JE VOUS AI COMPRIS: ENTRE BD ET CINEMA

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Voici un projet dont l’originalité mérite bien quelques lignes. Les possesseurs d’Ipad vont pouvoir visionner cette BD animée drôlement bien fichue. Le sujet de « Je vous ai compris » traite de la Guerre d’Algérie, spécifiquement les quelques mois qui ont précédé les accords d’Evian et cette E-BD nous plonge dans une Algérie à feu et à sang! Mélange de cinéma et de BD, le résultat est vraiment convaincant sur la forme et en plus, très instructif, cette E-BD vous permettant au cours du visionnage d’ouvrir des fenêtres explicatives sur les évènements évoqués. La bande-originale de Rachid Taha et la qualité de la reconstitution sont également à mettre au crédit de ce projet. Seul point noir, certains dialogues un peu grandiloquents et le jeu parfois approximatif de certains comédiens.

Toutefois, je vous recommande vraiment de jeter un oeil sur cette initiative, d’autant que le premier épisode est téléchargeable gratuitement sur  l’AppStore à cette adresse  ainsi que pour les tablettes Android https://play.google.com/store/apps/details?id=com.magnificat.jvac&feature=search_result#?t=W251bGwsMSwyLDEsImNvbS5tYWduaWZpY2F0Lmp2YWMiXQ...

Une coproduction Magnificat Films, ARTE France, TV5Monde, Emilune Productions avec Casterman et Pictanova
Compléments élaborés et écrits avec l’historien et romancier Georges Fleury, co-auteur

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CRITIQUE: NE QUELQUE PART

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Farid, jeune Français de 26 ans, doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant ce pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France…

Malgré une affiche assez rebutante tant elle respire la comédie cheap aux accents exotiques, Né Quelque Part va pourtant un peu plus loin que ça! Plus que la comédie pleine de clichés sur le choc des cultures vers laquelle le film aurait plus se diriger dangereusement, le film de Mohamed Hamidi tend plutôt vers la chronique pleine de tendresse, mâtinée d’un humour léger et salvateur.

Tout en abordant des thèmes comme la recherche des origines, l’intégration ou la transmission, le film se déroule sans temps mort, porté par des comédiens tous très attachants. Ceux qui n’iraient voir le film que pour Jamel seront déçus; son rôle est loin d’être le premier! Pétri de bons sentiments Né Quelque Part est loin d’être inoubliable mais a le mérite de nous faire passer un bon moment sans recourir à la gaudriole dont le cinéma français semble se faire le spécialiste!

NOTE: 6/10

CRITIQUE: DES HOMMES ET DES DIEUX (2010)

« Des hommes et des dieux » retrace l’histoire des moines de Thibirine en Algérie retrouvés assassinés en 1996. Quand les massacres se multiplient, l’armée algérienne propose de mettre le monastère sous protection militaire, ce que les moines refusent. Ceux-ci apportant leur aide (médicale en particulier) aux membres du GIA, l’armée aurait commis une bavure en les prenant pour des terroristes et aurait maquiller l’accident pour faire porter le chapeau à ce même GIA.

Xavier Beauvois, à qui l’on doit l’excellent « petit lieutenant » ou encore le sulfureux « n’oublie pas que tu vas mourir » a choisi pour relater ce drame, de nous immerger dans la vie monastique, faite de prières, de recueillement et d’aide aux populations de toutes sortes. Il remplit parfaitement son objectif nous plongeant dans ce mode de vie marqué par l’austérité, aidé en cela par un Lambert Wilson et un Michael Lonsdale exceptionnels. Pour ce faire, Beauvois use de longs plans fixes et bannit toute bande originale hormis les chants des hommes d’église. Le revers de la médaille est que Beauvois peine à nous faire vraiment ressentir le climat de peur qui règne.

Reste une scène magistrale, celle du repas, sur fond de musique du « lac des cygnes », durant lequel les moines décident de rester au monastère, sachant pertinemment qu’ils y laisseront leur vie. L’autre réussite de Beauvois est de ne pas avoir montré le massacre mais simplement suggéré à travers leur ultime marche dans l’Atlas enneigé.

Un très beau film qui aurait presque pu être un chef d’oeuvre…

CRITIQUE: HORS LA LOI (2009)

Chassés de leurs terres en Algérie, trois frères prennent des chemins séparés après le massacre de Sétif. Messaoud (Roschdy Zem) part en Indochine dans les rangs français,  Saïd (Djamel Debbouze) construit une fortune dans le milieu de la nuit à Pigalle et Abdelkader (Sami Bouajila) s’engage pour le FLN à sa sortie de prison…

Avant même sa projection à Cannes, la Croisette a été le théâtre de manifestations contre le film, jugé pro-FLN et anti-français par des gens qui n’avaient même pas vu le film. Et on ne peut que juger de leur bêtise! En effet, Bouchareb ne fait que relater des évènements certes peu glorieux pour la France mais ne fait en aucun cas des héros de ses personnages qui ne sont d’ailleurs pas tous sur la même longueur d’onde. Saïd, ne veut rien savoir de la politique et cherche seulement à s’élever socialement, Messaoud suit son frère Abdelkader mais souffre de la violence dont il doit faire preuve alors qu’Abdelkader, lui,  semble aveuglé par sa cause.

Sur la forme, Bouchareb nous raconte la grande Histoire à travers la petite en réalisant une grande fresque aux faux airs de Sergio Leone (Il était une fois en Amérique) ou Jean-Pierre Melville (l’armée des ombres). Il nous relate les faits chronologiquement d’une façon certes assez classique mais qui rappelle l’excellent « l’armée du crime » de Guédiguian. L’interprétation du trio d’acteurs est fabuleuse avec mon coup de coeur pour Sami Bouajila qui paraît toujours habité par ses personnages.

Un très beau film qui mérite de réussir sa carrière en salles!