Louise Wimmer ») ou de l’organisateur de combats joué par Bouli Lanners.

C’est ce que l’on appelle du grand Cinéma, bizarrement reparti bredouille de Cannes!

TECHNIQUE: 9/10

Aucun défaut sur cette copie qui respecte admirablement le travail effectué sur l’image et le son.

BONUS: 8/10

Outre un petit montage sur les effets spéciaux et quelques scènes coupées visionnables avec ou sans commentaire du réalisateur, le gros morceau est un making-of d’une heure assez complet même si les propos du réalisateur sont parfois un peu abscons!

VERDICT: 9/10

Indispensable tout simplement, l’un des meilleurs films de 2012!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez UGC video